DOSSIER : Pourquoi je ne crois pas en l’U.E. ?

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les conséquences du conflit mondial se font sentir lourdement sur le Vieux Continent ; le bilan humain est désastreux, la population européenne (et mondiale) traumatisée par la révélation au grand jour de l’horreur des camps de la mort, les économies européennes presque universellement détruites. L’Allemagne n’est plus qu’un vaste champ de ruines meurtri par les bombardements et à la population dévastée par six années intenses de guerre moderne. C’est dans ce contexte que renaissent les idéaux d’Union Européenne, enfouis pendant le conflit, mais pourtant déjà si forts durant les années vingt et à l’issue du premier conflit mondial en général. Une Union européenne basée sur une coopération économique qui rendrait tout autre conflit impossible entre Européens. Ainsi, la mise en commun des ressources nécessaires à toute guerre moderne – via la création de la Haute Autorité du Charbon et de l’Acier- ne se fait pas attendre. Le charbon et l’acier, symbole fort entre les deux principaux ennemis d’hier (la France et l’Allemagne) dans un premier temps, puis dans un ensemble élargi à d’autres pays européens. Composée de personnalités non élues, la Haute Autorité préfigurait pourtant déjà en soi ce que la future U.E serait… Le ton était d’emblée donné.

I – L’U.E. OU l’ABENDLAND.


Après plus de soixante années, les ramifications de cette idée, telle que défendue par les « pères fondateurs » tant révérés, Monnet, Schuman, Spaak et bien d’autres, l’ont rendue complètement méconnaissable. Que de changements, en effet, entre le moment de la mise en commun du nerf de la guerre des industries européennes et le traité de Lisbonne ! Nul doute que ces « pères fondateurs », étendards de la démocratie chrétienne, y trouveraient une ou deux choses à redire. Que penseraient-ils, par exemple, de la candidature de la Turquie à l’U.E. ? Une candidature qui, comme chacun sait, n’est pas vraiment neuve, et remonte à 1964. De manière bien plus importante, que penseraient-ils de l’U.E. elle-même ? En seraient-ils fiers ? Qui peut vraiment le dire… Toujours est-il que la candidature turque – sans même parler des appels de phare du côté du Maroc – illustre, à elle seule, le problème de l’U.E…Le problème à la fois le plus grave et le plus visible de tous : qu’est-ce au juste que l’U.E., comment peut-on la définir ?

Identité et questions d’avenir

Le problème de l’identité est vital ; qui sommes-nous et d’où venons nous ? L’incapacité manifeste de l’U.E. à répondre à ces questions la condamne à errer en permanence, incomprise, voire rejetée par ses peuples qui ne la comprennent pas et ne veulent plus en faire partie. Désormais, une majorité d’Européens avoue son scepticisme à l’égard de l’U.E. Le dernier eurobaromètre (au printemps 2010) fait ainsi état de 47% d’Européens qui ne font pas confiance à l’UE contre 42% de sondés affirmant le contraire. Cette réalité n’est pourtant pas le critère le plus significatif. Pire encore, ce sont les grands Etats, représentant à eux seuls la moitié de l’U.E., la France, l’Allemagne, l’Espagne et, surtout, le Royaume-Uni qui font défaut à Bruxelles. Au sein du pilier allemand par exemple, 57% de personnes n’ont pas confiance en l’UE, ce qui est encore loin des 68% britanniques, mais montre clairement un malaise pour que l’Allemagne, qui est pourtant l’un des seuls gagnants de l’euro, ne s’y retrouve plus1. Pourquoi ce manque de confiance manifeste ? Pourquoi aujourd’hui et non pas plus tôt alors que beaucoup de griefs étaient déjà en place ? Et quelle est cette U.E. qui n’attire ni la Suisse, ni la Norvège, les deux pays les plus prospères d’Europe, sans oublier le peuple islandais (malgré une certaine infatuation des dirigeants les ayant poussés à ouvrir les négociations en vue d’adhérer) ?

Ce qui fait notre unicité, notre particularité, ce n’est ni plus ni point que l’appartenance à une communauté nationale fondée sur le sang et/ou l’adhésion, l’Histoire, la langue, façonnée par des combats et des luttes au fil de son existence, et nous unissant dans nos diversités individuelles.

Quel respect avoir pour une U.E. qui refuse de définir ce qu’elle est ? Une fédération ? Une confédération ? Un super-Etat ? Au-delà de la question, certes fondamentale, de l’organisation politique, la question de l’identité demeure. Qu’est-ce qui fait d’un Etat européen un Etat européen ? Le traité de Nice indique les conditions d’adhésion à l’U.E. comme suit ; (1) être un Etat européen, (2) respecter les valeurs de l’U.E., (3) respecter les critères de Copenhague et l’acquis communautaire. Le premier point montre à quel point le critère est ridicule : qu’est-ce qu’être européen, aucune autre définition n’est donnée ! Parle-t-on d’Europe géographique (avec toutes les variations que cela suppose) ? A ce rythme, autant intégrer la Turquie et la Russie sur le champ. Cela ne nous dit pas ce qu’est être européen. Les deux autres critères démontrent que l’U.E. s’appuie sur un ensemble lâche de « valeurs » libérales : démocratie (sans referenda, semble-t-il), économie de marché, Etat de droit (pourtant tant bafoué par l’U.E.), droits de l’homme et autres concepts plus ou moins vagues (n’incluant en tout cas pas les droits des dissidents au Parlement européen). A cette allure, autant dire que nous risquons de finir avec une U.E. qui s’étendra jusqu’au Japon. Cette Weltanschauung singulière est pourtant commune à beaucoup de dirigeants à travers le monde, à tous les tenants du libéralisme en tant qu’idéologie, mettant l’accent sur l’autonomie individuelle au mépris des déterminismes naturels et afférents à toutes les civilisations humaines. Aujourd’hui, nous passons clairement à côté de ce qui fait l’essence de notre civilisation. Celle-ci se limite-t-elle à un ensemble de droits égoïstes et nombrilistes ? Se limite-t-elle à la béatitude dans le consumérisme, une sorte de nirvana matérialiste ?

Notre civilisation est basée sur l’héritage de Rome et de la Grèce ancienne, tirant sa culture autant des origines païennes que de la Chrétienté et de ses enseignements, lesquels permirent une culture propice au progrès et au développement d’une société moderne, émancipant les hommes de la misère et du besoin sur une échelle jamais atteinte auparavant. Les mêmes principes sont aujourd’hui copiés et imités partout ailleurs dans le monde, adaptés bien sûr aux cultures locales, le fait que ces pays se calquent sur notre modèle l’innocente définitivement et le rend légitime dans sa grandeur. Mais l’économie de marché n’est pas spécifique en tant que telle aux nations européennes, elle a existé pratiquement partout à un instant donné dans son acception la plus large. N’oublions pas que l’intervention étatique à grande échelle est relativement récente dans l’histoire économique mondiale. Ce qui fait notre unicité, notre particularité, ce n’est ni plus ni point que l’appartenance à une communauté nationale fondée sur le sang et/ou l’adhésion, l’Histoire, la langue, façonnée par des combats et des luttes au fil de son existence, et nous unissant dans nos diversités individuelles.

La Turquie, pas plus que le Maroc, la Chine ou le Kazakhstan, ne peut être considérée comme un Etat européen.

La France est ainsi indéniablement le résultat d’un processus historique largement chrétien tout au long des deux derniers millénaires. Cela a laissé des traces. Des traces dans notre langue, dans nos codes de lois (d’où vient le concept de la veuve et de l’orphelin ?) jusque dans nos traditions et façons de penser, même si cela est souvent inconscient dans notre monde postmoderne. Nier cela est comme nier ses ailes à l’oiseau, un pas en arrière qui n’aidera personne, s’accepter comme l’on est étant une preuve d’humilité et d’acceptation du fait que certaines choses dépassent notre entendement ou qu’aucune explication n’est possible. Ces processus bimillénaires sont en effet au-delà de tout constructivisme ou de tentative scientifique de rationalisation. L’affirmation par la Commission de sa volonté de veiller à ce que l’Histoire, en tant que discipline, soit enseignée aux élèves des Etats membres avec une perspective « européenne » ne peut que faire frissonner, tant elle augure d’un remaniement radical des habitudes qui ne pourrait être plus éloigné de la réalité factuelle. Tant que nous refusons d’admettre cela, l’U.E. restera un projet vide, sans âme, une coque sans contenu, une grande surface gigantesque faite pour un monde de consommateurs abêtis et avilis (un marché, en somme, un paradis de l’ultralibéralisme qui aura réduit les êtres humains au statut de robots et d’homo oeconomicus). La Turquie, pas plus que le Maroc, la Chine ou le Kazakhstan, ne peut être considéré comme un Etat européen. La Turquie est un Etat à 99% musulman, ce qui est en soi un argument suffisant pour refuser son entrée pour cause d’incompatibilité culturelle (d’autant plus que la vision des élites se limite souvent à Izmir et Istanbul, leurs stations balnéaires favorites, sans prendre en compte les réalités plus profondes de l’Anatolie et du coeur du pays, profondément islamiste, comme son soutien de l’AKP l’atteste). La Turquie appartient au Tiers monde économique, remorquer cette économie se ferait à un coût considérable pour les membres existants, un coût que nous n’arrivons déjà plus à supporter pour les membres arrivés en 2004 et, a fortiori, en 2007.

L’U.E. est basée sur une kyrielle de valeurs floues et banales dans ce monde.

La Turquie, si elle entrait dans l’U.E., serait sous peu la première puissance démographique de l’U.E. et aurait le plus de sièges au Parlement européen à ce titre. Voulons-nous qu’un pays musulman, dont l’adhésion nous donnerait des frontières communes avec l’Iraq, puisse être en état de légiférer sur nos libertés et traditions alors qu’aucun état musulman au monde n’est capable de garantir une liberté de presse et un régime démocratique digne de ce nom ? Le simple fait que nous nous interrogions sur cette possibilité d’adhésion montre bien l’état de déliquescence civilisationnelle où nous en sommes déjà arrivés. Nous ne distinguons même plus notre civilisation d’une autre ! L’U.E. est basée sur une kyrielle de valeurs floues et banales dans ce monde, tellement banales qu’elles sont pratiquement universellement reconnues ou, en tout cas, perçues comme bénéfiques (le sont-elles vraiment, c’est un autre débat). A ce régime là, autant intégrer directement l’Inde à l’U.E., n’est-ce pas la première démocratie au monde après tout ? Elle respecte sans doute plus les résultats d’élection qu’une U.E. qui prétend s’interposer lorsque l’Autriche ne vote pas comme elle le souhaitait ou menace les électeurs en cas de vote eurosceptique. La seule acceptation d’un acquis communautaire aussi indigeste que touffu ne fera jamais un Etat européen, que cela plaise ou non.

Je ne m’attarderai pas sur l’argument fallacieux de l’U.E. comme garant de la paix entre nations européennes, tellement il me semble désuet. Je pense que chacun réalise que des populations vieillissantes, plus connues pour ériger des murailles que pour construire des chars d’assaut sont naturellement peu enclines à se faire la guerre, d’autant plus que nos économies sont tellement liées que cela serait excessivement compliqué en termes de mobilisation des industries de guerre (qui prendrait possession d’EADS ?). Les nations européennes sont bien trop matures pour y revenir.

La crise financière et les déboires de l’euro.



La raison principale, à mon avis, demeure l’exécrable gestion, si tant est que l’on puisse encore parler de « gestion », de la crise financière et, surtout, la déliquescence de l’euro. Au moment où nous sommes quasi-universellement confrontés à des déficits sans commune mesure depuis les années trente, à des dettes souveraines absolument horrifiantes, nous ne pouvons recourir à la dévaluation, faute de contrôler nos monnaies nationales. Bien entendu, la dévaluation n’est pas en soi la solution ultime et ne devrait pas l’être, car rien ne saurait remplacer une bonne gestion des budgets à long terme. Ceci étant, la dévaluation peut être un expédient pour le moins pratique, en permettant d’affaiblir nos monnaies et de relancer les exportations, ou à défaut (prenons le cas de la Grèce), de favoriser le tourisme. Ni la Grèce, ni l’Espagne, ni l’Italie, ni l’Irlande, ni même la France n’ont pu faire cela. L’Espagne est désormais entraînée dans une spirale infernale ; les agences de notation l’ont pénalisée, les déficits budgétaires sont catastrophiques et le chômage a atteint les 20% de la population active alors qu’un jeune sur deux est désormais sans emploi. Dans le même temps, des centaines de milliers de clandestins se pressent au portillon pour obtenir leur part d’un rêve qui n’était que de la poudre aux yeux. Ajoutons à cela une expansion bien éphémère basée sur un secteur immobilier alimenté par une immigration bon marché pour les employeurs (politique rendue possible également par une gauche qui se fait l’idiot utile de la mondialisation et de l’exploitation des immigrants alors même qu’elle pense protéger leurs droits humains). Dans le même temps, l’Espagne demeure fondamentalement incapable d’exercer une quelconque activité productive pour soutenir sa richesse nationale. En bref, voilà une parfaite illustration d’une économie socialiste très dépensière et surtout improductive.

La Grèce, pour sa part, avait déjà été admise dans le club de l’euro sans avoir les fondamentaux requis. Il est vrai que trafiquer les comptes est un sport national que la Grèce a pratiqué à maintes reprises, à la barbe d’une Commission devenue tellement myope qu’elle ne pourrait détecter un lièvre à quelques centimètres, que ce soit avec une bonne douzaine de paires de lentilles de contact ou de lunettes épaisses comme des culs de bouteille(bien qu’elle demeure exceptionnellement habile lorsqu’il s’agit de repérer les boîtes d’oeufs à la douzaine). Mais le cas le plus intéressant demeure pourtant celui de l’Irlande, le seul pays à avoir véritablement tenté d’agir sur son déficit budgétaire par des mesures extrêmement dures et volontaristes. Des mesures qui ont été réduites à néant par les garanties d’un fond européen venu au secours des pays en crise, récompensant encore une fois les proverbiales gabegies sudistes, notamment hispano-grecques, au détriment des segments productifs et frugaux de l’U.E. : rien de nouveau sous le soleil bruxellois si tristounet. Une Irlande dont le déficit budgétaire devrait atteindre cette année 32% de son PIB (aucune erreur de frappe ici)2  tandis que la Commission propose une harmonisation fiscale, sachant que la prospérité passée de l’Irlande a largement été bâtie sur un impôt sur les sociétés plus que généreux (12,5%), attirant le tiers des entreprises américaines implantées en Europe sur son sol (dont l’usine de Dell à Dublin). Quant à la France, celle-ci va de déficit commercial en déficit commercial, pénalisée par un euro trop fort qui ne bénéficie guère qu’à une Allemagne sur stéroïdes du fait de ses performances à l’exportation. Monseigneur Colbert, où vous cachez-vous donc ?

Mais comment a-t-on pu dès le départ, en sachant pertinemment que l’U.E. n’est pas une zone monétaire optimale, imaginer un instant que nous pourrions lier des économies si différentes par une même monnaie, pilotée de Francfort ?

L’échec de la monnaie commune est, en outre, devenu flagrant. Ne pas le voir confine à de la cécité sélective. Après tant d’autres, c’est désormais Joseph Stiglitz qui met en doute la capacité de l’euro à survivre et encourage l’Allemagne à s’en détacher pour rendre possible la dévaluation. Une telle attitude mènerait à coup sûr à l’effondrement total de la zone euro3. Mais comment a-t-on pu dès le départ, en sachant pertinemment que l’U.E. n’est pas une zone monétaire optimale, imaginer un instant que nous pourrions lier des économies si différentes par une même monnaie, pilotée de Francfort ? Comment aurions-nous jamais pu concilier la machine exportatrice teutonne et son marché intérieur moribond à force d’une demande anémiée avec la machine à dépenser ibérique basée sur un immobilier fort et des services qui ont fondu comme neige au soleil ? Comment réconcilier la dernière véritable puissance industrielle en Europe avec le monceau de dettes italien ? La situation eut été encore plus complexe si les Britanniques s’y étaient joints, eux qui doivent près de 8% de leur PIB aux services financiers. Au vu des dernières régulations européennes dirigées contre les hedge funds et conduites sous l’égide de M. Barnier, il semblerait néanmoins qu’ils doivent apprendre à s’en passer (80% du total européen des hedge funds sont basés au Royaume-Uni à l’heure actuelle). Bon nombre de ces organisations ont d’ores et déjà élu domicile en Suisse où l’air frais des Alpes est d’autant plus vivifiant qu’il reste insoumis à la folie bruxelloise et bien plus propice aux affaires. Quelle est la justice fondamentale dans le fait qu’une chancelière allemande, un commissaire français et un autocrate portugais décident, plus ou moins directement (par des pressions multiples et variées), de ce qu’il doit advenir d’une industrie presque exclusivement britannique, sans le consentement du peuple britannique ni même de son gouvernement ? Où se dissimule cette règle qui autorisait autrefois les pays à se dérober lorsque les visées européennes menaçaient leurs intérêts vitaux ? Hélas ! point de général de Gaulle pour arracher aux pachas de la Commission un autre consensus du Luxembourg.




  1. Pour la liste des résultats, les méthodes utilisées et d’autres données statistiques, se référer à : http://ec.europa.eu/public_opinion/archives/eb/eb73/eb73_first_en.pdf)). Les proportions mentionnées ci-dessus sont visibles à la page 16. []
  2. http://www.bloomberg.com/news/2010-09-30/ireland-s-groundhog-day-leaves-lenihan-battling-biggest-budget-deficit.html []
  3. http://www.telegraph.co.uk/finance/financetopics/financialcrisis/8039041/Joseph-Stiglitz-the-euro-may-not-survive.html []




21 commentaires

  1. Southern Cross dit :

    En m’excusant pour les 4 (si mon compte est bon) coquilles/fautes d’orthographe et surtout d’inattention. Les administrateurs ont signalé des problèmes au niveau des notes de page, je me tiens à votre disposition pour les fournir sur demande si vous souhaitez avoir les sources complètes. Bonne lecture !

  2. Martin dit :

    Les fautes sont corrigées

  3. Martin dit :

    Très bon article.

    Il est cependant dommage que vous n’abordiez pas davantage la réelle destruction des identités européennes par une volonté de mettre en place juridiquement et psychologiquement une « identité » européenne. Celle ci rejoindrait par ailleurs cette notion floue de l’espace géographique qu’est l’Europe.

    La « construction européenne » en tant que construction d’un processus de paix durable et prospère (incompatible avec le libéralisme forcené actuel de l’UE) ne peut se faire que par l’affirmation des identités de chaque État membre et non par leur négation.

    Inutile de parler de la volonté d’une politique internationale commune qui relève d’une absurdité pure et simple.
    Bref, l’UE c’est le chaos, vivement sa dislocation ! 😉

  4. Alice dit :

    Article brillant, très bien construit et fourni. Étant pro-Europe et pro-entrée de la Turquie, je ne m’étendrais pas sur le fond en revanche… 😀

    Par contre, il me paraît important de rectifier ceci « d’autant plus que la vision des élites se limite souvent à Izmir et Istanbul, (…), sans prendre en compte les réalités plus profondes de l’Anatolie et du coeur du pays, profondément islamiste, comme son soutien de l’AKP l’atteste »

    Ca me paraît assez aberrant de lire ceci, quand on sait que l’AKP a failli être dissout en 2008 ! Certes, c’est un parti qui tranche avec la tradition laïque du pays, mais de là à dire que le soutenir revient à s’avouer islamiste, il y a un pas de géant qu’on ferait mieux de ne pas franchir. L’AKP étant au pouvoir, je ne pense pas qu’on puisse affirmer que son électorat est islamiste dans les campagnes plus reculées. Surtout qu’il se présente comme « islmaiste modéré », ce qui s’accorde assez mal avec ton expression « profondément islamiste ».
    Et quand on voit les débats sur le port du voile à l’Université (débat qui n’existe pour ainsi dire pas en France), on peut légitimement penser que la tradition de la laïcité de la Turquie est un modèle intéressant. Malgré sa position de pouvoir, l’AKP a été confrontée à une levée de bouclier bien supérieure dans le camp laïc. La tradition de l’islam est bien sûr vraie, mais je suis bien plus sceptique sur l’islamisme. Ou alors je veux bien plus de partis islamistes comme celui-ci dans le monde !

    J’ai trouvé ce lien très intéressant pour ceux que ça intéressehttp://www.medea.be/index.html?page=&lang=&doc=1435

  5. Southern Cross dit :

    Aux administrateurs et en Martin en particulier : merci pour les notes de bas de page, les fautes ont largement été corrigées, même s’il doit y en avoir une ou deux qui traînent, c’est entièrement ma faute.

    Martin : je crois bien que je me serais fait pour ainsi dire jeter si j’avais étendu encore l’article ! Il est clair que je ne prétend pas du tout à l’exhaustivité, il y a forcément une myriade d’éléments qui ne sont pas abordés, mais qui auraient pu l’être, question d’espace et de concision. Ce qui me choque justement dans cette mise en place d’une « identité » européenne (à laquelle j’ai fait allusion en mentionnant les programmes scolaires en histoire), c’est que celle-ci serait une pure construction au lieu d’un processus historique et culturel, comme cela est souvent le cas pour les identités nationales. Enfin, comment bâtir une « identité » européennes quand autant de langues officielles existent ? Si nous ne nous comprenons pas même entre nous, comment bâtir cela ? Ma réponse est simple : impossible. Je suis tout à fait d’accord sur le fait que les identités nationales doivent demeurer, ainsi que nos souverainetés respectives, ce que je ne pense pas incompatible avec des projets de coopération dans une kyrielle de domaines, la différence est que les Etats garderaient le contrôle.
    Comment, aussi, prétendre bâtir la paix dans l’UE, quand celle-ci est basée sur la course au moins disant social, c’est-à-dire les luttes intérieures ? Par son libéralisme forcené et aveugle, la Commission compromet gravement la paix sociale, la plus importante qui soit. Un libéralisme qui ne se limite pas qu’à la compétition interne, mais contribue aussi à l’affaiblissement de l’UE sur la scène internationale, faute de protections adéquates (protectionnisme insuffisant).
    Tout à fait d’accord également sur la politique internationale « commune ». Comme je l’ai souligné, comment serait-elle commune alors même que nos intérêts ne sont pas communs ? Encore une fois, l’UE montre qu’elle est fondée sur une série de prémisses absurdes et de suppositions sans base factuelle (voire même conceptuelle). Effectivement, pour passer à quelque chose d’un peu plus sérieux et redonner aux nations la place qui est légitimement la leur, je pense qu’il faudra que cette UE s’effondre, ce que j’attend avec impatience.

    Alice : tout d’abord merci pour ces compliments. Nous ne sommes pas en désaccord ; je suis aussi pro-Europe, en revanche, je suis anti-UE. La différence est fondamentale ; l’esquisse rapide de ce qu’une confédération idéale serait selon moi démontre clairement que j’ai en tête une forme d’alliance entre pays européens. Je ne suis pas fou et je lis entre les lignes ; les nations européennes sont en pleine déliquescence pour la plupart et leur influence décline. Même si nous trouvions des remèdes, ceux-ci mettraient un peu de temps à agir, un temps que nous n’avons pas quand on observe les tendances démographiques et économiques à l’extérieur de l’Occident. Ce que je souhaite, c’est tout simplement une coopération qui se passerait d’organes bureaucratiques et permettraient aux Etats de mettre en commun des ressources pour dépasser leurs envergures respectives. Ceci est fondamentalement différent d’une fusion, le concept impliquant que l’on ne puisse plus distinguer les deux éléments autrefois séparés. Cela veut aussi dire que nous ne serons pas toujours d’accord. Inutile d’être un fin stratège pour voir l’inutilité de la PAC pour le Royaume-Uni ou le fait que les hedge funds ne concernent pas la France au premier chef.
    En revanche, Alice, je ne soutiendrai un tel projet qu’à plusieurs conditions :
    (1) un projet clair et cohérent plutôt qu’un chèque en blanc donné à une quelconque organisation internationaliste.
    (2) une définition claire des limites géographiques et culturelles d’une telle alliance, en bref, graver dans le marbre des frontières pour cette confédération.
    (3) une garantie irrévocable permettant aux Etats de conserver leurs souverainetés et de se retirer à n’importe quel moment.
    (4) tout changement constitutionnel majeur affectant les nations devrait être décidé par un référendum (unique) dans toutes les nations de la confédération.
    En ce qui concerne la Turquie, celle-ci se trouve clairement en dehors de mon point (2). Passons sur l’argument géographique qui n’a pas réellement d’intérêt, la querelle de savoir si l’Asie mineure est européenne ou asiatique n’a aucun sens. La Turquie est dans le Tiers monde économique, son système bancaire est erratique et s’est écroulé à plusieurs reprises au cours des deux dernières décennies. Intégrer la Turquie nous donnerait des frontières communes avec des pays aussi sympathiques et civilisés que l’Iraq et l’Iran. Intégrer la Turquie signifiera que celle-ci aura sous peu un plus grand nombre de sièges au Parlement européen que l’Allemagne si on se fie aux extrapolations démographiques, elle serait donc en Etat, pour peu de trouver des partenaires, de légiférer sur nos droits (notamment par l’infâme Charte des droits fondamentaux), personnellement, cela m’effraierait un peu, notamment si j’étais une femme… Selon un rapport publié par le Population Bulletin (en mars 2002, vol. 57, no. 1) et intitulé « International Migration: Facing The Challenge » (de Philip Martin et Jonas Widgren) entre 25 et 30% de la population turque seraient prêts à quitter leur pays pour aller trouver un emploi dans un pays de l’UE si ils étaient admis en son sein (si tu veux le dossier, je peux te l’envoyer). 25% de la population turque voudrait dire que plus de 18 millions de personne pourraient passer de la Turquie dans le reste des pays de l’UE du jour au lendemain (la population turque était estimée à 72,5 millions de personnes en 2009). Je n’ai pas besoin d’expliquer davantage les conséquences sur les travailleurs européens, notamment les moins qualifiés, lesquels assisteraient sans doute à une dépression significative de leurs salaires, sans même parler de la pression sur nos systèmes de sécurité sociale (ils n’auraient pas encore cotisé qu’ils seraient éligibles à certaines prestations). L’intégration de la Turquie est la solution folle des eurocrates pour pallier à la déconfiture démographique de l’UE. Cependant, malgré tous ces arguments, celui que je crois encore plus essentiel est celui de la culture et de l’identité. Personne ne nie que la Turquie est plus avancée que la plupart des pays musulmans sur la voie de la « modération », mais cela ne l’engage pas à grand chose, franchement. Nous connaissons les conditions dans les prisons turques, la persécution des minorités kurdes et arméniennes en particulier, l’histoire de la Turquie, passée de 70% de musulmans à 98% à force d’expulsions et de persécutions (un schéma identique dans la quasi-totalité des pays musulmans et ce depuis l’Hégire), le traitement réservée aux femmes, l’AKP, etc. La femme du président actuel, Abdullah Gül, est voilée de la tête aux pieds. Abdullah Gül lui-même est un islamiste de la pire espèce (un « islamiste modéré » est un oxymore en ce qui me concerne). Sans même parler du fait que les bestsellers « littéraires » en Turquie ces dernières années ont aussi inclus « Mein Kampf » et « Metal Storm » de Orkun Uçar et Burak Turna, dans le dernier, le dénouement est la détonation d’une bombe nucléaire à Washington, D.C., le personnage principal est bien sûr présenté comme un héros. L’AKP a failli être renversé, tu noteras qu’il ne l’a pas été et il a encore trouvé le moyen de remporter le dernier référendum sur les réformes constitutionnelles, le lien suivant te montrera d’ailleurs que mes affirmations sur le clivage entre le centre du pays et le littoral « occidentalisé » ne sont pas infondées :
    http://en.wikipedia.org/wiki/Turkish_constitutional_referendum,_2010
    Dans mon point (2), j’évoque aussi la fixation des frontières culturelles. Pour moi, la Turquie n’est pas européenne pour la simple et bonne raison que je vois toute alliance entre pays européen comme un club de nations imprégnées par le Christianisme, lequel a largement contribué à faire de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Je n’apporterai JAMAIS mon soutien à une forme d’alliance/confédération européenne quelconque si je ne suis pas d’abord assuré de son identité, des principes qu’elle défend. C’est bien beau de défendre des valeurs « libérales », mais en quoi cela nous distingue-t-il du reste du monde ? Nos identités nationales sont différentes, mais des points communs peuvent être observés entre Français, Italiens, Allemands ou Britanniques, nous ne parlons pas les mêmes langues, ni n’avons entièrement les mêmes coutumes ou sensibilités, mais nous avons aussi nombre de points communs. Nous n’avons aucun de ces points communs avec la Turquie, aucune de ces affinités. Ce n’est pas parce que les supermarchés poussent comme des champignons sur le littoral turc que la Turquie est européenne, sa langue est altaïque, tandis que toutes les langues européennes sont indo-européennes (excepté le finnois, le hongrois et l’estonien qui sont des langues finno-ougriennes), sa religion est l’Islam, laïcité ou pas. L’AKP indique dans son programme (sur son site, partie 5.3-« Culture and Arts »):
    « Our Party;
    Shall spend maximum effort in the subject of protecting and developing nationalist values. »
    « A special emphasis shall be placed on the development of plastic arts and the advancement of Turco-Islamic arts. »
    Ce parti n’a aucune intention d’européaniser la Turquie, un pays qui n’appartient manifestement pas à notre aire culturelle. Le fait que nous en parlions est déjà en soi une preuve de notre décadence morale et culturelle, les nations européennes et leurs citoyens/sujets ne sont plus même capables de mettre le doigt sur ce qui fait notre essence et nous distingue.
    Le jour où la Turquie entre dans une communauté européenne, ce jour là signera mon départ définitif, car ce serait un suicide culturel et économique, voire biologique.
    « je veux bien plus de partis islamistes comme celui-ci dans le monde », hum…
    « Islamism (Islam+-ism; Arabic: الاسلامية ‎ al-‘islāmiyya) also Arabic: إسلام سياسي‎ al-Islām al-Siyāsiyy, lit., « Political Islam » is a set of ideologies holding that Islam is not only a religion but also a political system, and that modern Muslims must return to their roots of their religion, and unite politically. »
    http://en.wikipedia.org/wiki/Islamism

  6. Alice dit :

    (3) Si je ne m’abuse (mais il est plus que possible que je me trompe), le traité de Lisbonne permet le retrait des États membres.

    Je veux bien que tu développes l’idée de suicide biologique si la Turquie appartenait à l’UE… le terme est déroutant.

    Pour le reste, je comprends tes positions, mais pour moi, la définition d’une zone géographique précise est inutile (voire néfaste) et surtout, je ne me reconnais pas particulièrement dans la référence au christianisme. En revanche, je crois beaucoup plus à un mélange d’influence de différentes civilisations qui ont fondées les entités européennes.

    Quant au fait que les prisons françaises soient régulièrement pointées du doigt pour leurs conditions scandaleuses, que RSF a a encore épinglé la France pour le mauvais traitement des journalistes et que les inégalités hommes/femmes persistent à un point qui soulève de nombreuses questions, je ne suis pas sûre qu’on puisse se targuer d’avoir beaucoup de leçons à donner à la Turquie.

  7. Southern Cross dit :

    Tu as raison sur le fait que le traité const… pardon, de Lisbonne, permet le retrait (la sécession) des Etats membres, mais il s’assortit aussi d’une myriade de difficultés techniques, de délais et de procédures lourdes et potentiellement coûteuse. Ma version confédérée impliquerait un droit de retrait immédiat.

    Suicide civilisationnel si tu préfères, après des siècles passés à reconquérir les Balkans, à repousser les Ottomans à Manziket, Vienne, Belgrade et Lépante, nous nous agenouillerions devant la Porte Sublime ? La Turquie n’a rien d’européen, comme elle l’a amplement prouvé depuis les Seldjoukides. Quoi qu’il en soit, tu ne sembles pas trouver à redire sur la gamme d’arguments que j’ai développé contre l’adhésion de la Turquie ; économique, culturel, politique, démographique, etc. Cela s’éloigne déjà un peu du sujet principal de cet article, mais je pense que cette digression était utile, et puis j’aime les digressions comme tu l’auras remarqué puisque je viens d’en faire une de plus !

    Ce n’est pas tant les limites géographiques qui me tiennent à coeur que les frontières culturelles. Donne moi une seule raison pour laquelle nous devrions, selon toi, intégrer la Turquie dans un ensemble européen. Un mélange d’identités ? Tu es donc une tenante de la disparition de nos identités (multiples en Europe, ne l’oublions pas) et de celle de la Turquie au profit d’un méli-mélo qui ne signifierait plus rien car intégrant une chose et son contraire ? Tu es donc en train de me dire, en substance, que tu veux voir plusieurs civilisations disparaître pour « créer » cette masse amorphe et confuse. Tu vois, je défends bien plus la diversité que toi ! Après, pourquoi ne pas associer la Turquie dans un partenariat commercial (sans libre-échange ou libre circulation mais comme un partenaire privilégié) ? Ne pas intégrer la Turquie dans un ensemble européen, ne veut pas dire que nous la détestons et lui portons rancune pour le passé, mais juste qu’elle est différente et respectable dans cette différence. Admettre nos différences n’est pas un acte de rejet, c’est un acte de sagesse et de respect mutuel.

    Les prisons françaises ne sont certes pas la fierté de l’Occident (j’aurais aussi beaucoup à dire sur ce sujet, mais je t’épargne cette digression là, car je pense à y consacrer éventuellement un article), mais de là à les comparer avec les prisons turques, je crois qu’il y a quand même un monde entre. Si tu penses que les « inégalités » hommes/femmes sont fortes en France, ne va pas faire un tour à Istanbul le jour de « la journée de la femme »…
    http://www.assmp.org/spip.php?article101
    Et en prime :
    http://www.lepetitjournal.com/istanbul/breves-istanbul/53439-turquie-en-bref-seisme-journee-de-la-femme-hotellerie-et-aviation.html
    Je ne suis pas pour donner des leçons à la Turquie, faire la morale aux autres pays n’est pas mon fort et ne devrait pas être celui des Etats européens et a fortiori de l’ONU si elle respectait sa propre Charte. En revanche, je n’ai aucun doute quant au pays dans lequel je préfère vivre entre les deux.

  8. Alice dit :

    Nos civilisations et cultures ne sont absolument pas « pures », je ne crois pas que le mélange des civilisations en anéantisse certaines et en face disparaître d’autres (sauf si vraiment il y a une forte volonté d’acculturation), en tout cas dans notre pasé ça n’a pas été le cas.
    Je ne pense pas que la culture française disparaisse si la Turquie entrait dans l’Europe, mais juste qu’on découvrirait des cultures autres et qu’on s’y ouvrirait un peu plus.
    Je ne suis absolument pas partisane de la disparition de cultures ou des civilisations (merci de ne pas déformer mes propos jusqu’à les rendre incohérents) et je ne pense pas avoir prôner la création d’une masse amorphe et confuse.

    J’aime le mélange des cultures quand des éléments nouveaux sont intégrés, d’autres anciens sont abandonnés et que de nouvelles pratiques apparaissent. Si tu veux un exemple concret, je pense notamment au Sud de l’Espagne et le palais de l’Alhambra : une autre civilisation, une autre culture et au final, un bâtiment magnifique.
    Je crois aussi beaucoup aux influences d’autres langues, le Français n’étant pas une langue figée.

    Par exemple, les échanges multiples avec l’Allemagne ne nous ont pas ôté notre identité française (si tant est qu’elle existe), mais il est certain que cette influence se retrouve parfois, je pense aux villes frontalières… Je ne crois pas qu’on puisse dire que des villes comme Strasbourg sont des exemples d’acculturation totale.
    Idem pour les villes méditerranéennes : Marseille est pour moi l’exemple type de ville mêlant plusieurs cultures dans un gros brassage, plus productif de nouvelles identités que de destruction de certaines.

    Enfin, je rappelle que le projet européen est avant tout un projet de paix : rappeler les conflits passés avec l’empire ottoman pour rejeter la Turquie constitue pour moi un non-sens total. On s’est « agenouillés » devant l’Allemagne, au lendemain de nombreuses guerres très douloureuses. Plus le conflit a été important, plus la nécessité d’intégration à un projet commun est fort…
    Par ailleurs, nous ne nous agenouillons pas devant à l’heure actuelle : le comportement du Président étant à l’heure actuelle une véritable insulte et un suicide diplomatique. La Turquie représente à l’heure actuelle un enjeu géostratégique et géopolotique essentiel, continuer à lui claquer une porte au nez sous le fallacieux prétexte de conserver nos identités nationales pourrait s’avérer dangereux. Aujourd’hui un acteur majeur du Moyen-Orient, qui commence à jouer le rôle de médiateur, nous ne pouvons plus nous permettre de jouer les puissances outragées face à elle. Lorsque l’on voit son comportement vis-à-vis de l’Iran, refusant d’appliquer les sanctions économiques malgré la pression de l’UE et des EU, je serais plus une partisane d’une alliance renforcée.
    Après, que ça passe par des accords commerciaux renforcées ou par une intégration à l’UE, je ne peux dire qu’elle serait la meilleure solution.
    Mais continuer à voir dans les Turcs actuels les héritiers directs d’un Empire ottoman belliqueux, pour moi c’est très clairement une erreur.

  9. Southern Cross dit :

    « Dans notre passé, cela n’a pas été le cas », élabore, je te prie.

    Tu parles beaucoup en des termes spéculatifs, du type « je ne pense pas », mais tu ne cites finalement pas beaucoup d’arguments derrière pour étayer ton point de vue. Pour ma part, les antécédents de la Turquie et ses actes présents me suffisent.

    Ah oui, bel exemple le Sud de l’Espagne (et une bonne partie du Nord aussi) ; une région envahie par les Mahométans au début du VIIIème siècle avec les complications que cela pouvait entraîner pour les Juifs et les Chrétiens, en tant que dhimmis. Belle image de la manière dont se font ses « mélanges » de cultures : par la force armée. Par ailleurs, si c’est seulement un bâtiment que tu me cites…

    Si tu n’as pas prôné ouvertement la disparition des cultures, c’est ce à quoi l’application de ta philosophie mènerait. Un exemple historique tout simple est l’acculturation totale des Danois dans l’Angleterre d’Alfred le Grand et de ses héritiers au fil des décennies ; christianisation, incorporation au système politique et à la société. Une culture a disparu : celle des Vikings païens, pour se fondre dans une autre : une identité anglaise naissante et chrétienne.

    Pour que deux cultures se « mélangent » ou qu’il y ait un minimum de syncrétisme, encore faut-il qu’elles soient compatibles. Essaie donc maintenant de réconcilier la culture occidentale avec le Coran.

    Quant à l’aspect linguistique, je suis désolé de te le dire, mais je suis très conservateur sur ce plan aussi. Je n’ai pas vraiment envie de voir les mots (faute d’un meilleur terme) « teuf », « keuf », « meuf », « kiffer » et ces autres inepties dans mon dictionnaire, à défaut, ils ne seront jamais dans ma bouche ou mes articles. C’est là toute la laideur d’un langage hybride et abâtardi.

    « les échanges multiples avec l’Allemagne ne nous ont pas ôté notre identité française (si tant est qu’elle existe) ». Tu confonds deux choses, Alice ; le syncrétisme et les échanges. Le fait de prôner le monoculturalisme n’empêche pas d’approuver les échanges, y compris culturels. A fortiori, notre culture a des affinités autrement plus marquées avec la culture allemande qu’avec la culture turque, fut-elle kémaliste. Cela n’empêche que l’identité de la France est l’identité française. Ton propos entre parenthèses émet un doute quant à l’existence de cette identité. Tu serais donc prête à nier une histoire bimillénaire, une nation dont les prémisses sont déjà visibles au temps d’Hugues Capet, notre langue, nos traditions, nos combats communs, ce qui fait que nous sommes Français malgré nos diversités individuelles ? Tu serais prête à nier la communauté nationale, donc toute tentative de solidarité serait vaine ? Tu aurais du mal à défendre la logique de tes commentaires sur la réforme des retraites si tu ne la doubles pas d’un motif de solidarité nationale, lequel ne saurait exister sans communauté nationale.

    Marseille est aussi l’une des villes les plus dangereuses de France en termes de criminalité et de vandalisme. C’est en outre un foyer pour le vote Front National, voilà où mène le « multiculturalisme » ; la criminalité ignorée au nom du politiquement correct et la montée en puissance de l’extrême-droite faute d’avoir mené une politique cohérente pendant des décennies. Si Marseille est pour toi l’exemple du « multiculturalisme », lequel divise les loyautés au lieu de fédérer, ton futur, je n’en veux pas. Va donc demander aux Marseillais « de souche » ce qu’ils en pensent si tu crois que leur vote n’est pas en soi éloquent…

    Tu as déjà nié l’histoire française en faisant mine de nier notre identité, tu nies maintenant les antécédents de la Turquie, sans même parler de ses agissements actuels envers les minorités, notamment arméniennes et kurdes, ou de son implication dans la partie Nord de l’île de Chypre. Et nous continuons de nous coucher devant l’Allemagne au cas où tu ne l’aurais pas remarqué ; euro, expulsions des Roms, crise de la dette, etc. Jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas la France ou son Président qui a insulté le reste de l’UE, mais bien la Commission, en la personne de Mme Reding (puis de M. Barroso), qui nous a couvert d’opprobre, elle qui n’a aucune légitimité démocratique de quelque sorte que ce soit. « Nous ne pouvons plus nous permettre de jouer les puissances outragées face à elle », la blague ! Depuis quand est-ce que la Turquie est une grande puissance ? Ma version de confédération exclurait d’emblée la Turquie pour des raisons culturelles, mais si tu y tiens tant et puisque nous sommes dans le monde réel, donc malheureusement celui de l’UE, pourquoi ne pas organiser des référendums pour voir ce que les peuples européens en pensent ? Mince, c’est vrai que les référendums ne sont pas très à la mode à Bruxelles… encore moins quand il y a une forte probabilité pour qu’ils produisent des « non » à travers toute l’UE…

  10. Alice dit :

    « Dans notre passé, cela n’a pas été le cas », élabore, je te prie. => Malgré des invasions et des vagues successives d’immigration, il existe malgré tout une culture française, je ne vois pas d’aculturation sur notre territoire. Des pans de la culture ont disparu bien sûr (je pense aux langues régionales, à certaines fêtes rurales traditionnelles…), mais pas sa totalité.

    Par ailleurs, tu défends l’existence d’une identité nationale française. Alors même que la France a été envahie et a connu des vagues d’immigration très importantes, avec des influences culturelles importantes.
    C’est ta logique même qui ne tient pas debout : pour toi les échanges culturels menacent notre identité, alors que tu défends une identité dans laquelle tu te reconnais, qui elle-même a été profondément modifiée par les échanges avec l’extérieur !
    Mon argumentation n’est probablement pas assez étayée d’arguments (mais ne compte pas pour moi pour te retracer l’histoire du territoire français…), mais la tienne, ce sont les fondements mêmes qui sont flous et illogiques.

    Le fait que tu refuses les termes « keuf », « meuf », « teuf » (dont une partie sont du verlan, donc on retrouve les premières traces au Moyen-Âge et qui n’a absolument rien de moderne par ailleurs…) est l’exemple type de ce que je cherche à te démontrer : la production d’une nouvelle culture. Libre à toi d’utiliser des termes familiers comme « toubib » ou « clebs » : ils ne viennent pas de France, mais sont compris par les Français. Et ils ne font pas disparaître les mots comme « médecin » ou « chien ». « Teuf » est un terme de plus en plus compris et accepter, mais personne ne te refuse l’emploi du mot « fête » si tu le préfères.
    Alors pourquoi considérer que ces transformations viennent abîmer ta langue, puisqu’elles ne font qu’ouvrir de nouvelles possibilités ?
    Par ailleurs, le français que tu défends semble te convenir, or il est lui-même le fruit d’échanges passés. Quelle tristesse si nous étions tous aussi conservateurs que toi ! Rien de plus passionnant que de comprendre l’étymologie des mots que l’on emploie, justement parce que les personnes qui nous ont précédé ont accepté l’échange et l’évolution.

    Par ailleurs, je n’ai jamais prétendu que le multiculturalisme était une chose aisée et pacifique. Par conséquent, inutile de me rappeler les taux de violence à Marseille (qui a mon avis ont bien des fondements différents que la simple rencontre de plusieurs cultures, mais bien une intolérance de certaines envers les autres) ou des difficultés lors de l’invasion du Sud de l’Espagne par des Musulmans.
    Mais là où certains comme toi n’y voient que le signe de l’impossibilité, j’y vois une raison de persévérer jusqu’à ce que cela soit rendu possible.

    Bref, on est en plein dans le branlage de neurones le plus inutile à mon avis, pour ma part le débat est clôt et ton raisonnement ne fait que renforcer mes convictions.

  11. Southern Cross dit :

    Des pans de la culture ont disparu, fort bien, je vois que tu as déjà amendé ta position sur l’identité française, alors que tu la niais il y a quelques heures. Je ne rejette pas l’évolution et l’échange, c’est là où tu te méprends complètement. Ce que tu sembles ne pas encore avoir compris, c’est la différence entre l’intégration pacifique et volontaire d’éléments allogènes et l’imposition par la force. Tu admets toi-même que ton « multiculturalisme » est un concept qui peut entraîner des violences, pourquoi continuer à le défendre, alors ? Donne moi un seul exemple de société vraiment « multiculturelle » et harmonieuse, ce sera déjà un bon début.

    Et, rebelote, tu me ressors implicitement que l’identité française n’existe pas alors que tu me dis au dessus qu’il existe une culture française (donc, largement, une identité). Et tu oses encore me dire que mon raisonnement souffre d’incohérences ? C’est l’hôpital qui se moque de la charité !

    Par ailleurs, ton estimation de ma cohérence est complètement faussée du fait de ton affirmation gratuite comme quoi je ne serais pas en faveur des échanges culturels (que j’ai pourtant défendus dans mon précédent commentaire, en ces termes : « Le fait de prôner le monoculturalisme n’empêche pas d’approuver les échanges, y compris culturels. »). Fais moi le plaisir d’essayer de comprendre mes arguments et de ne pas seulement essayer de prouver ta maîtrise de la lecture. En l’occurrence, j’ai opposé deux choses : l’incorporation forcée d’éléments dans la culture et les échanges culturels. Prends en acte, car je ne le répéterai pas. Je pense pouvoir t’en dire un peu plus en la matière, étant petit-fils d’immigrés italiens et ma famille est pur produit de l’assimilation républicaine à la française, alors le « multiculturalisme » à la bobo, à d’autres. Ce n’est en l’occurrence pas moi qui souffre de schizophrénie et d’amnésie.

    L’acceptation de mots largement utilisés ne les rendra pas plus élégants, je ne suis pas responsable de la vulgarité et de la stupidité chroniques de certains pans de la population. J’ai bénéficié d’une éducation catholique et largement classique, ce qui comprend le latin et le grec, alors l’étymologie, je pourrais t’en parler durant un bon bout de temps. En tant qu’anglophile et anglophone, je suis aussi passionné par l’évolution de cette langue, alors tu sais, tu ne fais que prêcher pour un convaincu, alors que tant d’autres sont en manque de prosélytisme.

    Va donc persévérer et expliquer au Front islamiste armé français tes positions, tu reviendras m’en dire des nouvelles (ou peut-être pas). Si tu ne vois pas l’avantage que nous avons à conserver notre culture, autant arrêter d’en parler. Ce débat ne mène à rien ; tu as déformé mes arguments, tu n’argumentes pas, tes fondations n’ont aucune logique, tu n’as pas même pris le temps de répondre à la liste d’arguments socio-économiques que j’ai développé sur l’adhésion de la Turquie, et, surtout, tu es hors sujet avec l’article.

  12. Thibault dit :

    « tu ne fais que prêcher pour un convaincu » Et ça ose parler de langue française, de classicisme et de culture…

    • Southern Cross dit :

      Voilà un être fort mesquin qui vient me reprocher une banale erreur de frappe ou un défaut de relecture ou d’attention. Si c’est tout le débat que l’on peut fournir… N’y a-t-il donc personne pour avoir un débat sérieux sur le fond de l’article ou dois-je me contenter de ces médiocres tours de passe-passe que vous essayez à tour de rôle pour détourner l’attention ? Où est-ce alors le fait que vous êtes tellement en accord avec les arguments développés que vous n’y trouvez rien à redire ?

  13. admin dit :

    Thibault > Merci d’éviter ce genre de remarque peu constructive et de respecter les contributeurs ainsi que le thème de l’article.

    Southern Cross> Merci de ne pas envenimer le débat et de ne pas insulter des contributeurs qui avaient fait part de mesure et de qualité d’analyse jusqu’à présent en les englobant dans votre « vous ». Si le ton global de vos commentaires est souvent à la limite de la condescendance, ce dernier commentaire fait preuve d’une rare arrogance et tout écart de ce genre ne sera plus toléré, surtout sur un article dont vous êtes l’auteur.

  14. Hélène M. dit :

    Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi c’est si important de définir l’identité (culturelle) européenne ? Doit-on établir une liste de ce qui est européen ? Si oui, à quoi servirait-elle ?

    Pourquoi faire de la définition de cette identité (culturelle) européenne une condition de la réussite de l’UE ? L’UE n’a-t-elle pas pour seuls buts la paix et la prospérité de ses membres ?

    A mon humble avis, si peu d’Européens font confiance à l’UE, ce n’est pas parce qu’ils ne se sentent pas européens, mais parce qu’ils ne sont pas satisfaits de leur niveau de vie et qu’ils tiennent l’UE pour responsable, comme toute autre institution ou entité ayant (au moins en apparence) une influence sur eux. Ce manque de confiance n’est-il pas comparable au manque de confiance d’un peuple envers ses dirigeants, pour la même raison économique et sociale (et non pas parce qu’on ne se sent pas français ou autre) ?

    D’autre part, il semble que l’auteur de l’article traite l’Europe (ou l’UE) comme une personne, avec son psychisme, qui aurait un « besoin d’identité ». Or pour moi, l’Europe est premièrement un territoire indéfini : où s’arrête-t-elle à l’Est et au Sud ? La terre européenne n’a pas de langue pour nous le dire. Ce sont donc aux hommes de le décider, en vertu de tel ou tel critère, qui quel qu’il soit est forcément arbitraire. Deuxièmement, sa population est hétérogène et ses membres ont de tous temps migré (et ils continuent de le faire). Troisièmement, son histoire est faite de plusieurs histoires nationales et internationales. En bref, je vois plus l’Europe comme quelque chose d’hétéroclite et de mouvant à travers les siècles que comme quelque chose de solide, immobile et né il y a plusieurs millénaires. On peut dire ce qu’il s’est passé en Europe depuis avant Jésus-Christ et qui est passé par là, qui s’en est allé, qui y est resté. Mais peut-on dire que l’Europe a un passé ? Et un inconscient collectif propre ?
    La question ne se pose même pas pour l’UE, qui est une association d’Etats. Je ne crois pas que les Suisses, les Norvégiens ou les Islandais se sentent moins européens que les Allemands, les Bulgares, que sais-je.

  15. Hélène M. dit :

    Une précision : je ne nie pas qu’il y a des grands traits de l’Europe (Rome antique, Grèce antique, christianisme, peau blanche, etc). Mais pour autant, fixer la carte d’identité de l’Europe me semble dangereux parce qu’elle peut toujours changer et parce que tout en Europe n’entre pas dans ce moule.

  16. Southern Cross dit :

    Tout d’abord, merci pour ton commentaire, Hélène.
    De mon point de vue qui vaut ce qu’il vaut, nous ne pouvons établir de structure viable sans en définir les modalités à l’avance. Ces modalités me semblent inclure la définition de traits typiquement « européens ». A vrai dire, il est difficile de s’atteler à cette tâche tant que nous ne saurons pas ce que nous sommes censés être : un super-Etat, une confédération, une fédération ou que sais-je encore, car cela impliquerait des conséquences bien différentes. Dans le cas d’un super-Etat unificateur, difficile d’imaginer nos identités nationales demeurer, l’unification devrait sans doute prendre la forme de l’imposition d’une langue (sans doute ce « Globish » si peu élégant) et d’un système politique (je miserais sur le système allemand). Une fédération ferait sans doute cela dans une moindre mesure, tandis que la confédération élimine tout besoin d’uniformité par sa nature même, mais devrait tout de même, à mon sens, requérir un certain nombre de traits fédérateurs parmi ses adhérents dont des racines chrétiennes.
    L’idée que j’entendais véhiculer, maladroitement sans doute, est que nous devrions d’abord fixer des limites et un cadre avant de nous lancer dans un projet si ambitieux. Reconnaître le passé, avec ses hauts et ses bas, nous permettrait de mieux voir où nous en sommes et d’avancer avec plus de certitude. « People will never look forward to posterity, who never look backward to their ancestors », Edmund Burke écrivait. L’idée que je cherchais à étayer peut en fait se résumer à cela. Que seraient la paix et la prospérité, objectifs tout à fait louables et désirables, sans cela ? Comment avancer si nous ne savons qui nous sommes ? Cela me semble être un problème.
    Bien entendu, la désaffection des urnes par les Européens ne découle pas exclusivement de cela. Beaucoup d’autres facteurs entrent en ligne de compte : une situation économique catastrophique, un désintérêt pour une UE dont les institutions sont obscures pour nombre de citoyens, mais aussi un désintérêt pour une UE qui est bureaucratisée au possible (avec tout ce que cela implique en dépenses pesant sur les citoyens, car ce sont bien les contributions des Etats, donc indirectement nos impôts, qui alimentent ces institutions), etc. Evidemment, il y a ceux, un peu moins nombreux sans doute, qui, comme moi, pensent boycotter les élections européennes car ne voulant leur conférer aucune légitimité. De facto, le Parlement européen n’a pas même une légitimité démocratique dans le sens où la dernière élection a vu seulement 42% de ceux en âge de voter parmi les peuples européens le faire. Donc, oui, je suis d’accord avec toi que cela peut être relié à un manque de confiance en les dirigeants (difficiles à identifier dans le cas de l’UE, même si c’est souvent M. Barroso qui cristallise, avec raison selon moi, les critiques), cependant, la désaffection est bien plus marquée que pour des élections présidentielles françaises, sans même évoquer le cas britannique (27% de participation aux dernières européennes). Je crois que les facteurs sont surtout un manque de confiance en l’UE plus que seulement ses dirigeants. Un manque de confiance amplement mérité au vu des agissements des institutions européennes, notamment de la Commission et du Parlement.
    En revanche, je tiens à ce que la distinction soit faite entre l’UE et l’Europe. En ce qui me concerne, je souhaite voir l’UE s’effondrer, mais je ne suis pas pour autant anti-européen dans le sens où ma seconde partie laisse clairement apparaître que je souhaite une forme d’organisation alternative. Par ailleurs, l’Europe est plus large, ne serait-ce que parce que l’UE n’intègre ni l’Islande, ni la Suisse ou la Norvège. Le territoire est sans doute difficile à identifier dans le cas de l’Europe, mais comme je l’ai souligné, je pense que les frontières devraient être culturelles plus que géographiques. Un exemple : l’Albanie est indéniablement européenne de par sa géographie, pourtant, elle n’est pas européenne d’un point de vue culturel, ce qui est du à des influences bien différentes, notamment sous l’Empire ottoman. L’Europe est hétéroclite, je te rejoins là dessus, si mon article a pu donner l’impression que je la considère comme une seule entité, je m’en excuse, car ce n’était pas l’objet. C’est bien pour cela que j’entend défendre l’intégrité culturelle de ma nation et sa souveraineté dans une association européenne qui ne les piétinerait pas. Pour moi, il n’a jamais été question d’ « identité européenne » au sens propre ou d’harmoniser nos identités (une entreprise qui provoque invariablement des crises de gloussement en ce qui me concerne), mais seulement de trouver des traits communs. Or, des trais communs se dégagent de ce méli-mélo ; les nations européennes ont toutes été influencées par le Christianisme, certes la Réforme a rompu l’unité de la Chrétienté, mais cela n’empêche que cette influence a probablement été l’une des plus profondes dans notre Histoire et subsiste à ce jour. Nous avons un passé qui tourne autour de luttes structurantes : d’abord les luttes des peuples « barbares » contre la République et ensuite l’Empire romain. La plupart de ces pays, à l’exception bien entendu de l’Allemagne, de l’Est dans une certaine mesure et de la Scandinavie et quelques autres, ont connu la domination romaine. Ensuite, nous avons été structurés par les luttes avec l’Orient, qu’il fut russe ou ottoman. Ou encore le fait que nous parlons tous des langues indo-européennes ou finno-ougriennes. Cela a laissé des empreintes indélébiles dans notre culture, même si elles sont parfois inconscientes.
    En ce qui me concerne, mes modestes préconisations visent à assurer la continuité et la pérennité culturelles de la France tout en reconnaissant ce droit aux autres qui souffrent aussi de leur appartenance à une UE qui ignore nos valeurs et nos caractères nationaux pour mieux les piétiner. Tout changement devrait être prudent et progressif selon moi, encore plus lorsque nous touchons au coeur de notre essence, notre identité. A vrai dire, mon option de confédération laisserait assez de place pour une sécession rapide (sans les tracasseries du traité de Lisbonne qui permet ce droit, mais le rend difficile à appliquer), c’est-à-dire que si des membres manifestement non européens venaient à entrer dans cette association et que des pays désapprouvent cela, ils auraient toujours l’option de se retirer. Nous avons déjà eu ce débat plus haut sur la Turquie. Donc, oui, je suis d’accord avec toi qu’il n’y a pas de « psychisme européen », a fortiori, l’identité européenne est un concept très flou en ce qui me concerne, je ne revendique qu’une seule identité et allégeance, celles-ci sont dirigées envers la France et sont exclusives.
    Une fois de plus, merci pour tes remarques sur ce sujet spécifique qui me semble primordial ; celui de l’identité.

  17. wtf! dit :

    Depuis quand l’Espagne à une économie SOCIALISTE????

  18. wtf! dit :

    De plus il y a pas si longtemps que ça l’allemand n’était pas vu comme « européen » mais comme le prussien, le germanique, d’une autre espèce que le français. tout est une question de point de vue: pourquoi voir l’entrée de la Turquie comme la porte ouverte à une déliquescence de « notre civilisation » et non la voir cela comme une interpénétration culturelle « win-win »? Arrêtons d’avoir peur de « l’islamiste » turque, ils ont donné le droit de vote aux femme avant la France patrie des droits de l’homme.


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