L’Union Européenne est-elle machiste ?

La député européenne italienne Licia Ronzulli au Parlement Européen

Les femmes représentent 51% de la population de l’Union européenne mais elles sont loin de s’imposer dans les postes à responsabilité tant au niveau politique qu’économique.
Le mythe d’un couple franco-allemand dirigé par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel nous ferait presque penser que les femmes tout comme les hommes ont un pouvoir décisionnel fort. Mais loin s’en faut, on n’en n’est pas encore là. Et pourtant, un “principe d’égalité” existe bel et bien dans la majorité des traités constitutifs de l’Union européenne depuis le Traité de Rome en 1957 jusqu’au Traité de Lisbonne en 2009 à travers la notion d’initiative citoyenne démocratique. A l’heure actuelle, seulement quatre femmes sont chefs de gouvernements sur les 27 pays de l’Union Européenne. Il s’agit d’Angela Merkel en Allemagne, d’Iveta Radicova en Slovaquie, de Mari Kiviniemi en Finlande et de Helle Thoring-Schmidt qui cumule le poste de Premier Ministre du Danemark avec, actuellement, le poste de Président du Conseil de l’Union européenne.

 

Des hommes, des hommes, des hommes!


Les principales institutions de l’Union européenne sont en majeure partie présidées par des hommes:

Seules deux têtes féminines sortent du lot : Catherine Asthon, au poste de Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ainsi que Helle Thoring-Schmidt qui assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. 

Un principe d’égalité qui « flotte » de traités en traités
Si le principe d’égalité entre les hommes et les femmes est évoqué depuis le Traité de Rome de 1957, il faut néanmoins attendre le début des années 80 pour que les choses bougent enfin un peu. En effet, à la fin des années 1980 s’est tenu un séminaire sur la démocratie paritaire à l’initiative du Conseil de l’Europe. Ensuite, en 1992 a lieu le premier sommet européen intitulé « Femmes au pouvoir ». Il fut un succès en adoptant une Charte qui dispose que “la démocratie impose la parité dans la représentation et l’administration des nations”. Et en 2011, on en est où exactement ?

A la fin des années 1990,  c’est au tour du Traité d’Amsterdam de prôner de nouveau le principe d’égalité entre les hommes et les femmes. Enfin, de nos jours, le Traité de Lisbonne propose une « initiative citoyenne démocratique » qui est sensée faire avancer les choses en faveur de l’égalité.

Des avancées mais un bilan toujours mitigé
Chaque année, la Commission européenne fait un état des lieux sur l’égalité entre les hommes et les femmes. Depuis 1975, quatorze directives ont été adoptées par l’Union européenne à ce sujet. Mais dans la sphère politique, les femmes restent malheureusement sous-représentées:

 

De plus, l’écart économique est toujours grand entre citoyens et citoyennes de l’Union européenne:

  • Le taux d’emploi moyen des femmes est d’environ 63 % contre 76 % pour les hommes. La stratégie «Europe 2020 » veut d’ailleurs ramener le taux d’emploi des femmes à égalité avec celui des hommes.
  • Le temps de travail : les femmes travaillent davantage à temps partiel que les hommes.
  • L’inégalité salariale persiste : les femmes gagnent en moyenne 17,1 % de moins que les hommes par heure de travail prestée.

Finalement, les femmes en Europe sont encore minoritaires dans  les postes à responsabilité et l’Union européenne est donc bien loin d’avoir un visage féminin. Le combat pour la parité est un enjeu réel, démocratique et social. Si nous voulons que l’Europe soit un modèle démocratique reconnu à travers le monde, alors nous devons faire en sorte que le principe d’égalité entre les hommes et les femmes ne soit pas superflu. Et au-delà de la volonté politique affublée des politiques de discrimination positive, c’est avant tout la mentalité qui est en cause.

Pauline A. 3A Sciences Po Strasbourg – Au Café de l’Europe.




1 commentaire

  1. Blueglasnost dit :

    « Le combat pour la parité est un enjeu réel, démocratique et social. »

    Non. C’est un combat pour l’imposition de quotas arbitraires dont le premier effet est de déconsidérer les femmes en faisant d’elles des numéros sur un tableau. Et puis si nous faisons cela pour les genres, pourquoi pas pour les minorités ethniques, pour différentes orientations sexuelles, différentes religions, différentes couleurs de chaussettes ? Cela devient très vite absurde (et pourquoi les quotas devraient-ils concerner les sexes plus que les religions, par exemple ? Arbitraire et inutile, bref, étatique). Que l’on laisse les meilleurs (ou, plus probablement, les moins mauvais) se faire élire.

    « L’Union Européenne est-elle machiste ? »

    C’est qui l’Union européenne ? Tu l’as déjà rencontrée ? Elle a un avis ? Personnaliser une institution est déjà une mauvaise idée, alors en personnaliser une qui n’est au mieux qu’un magma incompréhensible, résultat d’un grand cafouillage de nos clowns à roulettes au pouvoir, c’est encore pire…


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