Une victoire contre l’absurdité : la fin du Dakar ?

Le Dakar est un événement unique dans le monde du sport automobile qui joue sur la beauté des mécaniques et des paysages pour émerveiller ses spectateurs. Cependant, il semblerait que le temps du désenchantement soit arrivé.

Un nuage de sable… et de pollution

S’il y a bien quelque chose que je refuse, c’est d’adhérer au discours tellement naïf et tellement utopique des écologistes (des « écolobbyistes », devrais-je dire). Heureusement, leur parti est aujourd’hui peu représenté dans notre pays (même s’il l’est de plus en plus) et plutôt à l’écart, et voit son influence se limiter à l’impulsion d’idées et la lente propagation d’une morale écologiste, ce qui est pour le moment bénéfique, ne nous méprenons pas. Mais dénoncer le Dakar d’un point de vue écologique revient à chacun d’entre nous comme une mission d’intérêt général. Car avant d’être une course qui promeut les paysages dans lesquels elle se déroule (récemment, le désert d’Atacama, au Chili), elle est surtout celle qui participe activement à leur destruction. On ne va pas s’attarder à tenter de mesurer l’ampleur des dégâts sur les décors arides et sablonneux, tant ceux-ci sont gigantesques et ne risquent pas de disparaître, malgré les attaques incessantes des véhicules du rallye. Mais allez demander aux habitants des petits villages traversés si le jour du passage du Dakar est le plus beau de l’année.

42 000 tonnes de CO2 sont émises lors d’une édition

Si les caméras de France Télévision se focalisent sur les sourires des enfants pour montrer à quel point ils sont heureux de découvrir le monde du Nord (dans sa pire représentation, précisons tout de même), je doute que généralement, le bruit des moteurs de motos, de quads, de 4×4, ou pire, de camions (oui, il y a une catégorie « camions » au Dakar, pour ceux qui l’ignoreraient), fasse le bonheur des populations locales. Mais pire encore, pour ceux qui ne veulent pas prendre en compte les réactions des Africains dont tout le monde se fout (ou aujourd’hui des Latino-Américains, en grande partie venant de peuples indigènes), le Dakar prend part à ce que l’on veut combattre lors des grands meetings écologistes, comme dernièrement le sommet de Copenhague, celui de Cancún, ou à la fin des années 1990, le protocole de Kyoto. Car avant de vouloir imposer des contraintes difficiles à mettre en application pour certains pays, commençons par nous attaquer à ce qui est également nuisible, mais inutile, et qui ne coûterait donc rien à être supprimé. On nous bassine constamment avec les émissions de gaz à effets de serre, particulièrement dans notre pays, où, pour les ventes de voitures, ce critère est devenu majeur dans les campagnes publicitaires. Le Dakar, ce sont 186 motos, 37 quads, 156 4×4 et 74 camions qui polluent les routes désertiques d’Amérique du Sud. Je vous laisse aisément imaginer que ce ne sont pas les modèles les moins consommateurs qui sont choisis… 42 000 tonnes de CO2 sont ainsi émises lors d’une édition. Quand on sait que le CO2 constitue 60% des émissions de gaz à effets de serre, inutile de détailler l’analyse…

Vous avez dit meurtrier ?

Si le Dakar peut susciter la fureur des individus responsables écologiquement, il est également naturellement attaquable d’un point de vue strictement humain. Née en 1978, l’épreuve avait, en 2006 et selon un recensement effectué par l’AFP, causé la mort de 53 personnes (si je voulais vous émouvoir, je préciserais « dont près de la moitié étaient des enfants »). Doit-on citer certains noms ? Daniel Balavoine, le chanteur, ou Thierry Sabine, le créateur de l’épreuve, ont péri à cause de cet évènement. N’est-ce d’ailleurs pas là un comble que de voir le créateur de la course y laisser sa vie ? À ce chiffre désolant, on peut ajouter les morts des dernières années, et le nombre de blessés, également considérable.

Le nombre de morts augmente chaque année sur la course, est-ce alors normal qu’elle continue d’exister ?

Pour ne citer que cette année-là, le Dakar 2010 a été endeuillé dès le premier jour par la mort d’une jeune femme de 28 ans lors d’une sortie de route d’un concurrent, qui a fait en plus 4 blessés. S’en sont suivis une autre sortie de route d’une voiture qui, cette fois-ci, a engendré 8 morts, et le crash d’un hélicoptère de filmage qui a fait 4 blessés, pour ne prendre que ces exemples : on arrive déjà à une dizaine de morts pour l’édition 2010, quand entre 1978 et 2006 le bilan s’élevait à 53 morts, à croire que chaque année celui-ci s’alourdit, et pas qu’un peu ! En 2011, la journée de départ à Buenos Aires a vu un 4×4 du rallye percuter une voiture hors-course et causer multiples fractures et contusions à son conducteur. Ce dernier déclarait même : « Il roulait à près de 100 km/h, il a failli percuter une jeune fille » ; on pourrait même l’estimer heureux d’être encore en mesure de délivrer ce témoignage… 5 jours plus tard, deux techniciens chiliens mourraient en marge du rallye. Le 13 janvier, un automobiliste décédait après avoir été percuté par un concurrent retardataire ; et le bilan n’est sans doute pas définitif, sans compter les autres sorties de route. Comment peut-on encore fermer les yeux sur un tel constat ? Le nombre de morts augmente chaque année sur la course, est-ce alors normal qu’elle continue d’exister ?

Un évènement qui dessert complètement l’image de la France

Pour les raisons précédemment citées et détaillées, on en vient à avoir honte d’être Français quand on sait qu’ASO est l’organisateur de la course (Amaury Sport Organisation, qui dirige aussi le Tour de France, par exemple, et fait partie du groupe Amaury, détenteur entre autres des journaux Le Parisien et L’Equipe…). J’aimerais encore moins être Sénégalais quand on évoque l’épreuve ; pour des arguments commerciaux, celle-ci a gardé son nom alors même qu’elle se déroule aujourd’hui en Amérique du Sud, et cela m’étonnerait beaucoup que cela participe au rayonnement de la capitale sénégalaise (certes, le Dakar est un évènement mondial, mais il renvoie pour beaucoup à une image péjorative). De plus, à moins d’être un passionné éclairé de courses automobiles, il n’y a guère que le Français moyen pour s’intéresser ardemment à la course, et se féliciter chaque année du retour de ses bolides préférés, perdu dans ses rêves et son endoctrinement occidentaux, en bon pigeon de la société de consommation…

il n’y a guère que le Français moyen pour s’intéresser ardemment à la course

Le but n’est pas de critiquer ouvertement les évènements qui participent à la culture populaire. Pour ne prendre qu’un exemple, le Tour de France permet chaque année à des millions de Français de se retrouver dans un moment de convivialité, autour de la course (sans rentrer dans les clichés). La différence avec le Dakar, c’est, il me semble, qu’il apporte plus d’éléments positifs que négatifs au pays. Chaque année, combien de personnes attendent la Grande Boucle avec impatience ? Le chiffre est incomparable avec l’attente que suscite le Dakar. Et ce n’est pas le Tour de France qui va venir détruire des paysages ou causer 10 morts lors d’une édition. Tout n’est pas parfait, comme dans chaque évènement, mais l’aspect positif est indéniable. Au contraire, le Dakar ne permet qu’à l’insupportable Gérard Holtz et à ses amis de s’émerveiller devant ce spectacle pitoyable, de remercier les hélicoptères, les organisateurs, etc. Il est facile pour ces gens de s’émouvoir et de présenter leurs condoléances aux familles des victimes de la course ; mais quand il s’agit de la remettre en question, ce qui serait la moindre des choses, il n’y a plus personne. Le Dakar fait vendre (de moins en moins, certes, mais il paraît toujours rentable pour France Télévision), alors tout doit être mis en œuvre pour le conserver. Logique commerciale implacable, mais tellement déplorable…

Finalement, il convient à chacun de séparer la contestation du Dakar d’une idée qui serait propre aux écolos irresponsables. Car se raccrocher à ce préjugé, c’est promouvoir le Dakar. Arrêtons simplement de croquer à pleines dents dans ce que la « télé-poubelle » nous offre. Le Dakar a été annulé en 2008 et délocalisé pour les années suivantes, comme un signe par lequel l’Afrique faisait signe au rallye qu’elle ne voulait plus de lui… Ce qui aurait dû servir de leçon à ses organisateurs n’a fait que retarder l’échéance de son arrêt définitif et continuera de faire la joie d’une minorité, au détriment de tant de personnes. Ouvrons les yeux sur cette catastrophe humaine inacceptable et condamnons-la le plus fermement, bien que nous soyons impuissants face à celle-ci.

Article publié dans Controverses – Benjamin Huet – Sciences Po Aix1




  1. L’opinion développée n’engage que son auteur et pas la rédaction []




7 commentaires

  1. Loïc dit :

    Je ne sais pas trop quoi dire par rapport à l’argument écologique, car ce n’est pas le Dakar qui est la cause du réchauffement climatique, si tant est que ce dernier soit bel et bien causé uniquement par l’activité humaine, et sa part de responsabilité est infime. 60 000 tonnes de CO2 représente 1h environ d’émission de ce gaz par l’Iran par exemple. (http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89missions_de_CO2#Rejets_par_pays si tu veux refaire le calcul)

    Ensuite pour le nombre de tués, lorsqu’un sport automobile est organisé dans de telles conditions, il est normal qu’il y ait des accidents. 53 morts en 32 ans, ce n’est pas tant que ça. D’autant que ce que dit l’article pour la mort de Sabine et Balavoine est faux. Le Dakar n’est pas la cause de la mort de ces derniers, la véritable cause est le manque de prudence et de patience de Thierry Sabine qui ne voulait pas attendre une nuit pour décoller avec son hélicoptère alors qu’une tempête de sable et la nuit approchait.

    Arrêter le Dakar parce qu’il n’a plus de sens sportivement ou parce que c’est un sport qui n’intéresse plus, d’accord. L’arrêter parce qu’il est potentiellement responsable de la mort de 53 personnes sur 32 ans et d’une émission de CO2 infime, c’est faire du politiquement correct avec des arguments fallacieux, ce qui revient au même.

  2. manszarek dit :

    « Et ce n’est pas le Tour de France qui va venir détruire des paysages ou causer 10 morts lors d’une édition.  »

    Le tour de France c’est aussi 160 voitures d’une caravane publicitaire pendant un mois, pour 450 participants au Paris Dakar.

  3. Benjamin dit :

    @Loïc

    Pour te répondre dans l’ordre :

    – Ton 1er paragraphe : où as-tu vu que je dénonçais le Dakar comme « la cause du réchauffement climatique » ? Evidemment que « sa part de responsabilité est infime », j’ai fait des recherches pour comparer avec d’autres évènements. Simplement mon but est de dénoncer le Dakar, donc je ne vais pas dire « bon, le Dakar pollue un peu, mais ça représente rien, donc on s’en fiche, on peut laisser faire ». Certes, 42000 tonnes de CO2, c’est peu, mais c’est déjà trop. Je précise bien « commençons par nous attaquer à ce qui est également nuisible, mais INUTILE, et qui ne coûterait donc rien à être supprimé » –> oui, l’Iran pollue en 1h autant qu’une édition du Dakar. Mais supprimer le Dakar, cela revient au même que raser l’Iran de la carte ?
    Au delà du fait que ça ferait plaisir à bon nombre de dirigeants occidentaux, c’est, à l’évidence, incomparable avec la suppression de cette connerie qu’est le Dakar.
    Quand tu tries tes déchets (j’espère que tu le fais, sinon ce n’est qu’un exemple parmi d’autres), tu le fais pourquoi ? Parce que si tu ne tries pas, tu représentes à toi seul « la cause du réchauffement climatique » ? Non, tu le fais parce que ça ne coûte rien et que ça ne peut être que bénéfique pour la planète. Supprimer le Dakar, c’est pareil.

    – Ton 2e paragraphe : « lorsqu’un sport automobile est organisé dans de telles conditions, il est normal qu’il y ait des accidents » ? Donc on laisse faire, c’est normal qu’il y ait des morts, comme c’est la discipline qui le veut, ça ne pose pas de problème. Je rêve… Pourquoi ne pas autoriser les combats à mort ou duels dans ce cas ? Ca causerait des morts, mais bon, comme c’est le but, ça ne devrait gêner personne… Et puis 53 morts c’est rien, c’est vrai.
    Mais encore une fois, je te renvoie à la phrase que je t’ai citée pour répondre à ton 1er paragraphe ! Ce sont 53 morts pour rien ! 53 morts qui ne seraient jamais arrivées sans cet évènement.
    Et l’argument des morts de Balavoine et Sabine est risible au possible… Ce n’est pas pendant le Dakar, dans ce contexte, qu’ils ont manqué de patience ? Ils ne participaient pas à la course alors évidemment leur mort n’a rien à voir avec celle-ci… Donc si je suis ton raisonnement, si Ingrid Betancourt s’est faite enlever par les FARC, ça n’a rien avoir eux, c’est juste parce qu’elle a manqué de prudence le jour où elle a fait la connerie d’aller là où on lui avait dit de ne pas aller ?
    Et puis les autres morts ne sont pas causées par le Dakar non plus si je t’écoute, si on a une sortie de route, ça n’a rien à voir avec l’épreuve, c’est uniquement dû au manque de maîtrise du véhicule par le concurrent ?
    Soyons sérieux… toutes les morts survenues sur le Dakar peuvent trouver au moins une cause qui n’est qu’indirectement liée à l’épreuve et que tu peux donc t’amuser à définir comme totalement séparée de celle-ci… Reste qu’au final, c’est bien à cause de l’existence du Dakar qu’elles sont arrivées. Si le Dakar n’avait pas existé, Sabine et Balavoine auraient au moins vécu un jour de plus. CQFD.

    Que mes arguments soient instrumentalisés, tu peux le dire. Oui, je me sers de chiffres qui, en soi, ne sont pas énormes, et je les grandis par mon argumentation. Parce que mon seul but c’est de montrer à quel point cet évènement est nuisible et inutile.
    Dire qu’ils sont fallacieux, je ne peux pas être d’accord.
    Tu peux m’accuser d’être démago mais certainement pas politiquement correct (ou alors notre définition du politiquement correct n’est pas vraiment la même).

    @ manszarek
    Si tu veux jouer à ça… Le Tour de France est diffusé dans 180 pays. Le Dakar ? Combien d’heures de direct pour chacune des 2 épreuves ?

    • Loïc dit :

      Je trie pas mes déchets. Pour la mort de Sabine et Balavoine, ton argument est d’une stupidité sans nom. Certes ils sont morts dans le désert, pendant le Dakar mais pas à cause du Dakar, faut arrêter de dire n’importe quoi.

      En quoi une course automobile peut causer un crash d’hélicoptère ? Je maintiens que s’il avait été plus prudent et plus patient, il ne serait pas mort. Ses amis et les experts l’ont d’ailleurs confirmé. Mais apparemment tu préfères éviter le bon sens et utiliser des arguments risibles, puis les justifier d’une manière encore plus risible. Après tout IEPmag peut faire dans l’humour sauf que tu es sérieux, et c’est le pire. Bien plus pire que de jeter dans la même poubelle une bouteille en verre et une feuille de papier. Mais cette manie de jeter la faute sur une entité et pas sur une personne est une des caractéristiques les plus visibles et les plus irritantes de personnes comme toi. Il faut savoir reconnaître la responsabilité individuelle, qui dans ce cas s’applique pleinement. Si Sabine était parti en pleine journée avec un beau temps, il ne serait pas mort.

      Et puis pour Betancourt, dont je suis admiratif pour son esprit de soutien, son aide aux autres otages des FARC durant sa captivité (rappelons qu’elle a volé de la nourriture, des livres, non pas aux FARC, mais aux autres otages), effectivement si elle ne s’était pas risquée à aller dans des zones où les FARC sont maîtres, de l’aveu même de la police et de l’armée, alors elle n’aurait peut-être pas été enlevée. Fort heureusement ce fut le cas, et la France a pu découvrir son vrai visage.

      • Benjamin dit :

        Ben voyons… tu iras voir cette vidéo : http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/CAB86001296/l-accident-helicoptere-sabine.fr.html. C’est sûr que quand on voit ça on se dit qu’il n’y a vraiment aucun lien entre l’accident d’hélico et la course en elle-même… Je ne cherche plus à te démontrer quoi que ce soit, j’ai compris que tu étais trop borné. J’écris juste ça pour les lecteurs qui pourraient pencher vers ton opinion afin qu’ils comprennent qu’elle n’est pas vraie.
        Tu emploies beaucoup de « si ». Personnellement je n’en retiendrais qu’un seul : si la course n’avait pas existé.
        Et tu devrais savoir que ce n’est pas en répétant à quelqu’un que c’est un con qu’on lui montre que c’est un con. C’est ce que tu essayes de faire avec moi et les attaques personnelles ne font qu’augmenter la faiblesse de ton argumentation. Explique-moi donc pourquoi mes arguments sont « risibles » au lieu de le répéter. Je suis curieux de savoir.
        J’aimerais savoir aussi qu’est-ce qu’une « personne comme moi » ? Evidemment que dans ton exemple il y a une responsabilité individuelle énorme, qui pourrait le nier ? Reste que la base de l’accident c’est bien le Dakar, ce n’est pas une coïncidence qu’il ait eu lieu à quelques kilomètres de l’épreuve, loin de là.

        Quant à l’exemple de Betancourt, si tu crois que je vais la défendre bec et ongles, tu te trompes complètement. Je suis bien le premier à condamner son attitude, avant, pendant et après son enlèvement, crois-moi. Et je déteste par dessus tout la compassion ambiante des Français qui ne connaissent absolument rien de l’histoire et de la personne. Je préfère largement la réaction des colombiens vis à vis d’elle, notamment à la parution de son livre.
        Mais ce n’est pas le sujet. Je parlais uniquement des causes de l’enlèvement. Certes il faut savoir s’adapter aux conditions et à l’environnement, mais quand on peut modifier celui-ci, cela permet d’éviter cette adaptation (c’est pour cela qu’il faut s’attaquer aux FARC, de la même manière (façon de parler) qu’il faut s’attaquer au Dakar).

        Et je ne comprends pas pourquoi tu cherches à démonter ce que je dis. Une histoire d’amour personnelle avec le Dakar peut-être ?

        • Loïc dit :

          Je m’amuse à démonter ce que tu dis pour reprendre tes mots, parce que soit ton propos est faux soit tes arguments sont fallacieux.

          Pourquoi faut-il parler d’enfants morts, d’écologie pour décridibliser et vouloir mettre sur l’échafaud une épreuve sportive alors qu’il suffit de dire que l’intérêt pour la discipline ne cesse de chuter. Or le principal intérêt du sport, outre le dépassement de soi, c’est de galvaniser les foules autour d’une passion. C’est principalement l’argumentaire « enfants morts/écologie » que je n’aime pas.

          Tu ne sais pas dans quelles conditions ils sont décédés, s’il y avait des règles de sécurité en place ou non.. Thierry Sabine parle des premiers accidents sur le Dakar dû à l’alcoolisme. Et pour reprendre ton argumentaire, vu que par exemple Marc-Vivien Foé est mort sur un terrain de foot, que 15% des joueurs de football américain sont dépendants aux produits anti-douleurs, que Tom Simpson est mort sur les pentes du Mont Ventoux, faut-il là aussi interdire le football et le sport en général ?

          • Benjamin dit :

            Eh bien non il ne faut pas interdire le football et le sport en général, parce que certes il y a des drames, comme partout, mais l’impact est énorme à côté, donc personne ne se risque à imaginer ce qu’engendrerait la suppression de ces sports.
            Supprimer le Dakar, c’est supprimer un évènement inutile. Qu’est-ce que je me mets à rêver quand je vois les concurrents annoncer la fin du rallye en 1986…

            J’ai utilisé d’autres arguments que celui du prétendu désengouement pour le Dakar parce que malheureusement ce désengouement n’est pas si effectif que ça. Cette année par exemple, le nombre de gens qui ont suivi l’épreuve a augmenté, il y avait plus d’un million de personnes au départ à Buenos Aires. De même les audiences sur Fr4 ont été très bonnes. Utiliser cet argument aurait été en l’occurrence fallacieux, et il y aurait eu à coup sûr quelqu’un pour me préciser ces chiffres.


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