Retour sur un réalisateur d’Inception

Si ses films ont rencontré un succès certain en France, en tête desquels les deux derniers Batman (Batman Begins avec 1,5 million d’entrées et surtout The Dark Knight avec plus de 3 millions d’entrées ((http://www.cinefeed.com/box-office/nombre-entrees-the-dark-knight-le-chevalier-noir.html))), le nom de ce grand réalisateur britannique reste encore assez méconnu dans l’hexagone. Cependant, grâce à une diffusion médiatique assez large, rares sont ceux qui n’ont pas encore vu la bande annonce ou entendu parler de son prochain film, Inception, qui suscite une attente très forte.

Christopher Nolan, semble ainsi se forger petit à petit un nom en France, déjà acquis en Angleterre ou aux Etats-Unis. Preuve en est que son nom apparait pour la première fois dans une bande annonce VF officielle, marque d’une notoriété grandissante.

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La vision de cette bande annonce peut faire penser que Nolan s’inscrit dans du traditionnel « hollywoodien », des effets spéciaux en surnombre, Léonardo Dicaprio  et que ces caractéristiques ne sont pas compatibles avec celles d’un « grand réalisateur »; de telles observations ne résistent pas au visionnage du premier film du réalisateur.

Dès son premier long métrage, le chef d’oeuvre qu’est The Following (1998), Nolan imprime un style, une idée du cinéma. Des personnages pensés et travaillés, une photographie aux petits oignons. Pour un coup d’essai à 27ans, c’est un coup de maître. Le film (en noir et blanc) raconte une histoire peu banale : un auteur suit des gens au hasard dans la rue, jusqu’à ce qu’il suive un voleur et se prenne au jeu.

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Ce film, très peu connu en France mériterait amplement de l’être d’avantage, au moins autant que Memento (2000). Ce dernier est généralement le film auquel on pense lorsqu’on évoque Nolan (après Batman). Les similitudes entre ces deux films sont d’ailleurs assez nombreuses : le noir et blanc, la complexité de l’intrigue, la profondeur des personnages.

Si Memento est extrêmement complexe de par la construction de sa trame narrative (inversée) il semble plus accessible pour entrer dans l’univers si particulier de Nolan grâce à une histoire accrocheuse : un homme dépourvu de toute mémoire à court terme, poursuit un seul but (inscrit sur un tatouage qu’il porte), celui de retrouver le meurtrier de sa femme. Le rythme effréné de ce film et la qualité de la mise en scène permette, malgré une migraine probable à la fin du film, de tenir en haleine le spectateur. Pour tenter des comparaisons, on pourrait rapprocher ce film du non moins génial Shutter Island de Martin Scorsese (entrée dans le psyché du personnage) ou du très tordu π (Pi) de Darren Aronofsky ((Fiche du film Pi sur Allocine)).

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C’est en grande partie grâce au succès de Memento que la carrière de Christopher Nolan décolle, et il peut alors réaliser des films avec des moyens plus conséquents, à la hauteur de son talent et de son ambition.

Le premier film qui en découle est Insomnia (2002), thriller assez classique (surtout en comparaison des deux précédents films de Nolan) mais terriblement efficace, mené par deux acteurs époustouflants dans leur rôle respectif, Al Pacino dans le rôle d’un détective en bout de parcours et Robin Williams en fin psychopathe.  Remake d’un film éponyme norvégien, le film est très certainement réussi mais sans doute moins abouti que ses précédentes réalisations.

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Vient alors la consécration avec Batman Begins (2005) qui constitue un succès au box office américain considérable, et une exposition médiatique conséquente : le nouveau Nolan est né. Il offre un regard assez proche de celui de Tim Burton sur Batman, très juste et fidèle à l’esprit originel de la bande dessinée. Un Gotham City aussi sombre que le héros sensé veiller sur la ville.

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Le Prestige (2006) déçoit sur le plan du box office ((Le Prestige n’a compté que 193 000 entrées en France)) et divise les critiques mais il marque l’apogée du style de Nolan au niveau de l’image. Le Prestige est incontestablement un film léché, quasi parfait sur le plan visuel mais le scénario et la narration sonnent parfois faux. Le film reste un petit bijou, tenu notamment par les très bons Scarlett Johansson, Hugh Jackman et Christian Bale.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=xPyVBO2rRyg[/youtube]

Christopher Nolan entre finalement dans l’histoire du cinéma mondial avec The Dark Knight (2008) qui devient le troisième plus gros succès de tous les temps en Amérique du Nord (derrière Titanic et le Seigneur des Anneaux) et est actuellement classé 10ème du classement des 250 meilleurs films selon les internautes du monde entier sur l’Internet Movie Database ((IMDB Top 250)).

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S’il est encore un peu tôt pour juger de la performance en salle d’Inception (il est encore bien souvent à l’affiche après 5semaines d’exploitation), le dernier film en date de Nolan est actuellement placé 4ème dans le top 250 de l’IMDB (cf. supra) après être entré à la 3ème place. Une performance unique.

Vincent C. – Sciences Po Strasbourg. ((L’opinion développée n’engage que son auteur et non pas la rédaction.))



4 commentaires

  1. Marine J. dit :

    Merci pour cet article éclairant sur la carrière et les réalisations d’un homme dont les œuvres gagnent à être connues.

  2. Loicsoft dit :

    Très bon article.

    The Following n’est pas de 1978 mais de 1998 !.. 😉

  3. Robin dit :

    Article intéressant, on sent que l’auteur s’y connait, dommage qu’il soit entaché de plusieurs fautes d’orthographe assez grossières.

    • admin dit :

      Un petit couac technique lors du changement de design a abouti à l’époque à la mise en ligne de la version non corrigée de l’article (le premier publié sur IEP Mag). Toutes mes excuses !
      S’il reste des fautes ou si vous souhaitez écrire sur le cinéma, n’hésitez pas à nous contacter: admin@iepmag.com
      Vincent.


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