[Chronique] Martine au jardin public

Nouvelle chronique de Charlie, étudiante sous pseudo de Sciences Po Toulouse. Après Martine décolle, Martine se décide à « jogger ».  Grossière erreur.

Je me rappelais avoir trouvé un truc infaillible pour me forcer à faire un footing quand j’avais le sentiment de n’avoir même pas assez de force pour pouvoir faire mes lacets. Et puis un jour il a fait froid, ça a mis du temps à s’arrêter et entre deux j’ai tout oublié.

En attendant de remettre la main sur cette chouette astuce, je décide de rester au pieu encore, cinq, toutes, petites, minutes. Ce qui est très chouette aussi.

Au travers des fentes des persiennes passent des rayons de soleil qui, tels du miel viennent caresser les contours de mon visage quand SOUDAIN débute un détestable et bien connu processus de culpabilisation.

Tu devrais faire ça ça ça ça ça ça ça et puis ÇA aussi qui est encore plus important queça.

Ok – c’est bon – jme lève.
Je vais dans la cuisine me presse une orange, mange la pulpe et me demande pourquoi je n’ai pas directement mangé l’orange. Je laisse cette réflexion au presse fruit qui lui même le laisser à l’évier comme ça on parlera demain matin tous ensemble. Je me dirige vers ma chambre, non je fais demie tour et ouvre le journal pour faire croire à Constant que j’ai vraiment lu cet article sur l’entrée de la Serbie dans l’Union Européenne. Fière de mon entourloupe digne de Machivel, je me frotte frénétiquement les mains passe devant la glace me trouve ridicule décide d’arrêter les conneries et choppe mes baskets.

Une dizaine de minutes plus tard je suis dans la rue en direction du Jardin Jap’.

Je croyais que ça faisait 300 ans que j’avais pas fait de footing jusqu’à ce que mon non-souffle me corrige : en fait ça en fait 800. Je. Galère. Heureusement jpasse à coté de gens qui se disent qu’ils feraient bien de faire un footing aussi et ça c’est bon pour le moral.  Ce qui ne veut pas pour autant dire que j’ai pas envie d’arrêter.  Je mets la musique TRÈS fort pour me donner l’illusion d’être quelqu’un de TRÈS cool et me flingue ainsi les tympans en plus des mollets. Je continue. Faut dire ce qui est: < a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jardin_japonais">le jardin japonais est un parc public naze qui a pour seul mérite d’avoir un ponton en bois au dessus d’une grosse flaque, et d’être située à proximité d’un Carrefour market, permettant ainsi à ces ados qui me regardent bizarremment de se fournir en haribo pour une aprèm gélatine et roulage de pelles. Putain jme sens vieille.

Bon faut pas exagérer c’est pas si mal que ça. On me dira “le jardin jap? t’as fait huit fois le tour ah ouais?” Jdirais Ouais! en pensant Nan! mais encore une fois ceci n’est qu’un détail. Tout à coup je pense à la vue que j’avais il y a tout pile un an quand je faisais des footings, et me retiens de ne pas prendre en otage la tête blonde qui bave sa barbapapa, histoire de pouvoir regarder les premiers prix des vols Easyjet et me payer un billet d’avion avec la rançon. De peur que les pensées malsaines se multiplient, je décide de rentrer. “Une sage décision” selon mes jambes.

Arrivée en bas de l’immeuble je prends les escaliers et non pas l’ascenseur parce que dans la vie je suis quelqu’un de DINGUE. Quelques heures plus tard j’entame une plaque de chocolat avec Constant parce que dans la vie je suis quelqu’un de STUPIDE.

C’est ça qui est bon: “Nothing to branle” comme dirait le génie.

Charlie – Sciences Po Toulouse – http://violetteetcharlie.tumblr.com/



2 commentaires

  1. Constance dit :

    le problème du blogging c’est que tout le monde croit que sa vie est intéressante.


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