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	<description>Journal étudiant de tous les Sciences Po</description>
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		<title>De Rouille et d&#8217;os : Cannes désavoue le grand favori</title>
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		<pubDate>Thu, 31 May 2012 08:55:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160;         Dimanche 27 Mai s’est clôturée la 65ème édition du festival de Cannes. Une étudiante de Sciences Po Rennes revient sur De rouille et d’os qui pourtant fort d’excellentes critiques et d’un excellent démarrage avec plus de 650 000 entrées la première semaine n’a su décrocher la palme. Retour sur une histoire poignante et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<div></div>
<p><a href="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/05/iepmag.jpg"><img class="aligncenter" src="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/05/iepmag.jpg" alt="iepmag De Rouille et dos : Cannes désavoue le grand favori" width="550" height="350" title="De Rouille et dos : Cannes désavoue le grand favori" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>        Dimanche 27 Mai s’est clôturée la 65ème édition du festival de Cannes. Une étudiante de Sciences Po Rennes revient sur De rouille et d’os qui pourtant fort d’excellentes critiques et d’un excellent démarrage avec plus de 650 000 entrées la première semaine n’a su décrocher la palme. Retour sur une histoire poignante et un amour improbable. [ATTENTION : cet article dévoile les moments clés de l'intrigue]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>        </em>Le dernier film de Jacques Audiard, sorti le 17 mai, pourtant considéré comme favori dans la compétition pour la Palme d’Or, crée la surprise en revenant bredouille du 65ème festival de Cannes. Il faut dire que De Rouille et d’os avait tout pour remporter la Palme d’Or : des acteurs hors pair, Marion Cotillard et Mathias Shoenaerts époustouflants dans le film ainsi qu’un scénario poignant face auquel le public peine à ressortir intact. Même si Jacques Audiard a une fois de plus sorti le grand jeu cinématographique, le vent a fini par tourner en sa défaveur, le jury semblant vouloir désavouer les mauvaises langues qui prétendaient déjà connaître le nom du film récompensé.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>        </em>De rouille et d’os, avant d’être l’heureux perdant de l’édition 2012 du Festival de Cannes, star du box-office oblige, c’est surtout l’histoire de la rencontre d’Ali (Mathias Shoenaerts) et Stéphanie (Marion Cotillard), personnages attachants, en tout point opposés mais que le hasard d’une soirée en boîte de nuit va rassembler. En effet, Ali, ce jeune père fauché et désorienté, et Stéphanie, la talentueuse dresseuse d’orques, n’ont a priori rien en commun jusqu’à l’amputation de cette dernière : la misère de la vie devient pour eux un point de convergence. Videur récemment embauché dans une boîte de nuit, il lui laisse son numéro de portable après l’avoir raccompagnée chez elle lors d’une soirée arrosée. Elle n’en avait pas eu l’utilité jusqu’à ce qu’il devienne la première personne qu’elle décide d’appeler, après l’accident de travail au cours duquel elle a perdu ses deux jambes. Les yeux hagards, elle est au bord de la dépression de retour chez elle après son hospitalisation. Rien de plus brutal qu’un réveil dans une chambre d’hôpital avec deux jambes en moins, elle semble perdre goût à la vie : les visites se succèdent à l’hôpital, elle semble à peine écouter, son esprit est ailleurs, il tente d’échapper à la réalité dans laquelle elle est désormais engluée.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Tellement habitué aux misères de la vie, il ne semble même pas éprouver une once de pitié lorsqu’il découvre celle qu’il avait ramenée ensanglantée jusqu’à chez elle.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Elle ne l’avait vu qu’une fois auparavant, il l’avait même traitée de pute avec sa robe de soirée moulante, et pourtant c’est à lui qu’elle pense lorsqu’elle se retrouve seule, elle et son fauteuil roulant, dans son appartement. Il est tellement habitué aux misères de la vie, qu’il ne semble même pas éprouver une once de pitié lorsqu’il découvre celle qu’il avait ramenée ensanglantée jusqu’à chez elle. La vie est surtout faite de malheurs, à chacun les siens, aurait pu dire Ali. Lui, il vient de récupérer Sam, son fils de cinq ans, alors qu’il ne parvient à peine à s’occuper de lui-même sans boulot fixe. Il descend à Antibes habiter chez sa sœur et son mari, avec qui il avait apparemment perdu contact, déboussolé face au nouveau rôle de père qui l’attend. Grâce à son goût prononcé pour les sports de combat, il devient veilleur de nuit. Alors que la vie ne l’a pas gâté, il décide de redonner goût à celle de Stéphanie, enfermée dans son appartement où la lumière du jour est filtrée par des rideaux tirés. D’abord soucieuse du regard des gens, elle effectue sa première sortie hors de chez elle grâce à des lunettes de soleil. Puis, elle le regarde avec envie se baigner dans la mer, elle qui vivait tous les jours à son contact avant son accident. L’envie sera plus forte que la honte et elle finira par demander à Ali de la porter jusqu’à l’eau, pour se baigner à son tour. Leur histoire qui ne prend au début que la forme d’une entraide mutuelle face aux galères de la vie, se transforme progressivement en histoire d’amour non déclarée. Elle, jalouse face à ses frasques nocturnes, et lui, incapable d’interpréter les sentiments qu’elle éprouve pour lui. Quand elle lui avoue qu’elle a peur de ne plus savoir comment fonctionne son corps de femme après son accident, il est « opé » pour lui réapprendre à faire l’amour sans ses deux jambes. Elle découvre alors de nouvelles sensations auxquelles elle prend goût, elle en redemande, elle tombe amoureuse. Lui, de son côté, prend soin d’elle, la porte pour aller aux toilettes car elle a honte de se traîner par terre. Il accepte qu’elle assiste à ses combats de boxe organisés illégalement auxquels il participe pour gagner de l’argent et aider sa sœur qui l’héberge. Il l’amène en boîte de nuit avec elle mais repart avec une autre fille, sans se rendre compte du regard envieux de Stéphanie qui aimerait être à la place de l’inconnue avec qui il va passer la nuit.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>        </em>Jacques Audiard met en scène une histoire d’amour improbable, qui n’aurait sans doute jamais existé sans l’amputation de Stéphanie. En effet, Stéphanie se sert du numéro laissé par Ali après leur première rencontre, seulement après son accident. Elle est rassasiée de la pitié des gens de son entourage et trouve en Ali un regard revigorant : celui de l’indifférence face à la perte de ses deux jambes. Seule sur sa terrasse, assise sur son fauteuil roulant face au soleil, avec <em>Firework</em> de Katy Perry en fond « <em>Do you ever feel like a plastic bag, drifting through the wind wanting to start again?</em> »,  Stéphanie reprend la chorégraphie sur laquelle elle faisait virevolter les orques. Le refrain de la chanson « <em>Allez, montre-leur ce que tu vaux</em> » et son sourire aux lèvres attestent de sa volonté de s’en sortir, de ne pas se laisser abattre par le sort qui s’est acharné contre elle. Elle retrouve donc progressivement goût à la vie avec l’appui d’Ali, elle parvient même à retourner sur son ancien lieu de travail, au parc aquatique, là où elle a laissé ses deux jambes. Malgré ce drame de la vie, la rancœur qu’elle aurait pu avoir s’est évanouie, son attachement pour ses compagnons de travail est toujours intact : elle reprend même la chorégraphie avec un orque à travers une vitre au sous-sol des bassins aquatiques. L’orque reconnaît ses gestes familiers et la suit dans sa chorégraphie, qu’elle effectue debout, soutenue par ses prothèses. Elle fait même peau neuve grâce à deux tatouages « Gauche » et « Droite », un sur chaque cuisse, et n’hésite plus à découvrir ses fausses jambes à la vue de tous. Sa détermination et sa sérénité retrouvée l’amènent même à remplacer l’entremetteur d’Ali dans l’organisation des combats clandestins. C’est désormais elle qui prend les paris dans ce monde masculin et très viril qu’est la boxe. Elle semble s’épanouir dans sa nouvelle vie, preuve s’il en faut avec sa présentation à la sœur et au fils d’Ali.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>        </em>Cette joie de vivre prend cependant brutalement fin quand Ali se fait virer de chez sa sœur et son mari, après s’être rendu responsable de son licenciement. Il n’a nulle part où aller et décide instinctivement de fuir en laissant derrière lui, Sam et Stéphanie. Le spectateur finit par comprendre qu’il a rejoint une équipe professionnelle de boxe, seul domaine où il se sent roi. Il semble ne plus donner de nouvelles à Stéphanie, préoccupé par ses compétitions, désormais officielles, de boxe. Pourtant, alors que c’est à son tour de devoir faire face à un drame à la fin du film, il est incapable de contenir ses pleurs au téléphone avec elle. Il se dévoile enfin, le drame final ayant mis à nu ses sentiments. Les rôles s’inversent : bouleversé, il la supplie de rester au téléphone avec lui, il a besoin d’elle tout comme elle a eu besoin de lui après son drame à elle.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>        </em>Ainsi soit-il, De rouille et d’os est donc un film d’espoir face aux malheurs de la vie. Le message d’Audiard est explicite : si Ali et Stéphanie, deux êtres tourmentés, aux parcours semés d’embûches, sont parvenus à surmonter ensemble des événements traumatisants, à chacun de savoir ce qui lui reste à faire face à l’imprévisibilité de la vie.</p>
<p style="text-align: right;">Maïwenn Bordron – 2A à Sciences Po Rennes</p>
<br><b>Mots clés:</b><br><a href="http://www.iepmag.com/2012/05/31/de-rouille-et-dos-cannes-desavoue-le-grand-favori-2/" title="de rouille et dos tatouages">de rouille et dos tatouages</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/05/31/de-rouille-et-dos-cannes-desavoue-le-grand-favori-2/" title="explication de rouilles et dos">explication de rouilles et dos</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/05/31/de-rouille-et-dos-cannes-desavoue-le-grand-favori-2/" title="hopital rennes">hopital rennes</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/05/31/de-rouille-et-dos-cannes-desavoue-le-grand-favori-2/" title="recompense festival canne rouille et os">recompense festival canne rouille et os</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/05/31/de-rouille-et-dos-cannes-desavoue-le-grand-favori-2/" title="sciences po rennes">sciences po rennes</a><div id="seo_alrp_related"><h2>Voir aussi :</h2><ul><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2011/11/15/cinemas-et-revolutions/" rel="bookmark">Cinémas et Révolutions</a></h3><p>Le cinéma peut-il être un signe avant-coureur d’une révolution politique ? On peut dire en tous cas que le cinéma révèle l’état de maturité d’une ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2012/01/16/l%e2%80%99observatoire-des-series-2011-2012-part-two/" rel="bookmark">L’observatoire des séries : 2011 &#8211; 2012 Part Two</a></h3><p>Précédemment dans l’Observatoire des Séries, vous aviez pu profiter de quelques merveilleuses descriptions des nouvelles séries qui allaient compter à la rentrée de septembre, ainsi ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2011/04/26/la-dialectique-hegelienne-du-sarkozy-et-du-fillon/" rel="bookmark">La dialectique hégélienne du Sarkozy et du Fillon</a></h3><p>Au delà d'une querelle d'hommes et plus qu'une lutte idéologique, l'affrontement Sarkozy/Fillon révolutionne le rapport de force traditionnel de la Vème République et pourrait bien ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2011/11/13/edito-le-desenchantement-du-monde-deuxieme-round/" rel="bookmark">[Edito] Le désenchantement du monde : deuxième round.</a></h3><p>Troubles financiers, budgétaires et institutionnels. La crise économique et politique durable que connait les pays occidentaux serait-elle en train de provoquer le deuxième grand désenchantement de l'histoire ...</p></div></li></ul></div>]]></content:encoded>
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		<title>Parité et ensuite ?</title>
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		<pubDate>Wed, 23 May 2012 14:38:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce 16 Mai dernier, l’annonce de la composition du nouveau gouvernement nous a appris d’une part qu’il serait totalement paritaire, et d’autre part la formation d’un Ministère du droit des femmes, mené par la porte-parole de campagne de François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem. C’est pendant cette même campagne présidentielle, lors d’une soirée organisée le 2 mars [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/05/1703303_3_301f_la-photo-de-famille-du-gouvernement-ayrault_361ede6176100ea7d235ea9381e22403.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2241" title="Parité et ensuite ?" src="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/05/1703303_3_301f_la-photo-de-famille-du-gouvernement-ayrault_361ede6176100ea7d235ea9381e22403.jpg" alt="1703303 3 301f la photo de famille du gouvernement ayrault 361ede6176100ea7d235ea9381e22403 Parité et ensuite ?" width="540" height="270" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Ce 16 Mai dernier, l’annonce de la composition du nouveau gouvernement nous a appris d’une part qu’il serait totalement paritaire, et d’autre part la formation d’un Ministère du droit des femmes, mené par la porte-parole de campagne de François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">C’est pendant cette même campagne présidentielle, lors d’une soirée organisée le 2 mars par les associations féministes pour discuter des propositions des différents candidats, que François Hollande avait promis la création d’un tel ministère, de même que la parité au sein du gouvernement. Il y avait toutefois fait <a href="http://leplus.nouvelobs.com/contribution/350821-egalite-hommes-femmes-les-feministes-ont-ete-trahies-par-francois-hollande.html">grincer quelques dents</a> en affirmant que la parité qu’il promettait ”ne [voulait] pas dire que les responsabilités seraient les mêmes”. Beaucoup y avaient vu une annonce du classique plafond de verre que rencontrent les femmes, y compris (et peut-être même particulièrement) en politique : elles ont certes de plus en plus accès à des postes politiques, mais restent cantonnées à des postes subalternes. Par exemple, la loi sur la parité du 6 juin 2000 qui oblige les candidats au poste de conseiller régional à se présenter avec un suppléant de sexe opposé est à l’origine d’une plaisanterie répandue dans les milieux féministes :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Quel est le féminin de Président de région ? … Suppléante.</em></p>
<p style="text-align: justify;">En effet, si, comme de nombreux médias l’ont souligné, la parité est rigoureusement respectée (9 femmes sur 18 ministres et 8 femmes sur 16 ministres délégués), seule Christiane Taubira hérite d’un portefeuille régalien.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutefois, la lois sur la parité de 2000 a été critiquée notamment parce qu’elle impose un fort renouvellement de la classe politique (si la moitié des élus doivent être des femmes, les hommes se trouvent enrôlés dans un jeu de chaises musicales pour les postes disponibles restants, dont le nombre se réduit considérablement, et brusquement), au risque de favoriser un personnel politique, forcément, moins expérimenté.</p>
<p style="text-align: justify;">Difficile de ne pas faire le parallèle avec le débat provoqué autour du Festival de Cannes par <a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/11/a-cannes-les-femmes-montrent-leurs-bobines-les-hommes-leurs-films_1699989_3232.html">la tribune</a>de Virgines Despentes, Fanny Cottençon et Coline Serreau contre l’absence de réalisatrice parmi les films sélectionnés, à laquelle <a href="http://blogs.lesinrocks.com/kaganski/2012/05/15/le-feminisme-est-parfois-lavenir-de-la-betise/">Sege Kahanski a répondu</a> en affirmant que la qualité des œuvres présentées devait être la seule variable prise en compte, et qu’il fallait seulement déduire de l’absence de réalisatrice qu’il n’y en avait eu aucune de talentueuse cette année. La polémique raisonne <a href="http://www.slate.fr/story/56351/realisatrices-hollywood-femmes-cinema-cannes-sexisme">aux Etats-Unis</a>, où plus d’un millier de femmes ont signé la pétition… Et n’en finit pas, si l’on en juge à la réaction de Nelly Kaprélian, Anne Laffeter et Géraldine Sarratia dans <a href="http://cannes2012.lesinrocks.com/2012/05/22/non-les-feministes-ne-sont-pas-des-debiles/">les Inrocks</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que certains dénoncent une obsession des féministes pour une égalité numéraire qui ne serait pas pertinente, il est délicat de s’accorder sur le degré d’exigence de parité à formuler: à partir de quelle proportion peut-on estimer que les femmes ne sont pas sous-représentées, ou plutôt, à partir de quel moment doit-on considérer que les mesures anti-discriminatoires qui ont été prises <a href="http://www.egalite-infos.fr/2012/05/18/parite-au-gouvernement-promesse-tenue-mais/">sont satisfaisantes</a>?</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, les débats autour de <a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/parite-fausse-bonne-idee-dessert-cause-femmes-eric-deschavanne-364120.html">la valeur de la parité en politique</a>, y compris parmi <a href="http://leplus.nouvelobs.com/contribution/554724-hollande-et-la-parite-du-gouvernement-ayrault-un-debut-prometteur.html">ses partisans</a>, ne sont pas près de s’arrêter. Il faut cependant reconnaître que la composition paritaire du gouvernement a fait l’objet d’un relatif consensus.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Johanna A. &#8211; Sciences Po Strasbourg</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Aux urnes, patriotes !</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Apr 2012 20:48:56 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[  Il ne reste plus que deux candidats en lice et l&#8217;heure du choix va bientôt sonner. Pour ceux qui n&#8217;ont voté ni pour Nicolas Sarkozy ni pour François Hollande, il s&#8217;agit maintenant de peser le pour et le contre afin de se positionner. Pour un étudiant de Sciences Po Rennes, déjà publié ici, c&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: justify;"> <a href="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/photo_1334939076620-8-0_zoom.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2231" title="Aux urnes, patriotes !" src="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/photo_1334939076620-8-0_zoom.jpg" alt="photo 1334939076620 8 0 zoom Aux urnes, patriotes !" width="512" height="327" /></a></h3>
<div id="post-body-4668804381436663702">
<p style="text-align: justify;"><em>Il ne reste plus que deux candidats en lice et l&#8217;heure du choix va bientôt sonner. Pour ceux qui n&#8217;ont voté ni pour Nicolas Sarkozy ni pour François Hollande, il s&#8217;agit maintenant de peser le pour et le contre afin de se positionner. Pour un étudiant de Sciences Po Rennes, déjà publié <a title="Non, Monsieur Descoings n’était pas un visionnaire" href="http://www.iepmag.com/2012/04/13/non-monsieur-descoings-netait-pas-un-visionnaire/">ici</a>, c&#8217;est tout vu : pour un patriote, ce sera le Président sortant plutôt que le candidat socialiste.</em></p>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></div>
<div style="text-align: justify;">Notre mode de scrutin à deux tours a ceci d&#8217;excellent qu&#8217;il pousse une majorité de citoyens à se prononcer en faveur de l&#8217;un des dix impétrants. Grâce à ce système, l&#8217;heureux élu prend ses quartiers à l&#8217;Élysée fort du soutien majoritaire de la Nation et peut ainsi mettre en œuvre une politique digne de notre pays, c&#8217;est-à-dire dénuée de tout atermoiement. Car en France on ne se satisfait pas des compromis mollassons. On veut du nerf, de l&#8217;audace et un cap ferme, suivi contre vents et marées — surtout contre vents et marées, car à vaincre sans péril on triomphe sans gloire. Ici où sommeille dans les esprits l&#8217;orgueil de Bonaparte, « on n&#8217;admire que l&#8217;impossible ».</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></div>
<div style="text-align: justify;">Cependant, les Français sont presque aussi divisés que leur République est, elle, une et centralisée. Il n&#8217;aura échappé à personne que le premier tour cette élection présidentielle a qualifié Messieurs Hollande, candidat socialiste, et Sarkozy, Président sortant, pour l&#8217;ultime duel du scrutin. Patriote, soucieux du destin commun, j&#8217;entends bien évidemment peser de tout mon poids dans ce choix, quand bien même ne pourrais-je plus soutenir mon candidat de prédilection, le valeureux Nicolas Dupont-Aignan. C&#8217;est pourquoi je me plierai à un vieil adage de la Ve République — au premier tour on choisit, au second on élimine —, en votant le 6 mai prochain pour Nicolas Sarkozy.</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></div>
<div style="text-align: justify;">Dans l&#8217;isoloir, quand il s&#8217;agira d&#8217;éliminer un candidat, ma main ne tremblera pas en écartant le bulletin socialiste. J&#8217;entends bien faire barrage à un parti dont la ligne politique s&#8217;est jusqu&#8217;à présent fondée sur le cynisme, le clientélisme et la « pensée-slogan ». Quelle meilleure illustration de ces turpitudes que les magnifiques études dont nous abreuve régulièrement le groupe de réflexion Terra Nova, la « fondation progressiste » qui découpe l&#8217;électorat comme on autopsierait une huître afin de déterminer quel produit politique vendre à telles et telles sub-catégories sociales. On va, allègre et généreux, choyer les syndicats, les enseignants, les magistrats, les bobos, les banlieues — et les IEP ? —, à grand renfort de promesses et autres flatteries peu ragoûtantes. Pour s&#8217;attirer la sympathie d&#8217;un maximum d&#8217;électeurs, on scande des slogans creux dès lors qu&#8217;ils sont « modernes », « progressistes », « citoyens » et autres poncifs dignes d&#8217;un discours d&#8217;Eva Joly. Se soucie-t-on  un seul instant des conséquences de ce que l&#8217;on professe ? Se souvient-on seulement que les idées ont des conséquences ?</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></div>
<div style="text-align: justify;">En chiffonnant le bulletin socialiste, je marquerai également mon rejet d&#8217;une politique que je crois profondément néfaste pour notre pays. Je passe sur l&#8217;impératif d&#8217;assainissement des finances publiques. Quand on entend tenir des engagements drastiques alors même que l&#8217;on en aggrave les causes — la soumission à l&#8217;idéologie libre-échangiste des institutions bruxelloises — ainsi que les effets — les dizaines de milliards de dépenses supplémentaires —, c&#8217;est que l&#8217;on verse au choix dans l&#8217;incompétence ou la duplicité. Qui paiera ? Quels impôts seront augmentés ? Quelles missions de l&#8217;État se verront saignées ? La Défense nationale ?</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></div>
<div style="text-align: justify;">Je pourrais, dans la foulée, évoquer la question européenne sur laquelle les socialistes sont particulièrement mal placés pour venir donner des leçons, ce parti ayant systématiquement capitulé en abandonnant le peu de consistance politique qu&#8217;il pouvait avoir au nom de la construction européenne, que ce soit en soutenant l&#8217;adoption des traités ou en les mettant directement en œuvre. Qui défendra demain la France et ses intérêts ? Se souviendra-t-on que c&#8217;est son peuple qui a donné mandat ?</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></div>
<div style="text-align: justify;">Sur le plan intérieur, ce sont les mêmes qui entendent, en dépit de leurs incantations, saper la République en protégeant les communautarismes et en détricotant l&#8217;œuvre de dix siècles, l&#8217;unité du territoire et de l&#8217;État. Les socialistes se posent moins de questions que cela ! Pour ce qui est de la décentralisation, les formules de Monsieur Le Drian font croire que c&#8217;est dans l&#8217;air du temps, quand bien même est-on bien incapable d&#8217;expliquer quel en est l&#8217;intérêt pour le citoyen. Savoir les régions gouvernées par le PS suffit probablement à justifier et souhaiter l&#8217;émergence de nouvelles baronnies locales. Accorder le droit de vote aux étrangers participe de cette même logique, à mi-chemin entre le slogan et l&#8217;intérêt électoraliste, fut-ce au prix de la destruction du lien entre nationalité et citoyenneté, fondement de notre démocratie. Allons-y gaiement, puisqu&#8217;il faut « changer » !</div>
<div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></div>
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<div style="text-align: justify;">L&#8217;homme est sympathique, dit-on. Voilà qui nous avance.</div>
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<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;">En refusant d&#8217;apporter mon suffrage à Monsieur Hollande, je signifierai enfin mon refus de le laisser accéder à la magistrature suprême sans rien faire. L&#8217;homme est sympathique, dit-on. Voilà qui nous avance. Tout au long de sa carrière politique, il s&#8217;est illustré à deux niveaux : comme élu local et comme responsable socialiste. Comme membre puis président du Conseil général de Corrèze, François Hollande présente un bilan peu reluisant : ces dernières années, le département a augmenté ses impôts, tout comme le nombre de ses agents, s&#8217;est dramatiquement endetté, a taillé dans ses investissements au profit des dépenses de fonctionnement, etc. Son bilan, bien que passé sous silence, se révèle bel et bien calamiteux. Qu&#8217;en sera-t-il de la France laissée à ses mains expertes ?</div>
<div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></div>
<div style="text-align: justify;">Plus médiatique, sa gestion du Parti socialiste s&#8217;avère peut-être plus révélatrice encore. Dix ans durant, Monsieur Hollande a été à la tête d&#8217;une formation politique qui fut la risée de la France entière. Au pouvoir le temps d&#8217;une législature, de 1997 à 2002, son bilan fut salué dans les urnes : les Français préférèrent voter pour un vieux borgne poujadiste considéré comme à moitié cinglé. Dieu merci, la conjoncture mondiale était alors favorable et le chômage en baisse : qu&#8217;est-ce que cela aurait été sinon ! L&#8217;a-t-on oublié ? Aurait-on la mémoire si courte ? Je passe aussi sur les affaires mafieuses qui agitent les principales fédérations socialistes ou sur les bourrages d&#8217;urnes survenus lors du congrès de Reims en 2008. Il paraît que c&#8217;est Nicolas Sarkozy le responsable de cette « République bananière ». Je passe enfin sur tous les mots doux dont fut affublé Monsieur Hollande par ses petits camarades, eux qui le connaissent bien. Je crois que c&#8217;est Laurent Fabius qui a su trouver les termes justes : « Franchement vous imaginez Hollande Président de la République ? On rêve ! » (Sud Ouest, avril 2011).</div>
<div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></div>
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<div style="text-align: justify;">En tant que gaulliste, je m&#8217;efforce d&#8217;écarter mes préférences partisanes</div>
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<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;">Devant ce triste tableau, quelle alternative nous reste-t-il ? Le choix se fera entre le candidat socialiste et le Président sortant, Nicolas Sarkozy, forte personnalité qui énerve beaucoup de nos compatriotes, suscitant un rejet d&#8217;autant plus fort qu&#8217;il a joué à l&#8217;excès de la triangulation politique et des clivages artificiels. Ces cinq dernières années, il a beaucoup déçu. Le fossé s&#8217;est creusé entre un discours de 2007 prometteur — et auquel je souscris toujours — et des actes parfois peu ambitieux et souvent brouillons. Je me reconnais dans ces nombreux électeurs qui lui avaient apporté leur suffrage dès le premier tour lors de la précédente élection sans pour autant récidiver cette fois-ci, refusant de lui donner un blanc-seing. Pourtant il nous faut bien choisir. En tant que gaulliste, je m&#8217;efforce d&#8217;écarter mes préférences partisanes, de style ou de personne, pour penser à la France. Aucun patriote digne de ce nom ne saurait orienter son vote en fonction de calculs hasardeux sur l&#8217;avenir de telle formation ou telle personnalité politiques. Cette soupe politicienne serait indigne car ce serait sacrifier la France sur l&#8217;autel des intérêts de clan. Je m&#8217;y refuse.</div>
<div style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></div>
<div style="text-align: justify;">Du fait de sa famille politique, de ses idées et de son passif, je n&#8217;accorderai pas mon suffrage à François Hollande. Le 6 mai prochain, je me porterai sur Nicolas Sarkozy, sans enthousiasme béat, mais néanmoins sûr de mon choix. Volontarisme, fermeté ou encore énergie sont quelques unes des qualités que nous reconnaissons tous au Président sortant. Probablement ne sont-elles pas inutiles dans la conduite d&#8217;une grande puissance qui entend bien continuer à jouer un rôle sur la scène internationale. Très certainement marquent-elles une différence majeure avec le candidat socialiste. Mais bien plus important que cela, sur le fond de la politique proposée, l&#8217;alternative est claire, terriblement claire. Au projet démissionnaire — sur les finances publiques, l&#8217;Europe, la République — de Monsieur Hollande, j&#8217;oppose un espoir, celui de voir Nicolas Sarkozy renouer avec sa filiation politique gaulliste. S&#8217;il ne prendra vraisemblablement pas davantage demain qu&#8217;aujourd&#8217;hui la mesure du drame que vit notre pays — et qui justifie un certain nombre de ruptures, à commencer par le sabordage d&#8217;un euro qui nous asphyxie —, au moins peut-on espérer qu&#8217;il n&#8217;aggravera pas le mal. Sa volonté d&#8217;en finir avec la technocratie bruxelloise au profit d&#8217;un mode de coopération intergouvernemental y participe. Son souhait de s&#8217;attaquer à la Banque centrale européenne laisse peut-être même croire qu&#8217;il pourrait finalement s&#8217;intéresser à ce mal qui nous ronge, qui sait ?</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div><span style="color: #ffffff;">..</span></div>
<div style="text-align: justify;">Fidèle à mon vote de premier tour en faveur d&#8217;une France libre, c&#8217;est en ayant à l&#8217;esprit ces différents enjeux que j&#8217;irai, dans quinze jours, accomplir mon devoir citoyen. Oh, on ne fera pas de moi un militant convaincu de la cause sarkozyste, mais encore moins un complice passif de l&#8217;imposture socialiste. Pour la France, aux urnes, patriotes !</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: right;"><em>Gurval<sup><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/24/aux-urnes-patriotes/#footnote_0_2230" id="identifier_0_2230" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&amp;#8217;opinion d&eacute;velopp&eacute;e&nbsp;n&amp;#8217;engage que son auteur&nbsp;et non pas la r&eacute;daction.">1</a></sup> &#8211; Sciences Po Rennes - <a href="http://poincare-sciencespo.blogspot.fr">Cercle Raymond Poincaré</a></em></div>
</div>
<br><b>Mots clés:</b><br><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/24/aux-urnes-patriotes/" title="iepmag com">iepmag com</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/24/aux-urnes-patriotes/" title="dans l\isoloire les bobos votent sarkozy">dans l\isoloire les bobos votent sarkozy</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/24/aux-urnes-patriotes/" title="sciences po rennes">sciences po rennes</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/24/aux-urnes-patriotes/" title="radical de gauche">radical de gauche</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/24/aux-urnes-patriotes/" title="patriotes tous aux urnes !">patriotes tous aux urnes !</a><div id="seo_alrp_related"><h2>Voir aussi :</h2><ul><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2012/03/02/francois-hollande-tout-un-symbole/" rel="bookmark">François Hollande: tout un symbole&#8230;</a></h3><p>Alors que la campagne bat son plein entre les deux favoris des sondages, l'un bousculé à Lyon pendant que l'autre est chahuté à Bayonne, un ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/16/vincennes-concorde-un-air-de-deuxieme-tour/" rel="bookmark">Vincennes &#8211; Concorde : un air de deuxième tour</a></h3><p> Comme un dimanche en campagne Finalement, la pluie tant attendue les aura épargnés. Les parisiens se souviendront longtemps de ce dimanche 15 avril 2012, noir ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2011/02/27/ps-une-strategie-primaire/" rel="bookmark">PS : une stratégie primaire</a></h3><p>Alors que le gouvernement s'enfonce dans des sondages désastreux et que les « affaires » se succèdent, soldant peu à peu le passif de l'« ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2011/10/10/edito-la-france-du-non-nest-pas-morte/" rel="bookmark">[Edito] La France du Non n&#8217;est pas morte</a></h3><p>Au lendemain des primaires citoyennes (trop facilement appelées primaires socialistes en oubliant le discret mais vaillant Jean-Michel Baylet du Parti Radical de Gauche dont nous ...</p></div></li></ul></div><br><hr size="1" /><br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2230" class="footnote">L&#8217;opinion développée <em>n&#8217;engage que son auteur</em> et non pas la rédaction.</li></ol><br><hr size="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Vincennes &#8211; Concorde : un air de deuxième tour</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Apr 2012 13:35:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[ Comme un dimanche en campagne Finalement, la pluie tant attendue les aura épargnés. Les parisiens se souviendront longtemps de ce dimanche 15 avril 2012, noir pour la circulation automobile dans la capitale : les parisiens devaient dès ce matin composer non seulement avec le Marathon de Paris mais aussi avec les meetings de Nicolas Sarkozy, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em> </em><strong><em>Comme un dimanche en campagne</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Finalement, la pluie tant attendue les aura épargnés. Les parisiens se souviendront longtemps de ce dimanche 15 avril 2012, noir pour la circulation automobile dans la capitale : les parisiens devaient dès ce matin composer non seulement avec le Marathon de Paris mais aussi avec les meetings de Nicolas Sarkozy, place de la Concorde et de François Hollande, sur l&#8217;esplanade du Château de Vincennes. Récit.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/550217_3834193498339_1382972283_33716483_732856963_n.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2218" title="Vincennes   Concorde : un air de deuxième tour" src="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/550217_3834193498339_1382972283_33716483_732856963_n.jpg" alt="550217 3834193498339 1382972283 33716483 732856963 n Vincennes   Concorde : un air de deuxième tour" width="550" height="400" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;événement avait été annoncé il y a plus de quinze jours. Pour son dernier grand meeting francilien avant le premier tour, François Hollande avait choisi l&#8217;esplanade du Château de Vincennes, une place -habituellement un parking- de plus de 25000 mètres carrés. A Vincennes, cet après-midi l&#8217;ambiance était festive. L&#8217;intervention du candidat socialiste à la magistrature suprême était précédée d&#8217;animations musicales mais également d&#8217;un discours de Bertrand Delanoé, maire de Paris et d&#8217;une intervention commune pour chauffer l&#8217;esplanade d&#8217;Aurélie Filippetti, députée de la Moselle, assistée de Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du candidat. C&#8217;est notamment A. Filippetti qui fera l&#8217;appel des nombreux artistes présents et venus soutenir le PS. A l&#8217;applaudimètre, Guy Bedos, Benjamin Biolay ou encore Jacques Higelin seront acclamés. Sur le parvis, de nombreux militants jeunes socialistes tentaient de convaincre les sympathisants de se joindre à la grande campagne de porte-à-porte lancée par F. Hollande. De leur côté, les membres de la cellule web, aiguillés par Vincent Feltesse étaient à l&#8217;écart de la tribune, occupés à twitter ou à relayer les moments forts de la journée.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;De l&#8217;espoir et de la poigne&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Du côté des militants ou des simples curieux venus assister au meeting, l&#8217;attente est grande. Victoria et Lucile, étudiantes en droit à la Sorbonne attendent &laquo;&nbsp;surtout de l&#8217;espoir et de la poigne&nbsp;&raquo;, pour contraster avec l&#8217;image &laquo;&nbsp;parfois un peu molle&nbsp;&raquo; renvoyée par le candidat socialiste. Hervé, 42 ans et libraire à Fontenay sous Bois souhaite surtout que le meeting &laquo;&nbsp;montre la force de la gauche par rapport au rassemblement de la Concorde&nbsp;&raquo;. De même, trois lycéennes en terminale ES nous avoueront venir à Vincennes pour &laquo;&nbsp;être convaincues encore une fois&nbsp;&raquo; et voteront pour le candidat socialiste pour son &laquo;&nbsp;projet ambitieux sur la fiscalité&nbsp;&raquo;.<br />
Et quand on interroge les militants ou simples sympathisants socialistes sur cette campagne présidentielle ou sur le poids devenu incontournable du leader du Front de Gauche, l&#8217;optimisme est de rigueur. Pour Michel et Anita, couple d&#8217;enseignants de l&#8217;Oise, Mélenchon va &laquo;&nbsp;ramener les abstentionnistes et tirer le PS vers la gauche&nbsp;&raquo;. Ils pensent également que François Hollande devra être &laquo;&nbsp;intransigeant avec Angela Merkel, puisque compléter le traité, et non le renégocier est une bonne chose&nbsp;&raquo;. C&#8217;est pourquoi ils voteront Hollande &laquo;&nbsp;pour le projet, et pour la personne&nbsp;&raquo;. Et quand on leur demande si ils ne font pas ce choix par anti-sarkozysme, alors qu&#8217;Anita arbore un t-shirt sur lequel est inscrit &laquo;&nbsp;casse toi pov&#8217; président&nbsp;&raquo;, ils répondent simplement que &laquo;&nbsp;l&#8217;élection n&#8217;est pas jouée, car Sarkozy pourrait sortir un coup fourré avant le second tour&nbsp;&raquo;.<br />
Si l&#8217;optimisme est de rigueur à Vincennes, les personnes que nous avons interrogées ne sombrent pas dans un triomphalisme aveugle. Ainsi, Dominique, chef d&#8217;entreprise pense que &laquo;&nbsp;rien n&#8217;est joué&nbsp;&raquo; et qu&#8217;un &laquo;&nbsp;score de Jean-Luc Mélenchon supérieur à 13% pourrait compromettre les chances de victoire de la gauche&nbsp;&raquo;. En revanche, selon Michel, retraité de la SNCF, &laquo;&nbsp;il y a 90% de chances qu&#8217;Hollande soit élu&nbsp;&raquo;. Ce dernier espère que le meeting va encore accentuer la dynamique du candidat socialiste, à sept jours du premier tour.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/521980_3834245619642_1382972283_33716523_2017815367_n.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2220" title="Vincennes   Concorde : un air de deuxième tour" src="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/521980_3834245619642_1382972283_33716523_2017815367_n.jpg" alt="521980 3834245619642 1382972283 33716523 2017815367 n Vincennes   Concorde : un air de deuxième tour" width="550" height="400" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un meeting familial</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La direction de la campagne de François Hollande avait invité les militants à venir à Vincennes avec de nombreux drapeaux, banderoles ou emblèmes régionaux. C&#8217;est chose faite puisque l&#8217;esplanade du Château était pavoisée de drapeaux français bien sur, mais aussi de nombreux drapeaux du PS, du MJS. On pouvait également apercevoir quelques drapeaux régionaux à l&#8217;image de celui de la Bretagne ou de la Catalogne. Plus étonnant encore : la présence de quelques drapeaux européens ou du SPD allemand. Enfin, avant le discours du candidat, certains militants déploieront une gigantesque bannière tricolore d&#8217;une soixantaine de mètres de long de par la foule. A Vincennes, selon les observateurs, François Hollande cherchait surtout à s&#8217;exprimer à la gauche en général en reprenant la plupart de ses thèmes de campagnes. Le candidat a également tenu à souligner sa capacité à gouverner un pays et à rassurer. A Vincennes, il fallait également noter la présence de nombreux enfants, portant parfois des drapeaux ; ont également été aperçues des personnes venues avec leurs animaux (après tout, le zoo de Vincennes n&#8217;est pas bien loin&#8230;). L&#8217;aspect de ce grand rassemblement comme une kermesse a donc été réussi et semble avoir marqué la campagne de François Hollande. Campagne que certains sympathisants jugent parfois un peu molle, comme Colin, lycéen, également venu par curiosité. De même, pour Hervé, la campagne n&#8217;aborde pas assez les sujets qui préoccupent les Français comme l&#8217;emploi et le pouvoir d&#8217;achat et se focalise trop sur l&#8217;insécurité. D&#8217;autres déploreront l&#8217;absence de certains thèmes sociaux dans la campagne de François Hollande.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/535094_3834232059303_1382972283_33716517_24158644_n.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2222" title="Vincennes   Concorde : un air de deuxième tour" src="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/535094_3834232059303_1382972283_33716517_24158644_n.jpg" alt="535094 3834232059303 1382972283 33716517 24158644 n Vincennes   Concorde : un air de deuxième tour" width="550" height="400" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Le rêve Français de François Hollande n&#8217;est rien d&#8217;autre que de la démagogie (F. Fillon)</strong></p>
<p style="text-align: justify;">A peine 13 stations de métro (direct par la ligne 1) séparent l&#8217;esplanade du château de Vincennes de la Place de la Concorde. C&#8217;est sur cette place de plus de 80000 mètres carrés, où il avait déjà célébré son élection le 6 mai 2007 que Nicolas Sarkozy a décidé de réunir ses partisans pour un immense meeting. Si l&#8217;événement a été raillé sur les réseaux sociaux en le comparant à un &laquo;&nbsp;pot de départ géant&nbsp;&raquo;, les militants sarkozystes, tout comme ceux de François Hollande ont répondu présents à l&#8217;appel de leur champion. Contrairement à Vincennes, un seul drapeau est autorisé à la Concorde : le drapeau tricolore. En effet, le message que les ténors de l&#8217;UMP veulent faire passer est que Nicolas Sarkozy parlera à la France silencieuse, à la France qui souffre alors que François Hollande s&#8217;exprimerait devant la seule gauche et tenterait de faire des appels du pied aux électeurs de Mélenchon.<br />
Pas de concert, ni de people à la Concorde (sauf quelques apparitions d&#8217;Enrico Macias et de Claude Lelouch sur les écrans géants), l&#8217;ambiance se voulant solennelle ; mais plutôt un défilé des leaders de la majorité : NKM, porte-parole de la campagne puis Alain Juppé, Jean-François Copé et enfin François Fillon, qui sera acclamé par les militants quand il expliquera que &laquo;&nbsp;le rêve Français de François Hollande n&#8217;est rien d&#8217;autre que de la démagogie&nbsp;&raquo;. Puis c&#8217;est au tour du président-candidat de monter à la tribune, sur la musique quasi-épique qui a été choisie pour devenir l&#8217;hymne de sa campagne. Comme à Villepinte, le président-candidat vient de la foule et sert de nombreuses mains avant de prononcer son discours. Derrière lui, outre les habituels drapeaux français et européens, le président s&#8217;exprime devant une gigantesque photographie de la place. Dans l&#8217;axe des caméras et derrière Nicolas Sarkozy figure donc une représentation du Palais Bourbon, siège de l&#8217;Assemblée Nationale. Puis le candidat de la droite débute à 15h30 (l&#8217;heure a été avancée selon la volonté du président pour passer devant François Hollande et donc être diffusé en direct par les chaines d&#8217;info en continu) un discours qui va durer 34 minutes. Comme prévu, le président-candidat va s&#8217;adresser, à travers cinq écrans géants, à une France silencieuse, dénonçant technocrates et corporatismes, en s&#8217;en prenant par exemple violemment aux syndicats d&#8217;enseignants, fustigeant une gauche qui accepterait les communautarisme et un François Hollande menteur face à un Nicolas Sarkozy voulant faire campagne sur la vérité. C&#8217;est ce moment que choisi la foule pour entonner un &laquo;&nbsp;François en Corrèze, Sarkozy à l&#8217;Elysée&nbsp;&raquo;, foule qui reprendra par la suite et à plusieurs reprises un &laquo;&nbsp;On va gagner&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/564302_3834205498639_1382972283_33716493_1932570644_n.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2223" title="Vincennes   Concorde : un air de deuxième tour" src="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/564302_3834205498639_1382972283_33716493_1932570644_n.jpg" alt="564302 3834205498639 1382972283 33716493 1932570644 n Vincennes   Concorde : un air de deuxième tour" width="550" height="400" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Méthode Coué</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Contrairement à Vincennes, l&#8217;ambiance à la Concorde se veut moins festive, plus solennelle et peut être aussi plus lourde. Ainsi, comme les images prises depuis l&#8217;Hotel Crillon le montre, la foule est divisée en sections, en carrés avec de larges allées entre chaque parcelle. De même, la sécurité est renforcée : de nombreux membres du service d&#8217;ordre de l&#8217;UMP (les &laquo;&nbsp;GP&nbsp;&raquo;&#8216; : acronyme du &laquo;&nbsp;Groupe de Protection&nbsp;&raquo;)  viennent en aide aux CRS pour assurer la sécurité sur la place. Ce sont donc ces nombreux GP qui se chargent de fouiller les sacs et qui s&#8217;assurent du passage de chacun aux détecteurs de métaux. Alors que les militants socialistes de Vincennes arboraient fièrement leurs couleurs, il n&#8217;y a aucun drapeau de l&#8217;UMP présent à la Concorde, ni un drapeau européen, si ce n&#8217;est celui qui se trouve derrière le pupitre du président. La seule marque &laquo;&nbsp;partisane&nbsp;&raquo; que l&#8217;on pouvait trouver à la Concorde fut celle de l&#8217;UNI, le syndicat étudiant de droite et de ses militants qui portaient t-shirt, autocollants et ballons aux couleurs du président sortant.<br />
La plupart des militants UMP que nous avons pu interroger n&#8217;étaient pas rassurés par le discours de leur candidat, pour la simple et bonne raison qu&#8217;ils n&#8217;étaient pas inquiets. Pour Béatrice, Yvonne et Marie-Pierre, quinquagénaires en provenance du Morbihan, les sondages seraient gonflés en faveur du PS par une &laquo;&nbsp;médiacratie de gauche&nbsp;&raquo;. Selon elles, le discours de N. Sarkozy était &laquo;&nbsp;enthousiasmant, émouvant et prenant&nbsp;&raquo;. Il semble donc que le président ait réussi à séduire grâce à ses longues évocations de Victor Hugo, de Charles Péguy ou encore d&#8217;Aimé Césaire. Ces trois sarkozystes de la première heure voteront donc pour le président sortant le 22 avril car &laquo;&nbsp;il a la carrure, c&#8217;est une personne courageuse et forte&nbsp;&raquo;. Antoine et Marjolaine, étudiants recouverts d&#8217;autocollants de l&#8217;UNI voteront également pour N. Sarkozy pour son projet et sa personnalité. Ils ont par ailleurs été charmés par son &laquo;&nbsp;discours intense, sur les valeurs de la France éternelle, France éternelle que la gauche ne peut défendre&nbsp;&raquo;. Pour Jean, 73 ans, la campagne du président-candidat répond bien aux préoccupations des Français, que ce soit le pouvoir d&#8217;achat, l&#8217;emploi ou la sécurité. Mais le point commun qui unit tout ces militants est celui d&#8217;une foi inébranlable en la victoire de Nicolas Sarkozy, le 6 mai prochain. Et comme l&#8217;a déclaré à la toute fin de son discours le candidat à ses partisans : &laquo;&nbsp;Françaises, Français, aidez-moi&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/542863_3834196978426_1382972283_33716485_373365104_n.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2224" title="Vincennes   Concorde : un air de deuxième tour" src="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/542863_3834196978426_1382972283_33716485_373365104_n.jpg" alt="542863 3834196978426 1382972283 33716485 373365104 n Vincennes   Concorde : un air de deuxième tour" width="400" height="550" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Finalement, les deux &laquo;&nbsp;meetings géants&nbsp;&raquo; tels qu&#8217;ils ont été critiqués par François Bayrou ont attirés foule. Quels que soient les chiffres avancés par les états-majors des différents camps (de 40000 à 150000 personnes à la Concorde, entre 60000 et 100000 personnes à Vincennes), les deux rassemblements ont été des succès populaires. Qu&#8217;ils soient militants, sympathisants ou simples curieux, les franciliens et les citoyens en général ont répondu présents aux deux meetings et ont même montré -dans les deux cas- un grand enthousiasme à participer à ce grand moment de campagne. Qui a dit que cette campagne était ennuyeuse ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Alexandre David &#8211; 1A à Sciences Po Rennes &#8211; Twitter : @alexandrecdavid - Photos : Alexandre Huser</em></p>
<br><b>Mots clés:</b><br><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/16/vincennes-concorde-un-air-de-deuxieme-tour/" title="analyse comparée des deux discours de vincennes et la place de la concorde">analyse comparée des deux discours de vincennes et la place de la concorde</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/16/vincennes-concorde-un-air-de-deuxieme-tour/" title="benjamin biolay et aurelie filippetti">benjamin biolay et aurelie filippetti</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/16/vincennes-concorde-un-air-de-deuxieme-tour/" title="drapeau sur la concorde">drapeau sur la concorde</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/16/vincennes-concorde-un-air-de-deuxieme-tour/" title="higelin jacques">higelin jacques</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/16/vincennes-concorde-un-air-de-deuxieme-tour/" title="aurelie filippetti et benjamin biolay">aurelie filippetti et benjamin biolay</a><div id="seo_alrp_related"><h2>Voir aussi :</h2><ul><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2012/03/02/francois-hollande-tout-un-symbole/" rel="bookmark">François Hollande: tout un symbole&#8230;</a></h3><p>Alors que la campagne bat son plein entre les deux favoris des sondages, l'un bousculé à Lyon pendant que l'autre est chahuté à Bayonne, un ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/24/aux-urnes-patriotes/" rel="bookmark">Aux urnes, patriotes !</a></h3><p>  Il ne reste plus que deux candidats en lice et l'heure du choix va bientôt sonner. Pour ceux qui n'ont voté ni pour Nicolas ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2012/05/23/parite-et-ensuite/" rel="bookmark">Parité et ensuite ?</a></h3><p>Ce 16 Mai dernier, l’annonce de la composition du nouveau gouvernement nous a appris d’une part qu’il serait totalement paritaire, et d’autre part la formation ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2011/10/10/edito-la-france-du-non-nest-pas-morte/" rel="bookmark">[Edito] La France du Non n&#8217;est pas morte</a></h3><p>Au lendemain des primaires citoyennes (trop facilement appelées primaires socialistes en oubliant le discret mais vaillant Jean-Michel Baylet du Parti Radical de Gauche dont nous ...</p></div></li></ul></div>]]></content:encoded>
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		<title>Non, Monsieur Descoings n&#8217;était pas un visionnaire</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Apr 2012 11:38:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans le concert unanime de louanges suite au décès (toujours inexpliqué) de Richard Descoings, quelques voix s&#8217;élèvent pour nuancer son bilan. Si certains cèdent à l&#8217;agressivité et à la haine, un étudiant de Sciences Po Rennes se propose au contraire de calmement analyser le bilan de l&#8217;ancien directeur de Sciences Po Paris. .. Richard Descoings [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/mort-de-richard-descoings-du-nouveau.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2208" title="Non, Monsieur Descoings nétait pas un visionnaire" src="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/mort-de-richard-descoings-du-nouveau.jpg" alt="mort de richard descoings du nouveau Non, Monsieur Descoings nétait pas un visionnaire" width="550" height="460" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Dans le concert unanime de louanges suite au décès (toujours inexpliqué) de Richard Descoings, quelques voix s&#8217;élèvent pour nuancer son bilan. Si certains cèdent à <a href="http://www.eteignezvotreordinateur.com/deces-de-richard-descoings-la-reaction-virulente-dalain-soral/" target="_blank">l&#8217;agressivité et à la haine</a>, un étudiant de Sciences Po Rennes se propose au contraire de calmement analyser le bilan de l&#8217;ancien directeur de Sciences Po Paris.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></p>
<p style="text-align: justify;">Richard Descoings s&#8217;en est allé. Bien qu&#8217;il ne fut pas mon directeur — je suis élève de l&#8217;IEP rennais et non parisien —, cette information inattendue m&#8217;a tenu longuement éveillé, moi comme probablement nombre de mes condisciples. La disparition du directeur de Sciences Po Paris, personnage emblématique qui fit connaître son école dans le monde entier, a suscité de nombreuses réactions, à ma connaissance toutes très laudatives. Et même excessivement laudatives. Que l&#8217;on me pardonne de venir briser ici un concert unanime, en cette période de deuil, mais il faut bien que quelqu&#8217;un rappelle deux ou trois évidences, la première étant que l&#8217;on ne peut pas décemment faire de Richard Descoings un grand serviteur de la cause républicaine. On pourra trouver mon billet inopportun ou inélégant, une semaine seulement après son décès. Je m&#8217;en excuse sincèrement. Mais j&#8217;y suis bien malgré moi contraint à voir les thuriféraires succéder aux béats et aux hypocrites devant le sinistre lit de mort. Comme je ne souhaite ni être de mauvaise foi, ni faire preuve de mauvais esprit, je vais commencer par reconnaître le grand talent du défunt.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une immense popularité</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Richard Descoings, charismatique directeur de Sciences Po Paris, avait su s&#8217;imposer comme personnalité médiatique tant en France qu&#8217;à l&#8217;étranger, œuvrant de ce fait énormément pour la notoriété de l&#8217;école. Nous, élèves ou enseignants des Instituts d&#8217;Études Politiques, qu&#8217;il s&#8217;agisse de l&#8217;aîné parisien ou bien des cadets provinciaux, avons tous tiré profit de son insatiable travail. Je suis d&#8217;ailleurs tout à fait disposé à croire ceux qui, ayant travaillé à ses côtés comme collègues (administrateurs, directeurs), enseignants ou élèves, dépeignent un bourreau de travail totalement dévoué à sa mission. Il suffit d&#8217;observer le chemin parcouru par l&#8217;école de la rue Saint-Guillaume depuis 1996, tant sur le fond que sur la forme, pour se convaincre que son action ne fut pas placée sous le sceau de l&#8217;immobilisme. Loin de là. Passé en cinq ans, Sciences Po s&#8217;est profondément renouvelé avec un premier cycle « collège universitaire » et un second cycle « master », fruits d&#8217;une analyse relativement poussée (je renvoie à la littérature officielle de l&#8217;école) et d&#8217;un cap assumé. Dit autrement, il y avait une stratégie et il y avait une direction pour la mettre en œuvre.</p>
<p style="text-align: justify;">Outre la réforme de son établissement, Richard Descoings sut aussi se faire apprécier par un style atypique, fait de proximité — presque de familiarité — et de liberté. Liberté de ton pour un personnage haut en couleur qui ne représentait pas vraiment l&#8217;archétype d&#8217;un haut-fonctionnaire que l&#8217;on imagine discret, austère et lisse — j&#8217;ai presque écrit fade. Proximité avec les gens, lui qui sur son blog ou sur tel réseau social prenait un temps considérable — insensé ? — pour dialoguer sans filtre avec le commun des amphis et expliquer son action. Voilà qui devait lui valoir une immense popularité au sein de ses élèves et au-delà, expliquant probablement ce quatrième mandat de directeur confié en 2011. Ajoutons-y une mort brutale, lointaine et surprenante, pour un homme encore jeune, et nous comprenons mieux l&#8217;humeur collective qui s&#8217;est saisie des commentateurs et tend à faire de ce deuil une apothéose.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une gestion irréprochable ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Arrêtons net l&#8217;hagiographie avant qu&#8217;elle ne passe les limites de la décence. Non, Sciences Po n&#8217;est pas dorénavant privé du seul homme prétendument capable de le mener comme il devrait l&#8217;être. Non, la France n&#8217;a pas perdu un intellectuel visionnaire, sorte de chevalier servant de la veuve et de l&#8217;orphelin contre qui se serait dressée l&#8217;hydre sclérosée des conservatismes et des intérêts bourgeois. Et oui, il faut espérer que quelqu&#8217;un reviendra sur l&#8217;œuvre de Richard Descoings pour y rétablir un certain esprit que je qualifierais, au contraire de ce qui fut entrepris par feu Monsieur le directeur, de « républicain ».</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la gestion interne de l&#8217;école, il y aurait certainement beaucoup à dire. À la rentrée 2009, une journaliste de Mediapart livrait en une série d&#8217;articles une enquête assez accablante sur les pratiques ayant cours rue Saint-Guillaume. Elle nous révélait un vaste système de favoritisme, phénomène typique du fonctionnement des cours où critique du prince vaut disgrâce. Déjà à l&#8217;époque, les modalités d&#8217;attribution des primes aux enseignants — obscures — faisaient débat et laissaient penser que Sciences Po avait finalement emprunté au monde de l&#8217;entreprise une relation prégnante à l&#8217;argent, et au monde de l&#8217;université un mode de direction mandarinal. Je renvoie mon lecteur à ces papiers édifiants s&#8217;il en doute. De même, peut-être se souvient-il qu&#8217;en février de cette année éclatait le scandale des « super-bonus » de direction ? 295 000 euros répartis entre sept personnes. « Un fonctionnaire français doit faire envie partout, jamais pitié », professait certes Napoléon, mais n&#8217;y a-t-il pas une certaine décence à avoir dans l&#8217;utilisation de l&#8217;argent public ? Est-il normal de voir un directeur d&#8217;école, fut-elle prestigieuse et fut-il reconnu talentueux, mieux traité qu&#8217;un ministre en exercice ?</p>
<p style="text-align: justify;">Affaires de gros sous encore, quand on songe aux inégalités de traitement entre les différents Instituts d&#8217;Études Politiques, l&#8217;État versant ainsi à Paris une dotation par tête sans commune mesure avec ce que peuvent recevoir les autres établissements. Et la direction parisienne ne peut se décharger de sa responsabilité à l&#8217;heure où elle entend retirer les postes de la Fondation nationale des Sciences politiques (la FNSP, fondation de rattachement de tous les IEP et dont la gouvernance est confondue avec Sciences Po Paris) déployés en régions. Voir une école parisienne, chef de file d&#8217;un réseau plus que sexagénaire, rompre ainsi les ponts avec la « province », tout en rapatriant tous les moyens alors même qu&#8217;elle est déjà largement surdotée, est-ce un comportement républicain ? Bas les masques !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le symbole des conventions ZEP</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mais si l&#8217;on devait ne retenir qu&#8217;une seule réforme de l&#8217;ère Descoings à Sciences Po Paris, ce serait très certainement le saccage méthodique de l&#8217;institution la plus républicaine de l&#8217;école : son concours d&#8217;entrée. Suppression de l&#8217;épreuve reine de Sciences Po, la culture générale, et instauration de jurys d&#8217;admission composés d&#8217;enseignants et d&#8217;un représentant du directeur : autant dire que l&#8217;on privilégie l&#8217;instantanéité de la parole sur la prise de recul de l&#8217;écrit, donnant ainsi la prime à l&#8217;auto-promotion aux dépens de la qualité de la réflexion. Le bagout plutôt que l&#8217;intellect. À Sciences Po, on ne réfléchit plus, on se vend. Et l&#8217;on dilapide l&#8217;héritage commun. On a pris acte de l&#8217;échec de l&#8217;école à inculquer une culture classique pourtant nécessaire pour exercer n&#8217;importe quelles responsabilités d&#8217;envergure, abaissant ainsi le niveau requis alors même que l&#8217;on sait pertinemment que le retard constaté à l&#8217;entrée ne sera pas comblé à la fin. On ne rattrape pas en cinq années de Sciences Po le déficit accumulé en quinze ans d&#8217;école.</p>
<p style="text-align: justify;">Les pédagogues ont brisé l&#8217;école, celle qui inculquait aux enfants de la Républiques les canons d&#8217;une culture classique leur permettant par la suite de concourir à armes égales pour l&#8217;excellence, et Sciences Po leur a emboîté le pas. C&#8217;est suivant cette logique de capitulation en rase campagne que sont apparues les conventions ZEP, mesures discriminatoires qui exemptent certains candidats issus de zones défavorisées des épreuves écrites du concours d&#8217;entrée. On tente ainsi de passer d&#8217;un système où l&#8217;on évalue la capacité brute des prétendants — mesurée par le concours égalitaire — à une usine à gaz dans laquelle on privilégie la personnalité de l&#8217;individu ou son parcours. La subjectivité est totale. C&#8217;est au mieux une mesure cosmétique, au pire une formidable régression. Car au final on privilégie ainsi dans l&#8217;ordre d&#8217;admission des candidats du seul fait de leur origine sociale, comme au bon vieux temps de l&#8217;Ancien Régime. Par le seul fait du prince, un oral de quelques minutes pendant lequel on aura la chance ou non de séduire le jury, on peut intégrer une école pour laquelle d&#8217;autres affrontent un concours ultra-sélectif. Où est la justice ? Où est l&#8217;égalité républicaine, celle consacrée par l&#8217;article six de la Déclaration des droits de l&#8217;homme et du citoyen ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qui porte le deuil des principes ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">De l&#8217;égalité républicaine, on n&#8217;en a plus cure. Sciences Po — et tous les IEP suivent la même tendance — trahit l&#8217;idéal de son fondateur Émile Boutmy à mesure qu&#8217;il accélère sa mue en « business school » internationale. Fondée suite à la débâcle de 1870-71, l&#8217;École libre des Sciences politiques entendait former des jeunes gens conscients de la complexité du monde et prêts à assumer la conduite des affaires de la nation. Avec le gouvernement du général de Gaulle, elle intégrait une dimension éminemment républicaine en préparant aux concours de la haute fonction publique. Car dorénavant on n&#8217;accédait plus aux hautes charges par cooptation et copinage mais par concours ! Sciences Po s&#8217;insérait alors parfaitement dans un schéma clair où le rôle des grandes écoles n&#8217;était pas d&#8217;assurer artificiellement la mobilité sociale, mais bien de former l&#8217;élite de la nation selon un strict critère d&#8217;excellence. Cette excellence était garantie par l&#8217;égalité dans l&#8217;accès car c&#8217;était à l&#8217;école, encore plus qu&#8217;au collège et qu&#8217;au lycée d&#8217;ailleurs, d&#8217;offrir à chacun les chances de concourir à armes égales. Rappelons-le de nouveau : la République, c&#8217;est permettre à chacun de s&#8217;élever selon ses talents, ce n&#8217;est en aucun cas l&#8217;élévation par le fait du prince.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&#8217;hui, on préfère accueillir la jeunesse dorée du monde entier (un élève sur deux est étranger), comme si l&#8217;on souhaitait à tout prix prendre sa part dans la formation d&#8217;une élite mondialisée à laquelle on fait miroiter une carrière aux riches émoluments. Peut-être est-ce d&#8217;ailleurs ce contrat tacite qui a permis la hausse des frais d&#8217;inscription — pourtant de nature à effrayer les jeunes issus de milieux modestes — et qui nous permettrait de comprendre pourquoi personne en interne n&#8217;a trouvé à redire aux récentes révélations de la presse. Où étaient donc nos syndicats de gauche d&#8217;habitude si prompts à faire la leçon ? Mais passons. Où est passé le sens de l&#8217;intérêt général ? Par charité, on intègre maintenant quelques gamins des banlieues, au mieux pour corriger avec une grossièreté proprement effrayante les ravages d&#8217;une idéologie que l&#8217;on cautionne pourtant par ailleurs — les pédagogues et leur cortège d&#8217;échecs retentissants —, au pire pour s&#8217;acheter une bonne conscience et faire illusion. On applique un pansement sur une jambe de bois dans une confusion totale digne des saignées du docteur Diafoirus. Où est le mérite, la promotion par le talent, l&#8217;égalité républicaine qui fonde notre pacte social depuis la Révolution et cette fameuse nuit du 4 août 1789 qui vit l&#8217;abolition des privilèges ?</p>
<p style="text-align: justify;">Monsieur Descoings ne fut pas irréprochable dans la mission qui lui fut confiée à la tête de l&#8217;une de nos plus prestigieuses écoles. Faire de lui, à l&#8217;occasion d&#8217;un décès surprenant et regrettable, un grand serviteur de la cause républicaine relève de la mystification, lui qui en fut l&#8217;un des fossoyeurs les plus médiatiques. Et s&#8217;il s&#8217;est avéré être un visionnaire, c&#8217;était à coup sûr d&#8217;une société qui ne me fait définitivement pas rêver. À l&#8217;heure où nous avons tous une pensée pour sa famille, ses proches et ceux qui l&#8217;admiraient, on ne m&#8217;empêchera pas de souhaiter que son œuvre ne lui survive pas.</p>
<p style="text-align: right;" align="right"><em>Gurval, 5A EcoFi - Sciences Po Rennes</em></p>
<br><b>Mots clés:</b><br><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/13/non-monsieur-descoings-netait-pas-un-visionnaire/" title="richard descoing">richard descoing</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/13/non-monsieur-descoings-netait-pas-un-visionnaire/" title="descoings">descoings</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/13/non-monsieur-descoings-netait-pas-un-visionnaire/" title="richard descoings">richard descoings</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/13/non-monsieur-descoings-netait-pas-un-visionnaire/" title="descoings drogue">descoings drogue</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/13/non-monsieur-descoings-netait-pas-un-visionnaire/" title="descoing sciences po">descoing sciences po</a><div id="seo_alrp_related"><h2>Voir aussi :</h2><ul><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/24/aux-urnes-patriotes/" rel="bookmark">Aux urnes, patriotes !</a></h3><p>  Il ne reste plus que deux candidats en lice et l'heure du choix va bientôt sonner. Pour ceux qui n'ont voté ni pour Nicolas ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2010/07/08/inter-connexion-et-lideal-republicain/" rel="bookmark">Inter-connexion et l&#8217;idéal républicain</a></h3><p>Par Placide &nbsp; &nbsp; Inter-connexion (voir le site Internet) fait un tabac chez les IEPiens inscrits sur Facebook, tout le monde l’aura remarqué. De quoi ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2011/12/23/theorie-de-levolution-du-crit/" rel="bookmark">Théorie de l&#8217;évolution du Crit</a></h3><p>L'ancien Président de la Commission Chou'Krit (Criterium 2010) prend la plume pour donner sa vision de l'évolution du Criterium (rencontre sportive [et festive] entre les ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/10/dossier-culture-ou-es-tu/" rel="bookmark">[Dossier] Culture, où es-tu ?</a></h3><p>La rédaction d'IEPMag vous propose aujourd'hui un dossier de campagne sur le parent pauvre des Présidentielles de 2012: la Culture. Entre exception française à l'heure ...</p></div></li></ul></div>]]></content:encoded>
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		<title>[Dossier] Culture, où es-tu ?</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Apr 2012 13:33:58 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="center"><a href="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/529e733b.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2190" title="[Dossier] Culture, où es tu ?" src="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/529e733b.jpg" alt="529e733b [Dossier] Culture, où es tu ?" width="550" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><em>La rédaction d&#8217;IEPMag vous propose aujourd&#8217;hui un dossier de campagne sur le parent pauvre des Présidentielles de 2012: la Culture. Entre exception française à l&#8217;heure du succès international de The Artist à la question de son modèle économique en passant par l&#8217;animation et le Jeux-vidéo à la française, les thèmes ne manquent pas.</em></p>
<p style="text-align: justify;" align="center">
<p style="text-align: justify;" align="center">S’il y a bien une chose qu’on aborde encore moins que l’environnement dans cette campagne présidentielle (mon dieu, c’est dire…) c’est la Culture. Thème peu traité, peu débattu, peu pensé, laissé aux oubliettes en compagnie de son maigre budget. Les programmes culturels des partis sont faméliques, parfois inexistants, et extrêmement vagues. Tout juste a-t-on eu droit, comme fait de campagne notable, à une faible charge de François Hollande contre l’absence de politique culturelle du candidat Sarkozy et l’avancée de quelques propositions par le candidat socialiste, à l’occasion du salon du livre. On me signalera qu’aujourd’hui une grande partie de l’articulation culturelle s’est déplacée au niveau local avec la décentralisation. Cela n’a pour autant pas signifié la disparition d’une politique nationale culturelle et ne justifie en rien qu’on laisse la culture autant de coté. Précisons que nous parlerons donc beaucoup de la « culture de France » mais qu’il faudra avant tout comprendre cet article comme une réflexion sur le concept de culture en général.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><span style="color: #ffffff;">..</span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La crise, un si bel alibi</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui, mais mon bon monsieur, me dira-t-on, c’est la crise, les gens pensent à autre chose, ce qui les intéressent c’est le chômage, la précarité pas le sort de quelques saltimbanques et autres artistes en galère. Et qu’on tape en priorité dans les dépenses culturelles dans ces périodes n’est finalement pas si grave. La vérité ? La crise est un si bel alibi pour propager l’ignorance et la culture une cible si facile à attaquer<em>.</em> Tout cela est bien beau, mais il ne me semble pas que les périodes de crises aient toutes signifié une baisse de la consommation culturelle, bien au contraire. On est jamais allé autant au théâtre et au cinéma que pendant l’Occupation Allemande, l’année écoulée pourtant bien noire au niveau actualité économique a vu un record d’affluence dans les salles françaises… L’humain aurait plutôt tendance dans un quotidien désillusionné à chercher encore plus d’évasions. Tout les domaines culturels n’en profitent pas de la même façon certes (cinéma et musique plutôt que musée ou théâtre), mais cela est du à des habitudes culturelles antérieures à la crise, et pas à la crise elle-même. Quand à l’idée que le bien culturel est un bien qu’on peut facilement laisser de coté lorsque les biens de première nécessité manquent n’est qu’à moitié vrai. D’autant plus avec l’internet où la consommation culturelle est aussi amplifiée que facilitée, et devient difficilement quantifiable. La crise est un faux débat et elle suppose justement une réadaptation de la politique culturelle à des temps difficiles pour aider le plus de gens possible à en profiter face à leur besoin de détente et de divertissements. Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit il ne faut pas laver le cerveau aux français pour leur faire oublier leurs problèmes. Il s’agit simplement de trouver le bon équilibre entre un divertissement salutaire mais non niais et une réflexion dynamisante. Qui mieux que la culture peut l’offrir ? Il faudra aussi inclure le plus possible d’acteurs du monde culturel et pas seulement un establishment en grande partie avachi comme c’est le cas aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: justify;">La crise ce serait justement l’occasion de repenser notre vision de la culture pour la sortir d’une vision purement rentable. Ensuite, en ces temps où on parle tellement du poids de l’Europe, abandonner la Culture est suicidaire. Ce qu’il reste du « rayonnement » de l’Europe dans l’esprit de ceux qui vivent sur d’autres continents, est avant tout culturel et universitaire, et à l’heure où même cette belle idée résiste de moins en moins aux constats de notre temps et à l’heure où nous perdons pied en économie, il faudrait justement tenter de préserver ce qui peut nous offrir notre dernière opportunité de poids dans le futur. A ceux qui l’oublieraient rapidement, Barthes, Orwell et compagnie, ont démontré qu’une œuvre vaut bien souvent une armée entière au tribunal de l’histoire. Enfin, pour conclure, je n’ai pas l’impression que la précarité croissante de nombreux comédiens, que l’absence de débouché et de travail au terme des études comme l’Histoire de l’Art, que toutes les difficultés éprouvées par de nombreux artistes à joindre les deux bouts soient totalement séparés des thèmes de l’emploi et de la crise. Car oui, il n’est pas contradictoire de dire que la crise touche fortement les emplois culturels alors que les français ont un besoin croissant de culture. C’est juste que le lien ne se fait pas, car notre modèle culturel est pourri, mal adapté aux temps nouveaux et seul une partie des acteurs culturels, l’establishment de tout ordre (depuis les grands studios jusqu&#8217;à la comédie française ou les théâtres nationaux), est mis en relation avec le public quand tous les autres restent dans l’ombre. La crise en tant que mise en valeur des problèmes est aussi un bon révélateur, et offre une formidable opportunité de réforme et de démocratisation croissante de la Culture. En bref, vous voyez bien qu’il y a de quoi faire.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les chantiers de la politique culturelle : </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si on s’intéresse de près aux programmes des divers candidats, on retrouve malgré tout quelques thémes et propositions qui, même s’ils sont peu détaillés et fournis, permettent d’établir des catégories. Il est évident que ces analyses ne seront pas aussi détaillées qu’elles devraient l’être mais chacune des catégories mériterait un article à elle-seule. A défaut de faire un dossier entier, il s’agira donc seulement de tracer un bref panorama des chantiers et des questions pendantes de la Culture en France, et de lancer des pistes de réflexions, de débats et d’actions possibles.</p>
<p style="text-align: justify;">
<ul>
<li><em>Internet, supports numériques et droits d’auteurs :</em></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">J’ai été de mauvaise foi au moment d’affirmer que la culture ne passionnait en rien les candidats. En réalité, il est un thème dont on a beaucoup parlé en campagne, caractéristique de temps nouveaux : le rapport entre Internet et les droits d’auteur. Bayrou, Joly et Cheminade sont pour amplifier l’offre légale, Mélenchon pour une plateforme publique de téléchargement et Arthaud pour un service public associé à un accès libre. Hollande prévoit une loi assez vague dans son énoncé : « qui conciliera la défense des droits des créateurs et un accès aux œuvres par internet facilité et sécurisé ». Sarkozy lui est clair mais isolé, seul candidat qu’il est à défendre l’HADOPI et à se prononcer pour son maintien.  Le problème du thème de l’internet est que ce formidable outil et le modèle culturel qui devrait en découler est encore jeune et n’a pas encore été appréhendé par tous.  Les possibilités de l’internet sont niées à travers des lois comme HADOPI, purement répressives et en rien constructives. C’est une vision archaïque de protection d’un modèle culturel ancien et déjà dépassé, quand un nouveau pourrait se mettre en place, beaucoup plus efficace. L’offre légale est une solution, mais seulement la première et certainement pas la seule. L’Internet remet en question toute la relation public-artiste et tout le concept de propriété intellectuel, et c’est bien ça qui fait peur aux lobbys des firmes culturelles, qui préfèrent réprimer plutôt que d’appréhender à leur avantage ce modèle culturel. Mais leurs actions sont inefficaces. Combien de temps avant le successeur de Megaupload comme sont venus ceux d’E-Mule et autres ? Combien de personnes ont arrêtés de télécharger avec l’HADOPI ? Il s’agit de réprimer plutôt que d’imaginer, de limiter plutôt que de penser la culture numérique. C’est une logique à contretemps, perpétuellement dépassé à court terme, et qui ne produit que dommage sur la créativité, comme ACTA. Ce qui fait peur aux grandes firmes c’est le fait que l’internet et les modes numériques menacent de rendre obsolètes leur rôle d’intermédiaires entre le public et les artistes. Et de révéler au grand jour le parasitisme qu’elles représentent. On comprend bien qu’elles voient d’un bien mauvais œil un modèle qui oserait mettre de coté ces institutions qui ne voient la culture que comme des dividendes. Mais pour rendre leur croisade plus légitime, comme il est bien plus efficace de prophétiser la disparition du cinéma que de pleurer sur des chiffres d’affaires, les firmes, les lobbys et leurs alliés politiques<em> </em>font tous<em> </em>comme si les artistes étaient les vraies victimes du téléchargement. Des artistes qui pour certains ont cependant bien compris l’opportunité de l’internet et ont vendu leurs albums directement en fixant un prix libre avec des gains beaucoup plus importants. Le problème de l’internet est aussi qu’il remet en cause le principe de la propriété intellectuelle, ce qui est une très bonne chose. La propriété intellectuelle n’est pas une propriété traditionnelle, c’est une propriété sur des œuvres et des idées, beaucoup plus difficile à défendre que la propriété traditionnelle. Quand Samuel Beckett refusait qu’on monte ses pièces d’une autre manière que celle qu’il indiquait, il limitait l’art, mais au moins il était l’auteur, pas sa veuve ou un cadre d’Universal. Il est normal et logique qu’un artiste récolte le fruit de son travail mais lorsqu’il vend une œuvre, il l’offre au monde et ne le fait pas avec comme idéal premier le gain. L’internet permet de conjuguer rémunération et absence de propriété absolue, pour un peu qu’on sache comme l’appréhender. A ce propos lire le très bon et très court article de Daniel Cohen : « la propriété intellectuelle, c’est le vol. », qu’on peut trouver ici : http://severino.free.fr/archives/copieslocales/laproprieteintellectuellecestlevol.html</p>
<p style="text-align: justify;">
<ul>
<li><em>La spécificité artistique française en débat.</em></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Le cinéma français ? En apparence, il se porte bien, merci. Records d’entrées en salle, razzia de The Artist aux oscars, des acteurs mais aussi des réalisateurs français qui font carrière à Hollywood… Tout ce succès de quelques uns ne doit pas pour autant être une raison pour voir tout en rose. Le reste du cinéma français, celui qui ne casse pas la baraque aux Oscars, reste extrêmement dépendant des subventions. L’idée est d’échapper à une logique de marché pour conserver une certaine vision du cinéma d’auteur peu rentable mais de qualité intellectuelle. Pour conserver ce qui ferait la particularité hexagonale. Cette belle vision résiste-t-elle vraiment aux constats actuels ? Faut-il continuer à préserver coûte que coûte une production importante de films même en prenant le risque de voir baisser la qualité globale ? C’est en débat. Le cinéma français a prouvé qu’il pouvait passer le cap de la mondialisation en faisant le choix des paris et de la créativité. La sélection des Césars de cette année est révélatrice : grosses productions, comédie populaire et films d’auteurs, tous de qualité, se sont mêlés dans les récompenses. L’Etat et ses perfusions ont-t-ils sauvé le cinéma français ou s’est-il sauvé tout seul ? Et d’ailleurs, qui subventionner en priorité, ceux qui peuvent aller jouer dans la cours des grands ou tout le monde sans distinction?  Pas grand monde pour proposer sa vision des choses dans les programmes des partis. A l’heure de la mondialisation, la défense forcenée ou non de notre art national est pourtant une vraie question d’actualité. L’exemple de la Musique est on ne peut plus révélateur. Et là, ca va mal : ça fait trop longtemps qu’on n’a pas gagné l’Eurovision. Plus sérieusement la Musique française ne peut se targuer des mêmes succès que le cinéma, malgré des groupes indéniablement de qualité. Tout cela ne vient en fait que d’un seul thème toujours présent, celui de la Langue Française et de sa survie en tant que langue internationale. Renforcer la Loi Toubon est il utile ou est-ce nier la loi de l’histoire? Ca devrait être en débat.</p>
<p style="text-align: justify;">
<ul>
<li><em>Jeux vidéo et Télévision, l’avenir de formes culturelles décriées :  </em></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Ah, et quid des Jeux Vidéos et de la Télévision, tellement critiqués ? Cheminade aura au moins un mérite dans cette campagne, c’est d’avoir parlé du sujet dans son programme : La TV, plateforme éducative ? Pourquoi pas, mais il serait temps en tout cas de reconsidérer l’opportunité totalement raté qu’offrait la Télévision. Plutôt qu’une machine a abêtissement, plutôt que le royaume de la Téléréalité et de ses conséquences effrayantes, plutôt que TF1 et M6, la Télévision aurait pu être un formidable outil culturel d’enrichissement intellectuel et de divertissement pas (trop) lavage de cerveau. Pour cette TV publique inintéressante, sur-subventionné  et pourrie par une logique de marché, il n’est pas encore trop tard.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour les jeux vidéo en revanche, Jacky « Mission to Mars » Cheminade est parti en plein dans le cliché avec l’interdiction des jeux vidéo violents, et la surtaxe de ceux n’ayant pas de contenu pédagogique. Il faudra combien de geeks indignés pour expliquer calmement à ces messieurs-dames, qu’ils jouent à Assassin’s Creed depuis 3 ans et qu’ils ont déjà massacré un pauvre civil innocent dans GTA, mais que pourtant, curieusement, ils ont un casier judiciaire vierge mais une catharsis réussie ? Est-ce qu’il ne s’est pas dit que plus que le jeu, c’est d’autres données qui peuvent être mis en cause ? Si les politiques tiennent à agir sur les jeux vidéos voila ce que je leur propose : changer la fantaisiste classification par tranche d’âge en quelque chose d’un peu plus pensé. Tout le monde sait qu’aujourd’hui un vendeur ne vérifiera jamais votre âge à l’achat d’un jeu « +18 » sachant que 90% de ces fameux jeux n’ont vraiment rien de traumatisant, doux euphémisme. Pendant ce temps là, au cinéma, un film interdit aux moins de 12 ans dégouline autant d’hémoglobine en 5 min qu’un jeu « moins de 16 » durant toute une campagne, sans que ceux qui regardent ces films deviennent tous des psychopathes. Il serait donc temps d’en finir avec cette paranoïa peu argumentée.</p>
<p style="text-align: justify;">
<ul>
<li><em>La question de l’Art Plastique :</em></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Autre thème peu voire pas pensé ? L’Art plastique et les controverses créées au cours de l’année dernière à propos  de la relation avec le religieux (œuvre provocatrice sur Jésus et le vandalisme qui en aura suivi). Le débat est extrêmement complexe, supposant un questionnement sur l’existence ou non de limites à l’art. Impossible à définir en matière artistique au vu du caractère purement subjectif de la chose (c’est aussi vain que chercher une définition absolue de l’Art), il est possible de le penser en terme social. L’Art en société n’est pas un monde à part, sans incidences sociales aucunes. Je peux comprendre qu’un catholique se sente insulté par certaines œuvres, mais je condamne fermement  une telle bêtise obscurantiste et vandale lors des protestations. D’aucuns auront un autre avis que moi, beaucoup plus permissif sur l’art, et je le respecte. D’aucuns de même pourraient estimer que cet artiste chinois dévorant un bébé mort-né en « performance » fait vraiment de l’art. Faut-il limiter l’Art à travers des règles sociales ou morales ? Où es la bonne limite qui n’atteint la créativité que dans des limites raisonnables ? Y en a-t-il une ? Questions complexes mais je ne suis pas sûr qu’un débat citoyen sur le sujet soit inutile, et ça ne me déplairait pas d’entendre nos candidats sur le sujet.</p>
<p style="text-align: justify;">
<ul>
<li><em>Musée et Grands Evénements :</em></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Sur le sujet, pas d’inquiétude. On le sait, tout président veut son petit musée avec sa petite plaque commémorative histoire d’avoir participé à la glorieuse histoire artistique de la France (à prononcer avec un ton emphatique). Mitterrand à eu sa Pyramide du Louvre, Chirac le quai Branly, Nicolas Sarkozy a mis un boxon monstre aux Archives Nationales avec son Musée Historique controversée, il en faudra bien un pour Hollande s’il est élu. Et nul ne doute que Sarkozy aura à cœur d’avoir une trace plus reconnue. Quand aux grands événements nationaux et internationaux, qu’on ne se fasse pas de mauvais sang, ils seront très bien pris en charge. Et c’est  bien là le problème. La politique culturelle française se limite aujourd’hui à des Grands Evénements qui n’intéressent plus les Français et où participent toujours les mêmes personnes, sans aucun renouvellement. L’imagination et la participation sont rangées au placard. La Culture de France ? Mais oui, on s’en occupe, en petit groupe, entre amis, c’est plus convivial ma foi. Intégration des énergies locales, des acteurs locaux ? Mais vous rigolez ! Prenons Marseille, notre chère Capitale de la Culture 2013 : nouveau directeur du Théâtre National de la Criée téléguidé par l’Elysée malgré le désaccord du local, aucune intégration ou presque des artistes marseillais à part un petit cercle d’élu et des transfuges parisiens. Ce n’est qu’un exemple, mais il est révélateur, et les projets d’organiser une année de la culture « Off » à Marseille (à l’image du « off » d’Avignon) ne sont pas anodins. Circulez, y’ a rien à voir, c’est juste la Culture qu’on se partage comme un joli gâteau. Un joli petit meurtre entre amis. Et j’ai bien peur qu’il ne faille pas se faire d’illusions quand à la volonté socialiste de changer cet état de fait. Quand aux musées, c’est la même mélodie, le même requiem. Pendant que tout le monde se bat pour avoir son Musée en Région Parisienne, on parachute sans honte ni vergogne ses petits amis dans les musées locaux. Et même à Paris, c’est la débandade. Voila que Monsieur Borloo le décide, et on vire 50 personnes au Musée de l’Informatique à la Défense, pour lui faire de la place. Prenons l’exemple de la région du Rhône où à la suite du désastre financier du Musée des Confluences, on s’est séparé de deux musées, et on menace d’en saper deux autres dans toute la Région, de Vienne au Mont du Lyonnais. En voulant à tout pris un grand Musée de Région, on a organisé le saccage de quatre petites structures, sous des arguments fallacieux, et procédé à des licenciements par des méthodes indignes. Ce qui se passe dans le Rhône est déjà appliqué ailleurs et à terme menace de s’appliquer partout. Les grands projets, les grands musées voulus par des barons de régions ou des parachutés parisiens mégalomanes détruisent totalement des structures anciennes et chères aux populations locales, réduisant la Culture régionale et départementale à l’affaire de quelques uns. Mais comment, hurlera-t-on, 50 personnes par-ci, quelques personnes par là, ca ne vaut rien par rapport aux milliers de licenciés pour cause des actionnaires. Pas de quoi en faire un thème de campagne. Mais il n’y a pas de hiérarchie dans ces hontes, et la question des emplois humains n’est pas qu’une question de chiffres. On rétorquera : c’est la crise et point final. Quel argumentaire, on a vu plus haut à quel point il était valide. Personne pour étudier ton histoire douce France, et on voudrait t’inventer un avenir sans étudier ton passé ? Quel est cette société qui sacrifie sa connaissance de soi aux commandements du marché ? Ah non, sur ce sujet, pas de quoi s’inquiéter, pas de quoi en faire un thème de campagne. Les grands événements, les musées, et sans doute la Culture en général, on sera bien assez d’un petit groupe pour s’en charger. La Culture ? Outrageusement Parisienne, centrée sur les décideurs de la Capitale et un petit groupe de barons provinciaux. Paris, un Ministère, et le désert français.</p>
<p style="text-align: justify;">
<ul>
<li><em>La question du théâtre :</em></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Autre thème qui n’intéresse plus aucun politique depuis la destruction en règle du statut d’intermittent (qui concernait, on le rappellera, non seulement le théâtre, mais de nombreuses professions culturelles). Les seuls à parler du théâtre dans leurs programmes ? Monsieur Poutou proposant une réforme du statut des intermittents avec, je cite « retour à une annualisation sur 507 heures sur 12 mois pour 12 mois d&#8217;indemnisation sans carence, aucun revenu en dessous du SMIC ». Et Monsieur Hollande qui propose une « &nbsp;&raquo;Loi d&#8217;orientation&nbsp;&raquo; avec des objectifs, un financement, des partenaires pour le spectacle vivant », une très bonne chose, pour peu qu’on en reste pas aux déclarations de principe. Et que le spectacle vivant ne soit pas trop « orienté », ce qui serait un danger pour son imagination créative et sa liberté propre. Le théâtre est délaissé depuis trop longtemps, mais c’est un outil culturel formidable. En termes de participation, d’interactivité, de démocratisation, le théâtre est une aubaine incroyable, encore trop perçu comme un divertissement réservé à une part de la population. Pourtant, toutes les initiatives ou presque d’implantation du théâtre dans des milieux populaires a donné lieu à des chantiers difficiles, mais aussi et surtout à de beaux succès. Le film « L’Esquive » de Kechiche en est un bel exemple. On retrouve pourtant malheureusement le même schéma que partout : une petite caste accumulant les contrats, les subventions et les privilèges quand toute une masse de comédiens galère. Leurs motivations, leurs inventivités sont pourtant des atouts formidables pour participer à un nouvel élan de la culture et pour faire avancer la société en la remettant en question. A l’image de Shakespeare, perçu comme ennuyeux et long, le théâtre rebute ceux qui ne le connaissent pas. Mais Shakespeare et le théâtre, ce n’est pas la longueur, ce n’est pas l’ennui, c’est le bruit et la fureur, c’est le hurlement des passions et le chant de la poésie. Le Théâtre, c’est un art qui peut plaire à tous, qui doit s’ouvrir encore plus à tous. Le théâtre a définitivement un rôle à jouer aux 21éme siècle. Le désenclaver définitivement, le remettre au premier plan et faire participer toutes les énergies dans ce grand projet, tel est le passionnant projet qui devra occuper le prochain Ministre.</p>
<p style="text-align: justify;">
<ul>
<li><em>Institutions culturelles et articulations avec le local :</em></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Là, on a des propositions, mais c’est du vague total. Monsieur Bayrou propose une Convention de développement Culturel sur 5 ans entre l’Etat et les Collectivités, tout cela est très bien, mais qu’est ce qu’il s’y dira, quels sujets abordera-t-on en priorité ? Il faudra encourager le mécénat culturel nous dit-il. Parfait, on signe où ? On fait comment ? Ne soyons pas de mauvaise foi, on voit déjà que Bayrou prend la question de la culture à cœur, en tant que vecteur fondamental « pour le redressement de la France », même s’il s’agit là d’une proposition « passe-partout ». On aussi peut citer l’Agence Culture France prôné par Sarkozy mais la si quelqu’un peut m’expliquer ce que c’est concrètement, c’est volontiers. Quand a Philipe Poutou il préconise un service public de la culture. Là encore, où sera le degré concret de fonctionnarisation culturelle, c’est un mystère. En tout cas personnellement l’idée de voir à terme les agents culturels tous fonctionnaires ne me plait pas beaucoup.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans oublier la fiscalité de l’art et des propositions de mon point de vue très intéressantes à travers le prix unique du livre du coté du Front de Gauche ou la TVA réduite sur la billetterie et le livre proposées par l’ensemble des partis de la gauche. Philipe Poutou, lui, veut carrément enlever toute une part de la culture de tout objectif mercantiliste de par la gratuité des conservatoires, musées, ateliers. Et pourquoi pas, après tout ? Je me répète : la fin première de la culture est-elle l’enrichissement de l’esprit ou celui des portes monnaies ? Marine Le Pen quand à elle propose une subvention d’avantage lié aux recettes, ce qui prouve que jusque dans le domaine de la culture cette dame n’a rien compris. Subventionnons donc juste les Gros, les Grands, les Gras de la culture, pouvant « justifier de toucher un public important ». Faisons en sorte que la culture soit encore plus l’affaire de quelques uns, de quelques grands groupes, de quelques grandes sociétés de productions. Place, faites place à ceux qui font de la recette, et finit la diversité culturelle. Madame Le Pen aurait elle oubliée qu’elle se veut la soit disant candidate des petits ?</p>
<p style="text-align: justify;">Dernière précision : j’ai longtemps dénoncé dans cet article la culture aux mains de quelques uns, les grands artistes établis. Je suis bien conscient que les rapports entre les grands artistes et le pouvoir sont toujours plus complexes que soumission totale et « peau qui plus vite à l’endroit des genoux devient sale » (Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac). Je maintiens cependant avec hargne et résolution : plus on démocratisera, plus on étendra et plus on partagera, et mieux cela sera.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></p>
<p style="text-align: justify;">En conclusion, le président élu ne pourrait pas se plaindre de l’absence de chantiers à prendre à bras le corps. Son Ministre de la Culture, qui sera, espérons-le, plus visible, efficace et motivé que l’actuel, devra faire face à de nombreux enjeux posées par une Culture du 21éme siècle qu’on a à peine commencée à appréhender et à comprendre. Voila quelques enjeux généraux de plus : faire progresser l’art et la culture en France, en les encadrant dans des limites n’atteignant sa liberté de création, multiplier les relations directes d’artistes à public, développer massivement l’offre culturelle locale démocratique et participative, profiter des nouvelles technologies et du numérique pour construire enfin une vision culturelle plus libre et moins mercantile, détruire  les fossés entres les habitudes culturelles de classe en démocratisant massivement la culture, percevoir les modèles culturels de demain, s’intéresser à des possibilités de réseaux alternatifs de diffusion et aux modèles alternatifs en général…Pas simple, mais comme le disait Churchill: « Le pessimiste voit des difficultés dans chaque opportunité. L’optimiste voit une opportunité dans chaque difficulté. » Candidats, futur président, vous avez là aussi beaucoup à faire, alors au boulot !</p>
<p style="text-align: right;"><em>Vincent Leconte &#8211; IEPMag &#8211; Sciences Po Aix</em></p>
<br><b>Mots clés:</b><br><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/10/dossier-culture-ou-es-tu/" title="agence culture france sarkozy">agence culture france sarkozy</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/10/dossier-culture-ou-es-tu/" title="l’agence culture france sarkozy">l’agence culture france sarkozy</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/10/dossier-culture-ou-es-tu/" title="les artistes absents pour françois hollande">les artistes absents pour françois hollande</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/10/dossier-culture-ou-es-tu/" title="dossier culture">dossier culture</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/10/dossier-culture-ou-es-tu/" title="sarkozy création une agence culture france">sarkozy création une agence culture france</a><div id="seo_alrp_related"><h2>Voir aussi :</h2><ul><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2011/02/08/le-geek-est-lavenir-de-lhomme/" rel="bookmark">Le geek est l’avenir de l’Homme</a></h3><p>Face à ce qu'il considère comme un mépris culturel évident et injustifié, un étudiant de Sciences Po Aix dresse un portrait de la culture Geek ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2012/03/02/francois-hollande-tout-un-symbole/" rel="bookmark">François Hollande: tout un symbole&#8230;</a></h3><p>Alors que la campagne bat son plein entre les deux favoris des sondages, l'un bousculé à Lyon pendant que l'autre est chahuté à Bayonne, un ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2012/01/15/standards-poors-and-invalid-judgements/" rel="bookmark">Standard, Poor&#8217;s and Invalid Judgements</a></h3><p>Tandis que l'opposition tire à boulets rouges sur le gouvernement, que celui-ci tente de calmer le jeu et que Nicolas Srkozy (qui a perdu son ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2010/11/20/4-humour-et-culture-etre-au-four-et-au-moulin/" rel="bookmark">[4] Humour et Culture, être au four et au moulin ?</a></h3><p>Pour conclure notre « Série spéciale Ministères », après avoir évoqué rien de moins que la Défense, la Santé et l'Intérieur, IEP Mag vous propose de conclure ...</p></div></li></ul></div>]]></content:encoded>
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		<title>Regards croisés sur l&#8217;Euro</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Apr 2012 11:32:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Deux étudiants de Sciences Po Aix, publiés dans le journal Controverses, nous livrent deux analyses diamétralement opposées de la situation de la monnaie unique, de fédéralisme à euthanasie d&#8217;une &#171;&#160;monnaie mourante&#160;&#187;. .. EURO, EUROPE : LA SOLUTION EST FÉDÉRALE. En tant que citoyen français et européen, la fin de l’euro signifierait pour moi la fin de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify;"><a href="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/euro.gif"><img class="aligncenter size-full wp-image-2184" title="Regards croisés sur lEuro" src="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/euro.gif" alt="euro Regards croisés sur lEuro" width="550" height="300" /></a></h2>
<p style="text-align: justify;"><em>Deux étudiants de Sciences Po Aix, publiés dans le journal Controverses, nous livrent deux analyses diamétralement opposées de la situation de la monnaie unique, de fédéralisme à euthanasie d&#8217;une &laquo;&nbsp;monnaie mourante&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></p>
<h2 style="text-align: justify;">EURO, EUROPE : LA SOLUTION EST FÉDÉRALE.</h2>
<div style="text-align: justify;">
<h5 dir="ltr">En tant que citoyen français et européen, la fin de l’euro signifierait pour moi la fin de l’Europe, ou, en tous cas, le plus gros recul politique de l’Union européenne depuis sa création.</h5>
<p>La question de la monnaie unique n’est pas seulement économique. Elle est aussi et surtout politique. Voulons-nous construire l’Europe ensemble? Préférons-nous plutôt nous séparer et poursuivre notre chemin chacun de notre côté en renonçant, à terme, à la puissance d’une Europe unie ? Aujourd’hui, l’échelle européenne est la mieux à même de nous donner ce poids démographique, économique et surtout politique.</p>
<p dir="ltr">L’euro n’est pas seulement un outil économique en difficulté. Il est un objet politique qui fait désormais partie des fondements de l’Union européenne. Associé au poids européen en matière économique, démographique et politique (que l’Europe peut développer), cet objet politique est une chance. Une chance de renouveau et de changement au sein du “vieux continent”. Parce que l’euro représente la volonté commune de dix-sept pays de travailler ensemble pour un objectif qui doit être commun. Et quel poids auraient des pays séparés dans un monde globalisé, où l’intérêt de chacun mettrait à bas l’intérêt général européen et tout espoir de prospérité? Comment s’en sortiraient les États reprenant leurs monnaies nationales? Entraînant la pire récession jamais enregistrée, une sortie de la zone euro déclencherait une augmentation exponentielle de la dette qui, elle, ne changerait pas de devise.</p>
<h3 dir="ltr">“SI LA RÉDUCTION DES DÉFICITS PUBLICS EST UNE NÉCESSITÉ, CE N’EST PAS PAR LA RIGUEUR STUPIDE QU’ELLE DOIT SE FAIRE”</h3>
<p dir="ltr">Les problèmes de l’euro ne peuvent être réglés par le seul couple franco-allemand, et les leaders économiques européens ne devraient pouvoir présenter de mauvais diagnostics, ni imposer de mauvaises solutions. Si la réduction des déficits publics est une nécessité, ce n’est pas par la rigueur stupide qu’elle doit se faire. En effet, l’austérité plombe la consommation, ce qui ralentit la croissance voire mène à la récession. Cette dernière augmente à son tour la dette, générant une dépréciation encore plus grande de l’euro.</p>
<h3 dir="ltr">“PERMETTRE L’ÉMERGENCE D’UNE EUROPE FÉDÉRALE”</h3>
<p dir="ltr">La question de l’euro est profondément idéologique et politique. Elle nécessite un changement de fond dans l’action européenne, la démocratisation des institutions de l’Union, une Europe au service des peuples et non plus au service d’un système devenu fou. Ce changement doit advenir et permettre l’émergence d’une Europe fédérale. En 2012, l’espoir européen doit faire en sorte de construire cette nouvelle Europe.</p>
<h5 style="text-align: right;" dir="ltr"><em>Mathieu Vaas &#8211; Sciences Po Aix &#8211; Controverses.</em></h5>
</div>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr"><span style="color: #ffffff;">..</span></p>
<p><span style="color: #ffffff;">..</span></p>
<h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">L’EURO, UNE DÉFAITE PRÉVISIBLE</h2>
<div>
<h5 style="text-align: justify;" dir="ltr">Les plans de sauvetages se succèdent et échouent tous. Combien de temps faudra-t-il aux politiques pour se rendre compte que cette monnaie n’est qu’un mourant que l’on a branché à des machines pour être maintenu en vie?</h5>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Dès sa conception, l’euro était voué à la mort. Car l’euro est une maison mal construite, sur des fondations pourries, en zone inondable.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Emmanuel Todd le disait : « Avec l’euro fou, les Européens utilisent leur puissance pour se torturer ! ». Monnaie bien trop chère, l’euro fait fuir nos industriels qui délocalisent  aux États-Unis, en Europe de l’Est ou en Chine. De surcroît, la BCE fait preuve d’un monétarisme absurde: elle a relevé  les taux d’intérêt au printemps 2011 comme elle l’avait fait à l’été 2008 , alors que toutes les autres banques centrales pratiquaient des politiques plus accommodantes et appropriées à la situation actuelle. Enfin, l’article 123 du traité de Lisbonne l’empêche de monétiser. Cela aurait permis de maintenir à flot les pays, comme la Grèce, durement touchés par la crise.</p>
<h3 style="text-align: justify;" dir="ltr">“QUE L’ON AILLE PAS NOUS FAIRE CROIRE [...] QUE L’EURO NOUS PROTÈGE!”</h3>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Ensuite, l’euro est construit avec des fondations pourries sur une zone inondable car l’Europe est soumise au libre-échange, ainsi qu’aux soubresauts de l’économie. Alors que nous importons de Chine ou de Corée, nos produits ne sont pas en retour achetés par ces pays qui, eux, font du protectionnisme. De plus, nous sommes vulnérables à toutes les crises financières, à défaut de barrières douanières nous protégeant. Des barrières qui auraient atténué l’impact de la crise américaine des subprimes. Or, nous avons subi une crise aussi dure que celle que les Etats-Unis traversent. Que l’on n’aille pas nous faire croire après cela que l’euro nous protège ! A-t-on déjà vu dans l’Histoire une zone monétaire regroupant plusieurs pays ? Non. L’union monétaire est une construction baroque et pleine de dysfonctionnements. Dans la théorie économique, pour partager une même monnaie, il faut avoir une mobilité des travailleurs, un budget commun et une convergence économique de la zone. La zone euro ne rassemble aucun des trois critères. Au lieu de favoriser la convergence, l’euro accentue les disparités régionales: l’Allemagne attire toute l’industrie et ne laisse rien à la périphérie.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">La question de l’euro n’est pas idéologique, c’est une question de bon sens que les “euro-béats” qui nous gouvernent ne comprennent pas. En 2012, la parole nous sera donnée et nous devrons faire en sorte que cette monnaie soit euthanasiée pour que les peuples puissent enfin respirer.</p>
<h5 style="text-align: right;" dir="ltr"><em>Rémy Durrieu de Madron &#8211; Sciences Po Aix &#8211; Controverses.</em></h5>
</div>
<br><b>Mots clés:</b><br><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/09/regards-croises-sur-leuro/" title="emmanuel todd">emmanuel todd</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/09/regards-croises-sur-leuro/" title="laisser un commentaire pour l\euro">laisser un commentaire pour l\euro</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/09/regards-croises-sur-leuro/" title="leuro est une maison mal construite sur des fondations pourries">leuro est une maison mal construite sur des fondations pourries</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/09/regards-croises-sur-leuro/" title="leurope est mourrante">leurope est mourrante</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/09/regards-croises-sur-leuro/" title="leurope est une maison mal construite sur des fondations pourries et en zone inondable">leurope est une maison mal construite sur des fondations pourries et en zone inondable</a><div id="seo_alrp_related"><h2>Voir aussi :</h2><ul><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2010/10/20/dossier-pourquoi-je-ne-crois-pas-en-lu-e/" rel="bookmark">DOSSIER : Pourquoi je ne crois pas en l&#8217;U.E. ?</a></h3><p>Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les conséquences du conflit mondial se font sentir lourdement sur le Vieux Continent ; le bilan humain est ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2011/11/13/edito-le-desenchantement-du-monde-deuxieme-round/" rel="bookmark">[Edito] Le désenchantement du monde : deuxième round.</a></h3><p>Troubles financiers, budgétaires et institutionnels. La crise économique et politique durable que connait les pays occidentaux serait-elle en train de provoquer le deuxième grand désenchantement de l'histoire ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2011/11/03/edito-referendum-grec-changez-le-peuple/" rel="bookmark">[Edito] Référendum grec : Changez le peuple !</a></h3><p>Mais de quoi se mêlent-ils ? Les grecs vont devoir se serrer la ceinture d’une façon ou d’une autre. Les technocrates « libéreurobéats » leur ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2012/03/01/pourquoi-pas-la-turquie/" rel="bookmark">Pourquoi pas la Turquie ?</a></h3><p>En 3ème année à Istanbul, une étudiante de Sciences Po Lille se pose la question de l'intégration de la Turquie au sein de l'Union Européenne.  ...</p></div></li></ul></div>]]></content:encoded>
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		<title>Je voterai blanc en 2012</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Apr 2012 10:32:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un étudiant de Sciences Po Aix, désabusé, revient sur son choix de ne voter pour aucun des candidats proposés à l&#8217;élection présidentielle de 2012 sans pour autant s&#8217;abstenir. Pleines de rebondissements, les présidentielles concurrencent les meilleures -ou les pires- séries américaines. Tandis qu’une ribambelle de candidats se bat pour devenir capitaine d’un bateau (ou d’un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" dir="ltr"><a href="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/vote-blanc.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2178" title="Je voterai blanc en 2012" src="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/vote-blanc.jpg" alt="vote blanc Je voterai blanc en 2012" width="550" height="295" /></a></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr"><em>Un étudiant de Sciences Po Aix, désabusé, revient sur son choix de ne voter pour aucun des candidats proposés à l&#8217;élection présidentielle de 2012 sans pour autant s&#8217;abstenir.</em></p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Pleines de rebondissements, les présidentielles concurrencent les meilleures -ou les pires- séries américaines. Tandis qu’une ribambelle de candidats se bat pour devenir capitaine d’un bateau (ou d’un pédalo) qui fait naufrage, je me convaincs chaque jour un peu plus de voter blanc le 22 avril 2012.</p>
<h3 style="text-align: justify;" dir="ltr">JE DEVINE VOTRE PENSÉE. “HOULA, VOILÀ UN SACRÉ HULUBERLU… PEUT-ÊTRE ANARCHISTE, QUI SAIT?”</h3>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">A l’extrême droite, vous me pousserez probablement à voter FN pour participer à la vague populiste bleu marine et pour revenir au franc, histoire de flinguer une bonne fois pour toute l’économie du pays (dont le triple A fait déjà partie intégrante du passé).</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">A droite, vous agiterez le spectre d’une situation “semblable à celle d’une guerre” si l’UMP échoue – mon Dieu, que deviendrons-nous si la gauche passe ?!</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Au centre, vous remuerez mollement votre petit doigt pour certains. Pour d’autres, vous agiterez frénétiquement tous vos membres afin d’être bien visibles, en sanglotant que Sarkozy a creusé la tombe de la France – même si on mange très bien à sa table, et tiens, je reprendrais bien un peu de ce vin là- et qu’il faut voter MoDem pour que le pays se redresse.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Au Parti Socialiste, qui n’est pas plus à gauche que mon genou droit, vous me pointerez probablement du doigt comme étant un «collabo», un sarkozyste refoulé, un de ces types qui n’auraient pas rejoint le maquis pendant la guerre, quoi.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">A l’extrême gauche, je serais le “camarade” qui a raison de voter blanc, car, au fond, c’est un peu révolutionnaire ; mais vous essaierez de me convaincre de voter NPA ou Front de Gauche, c’est plus utile.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Et enfin, si vous êtes écolo, vous vous insurgerez devant cet acte polluant qu’est l’utilisation du papier pour rien ; autant ne pas aller voter, les arbres s’en porteront mieux.</p>
<h3 style="text-align: justify;" dir="ltr">UN BRIN CARICATURAL, PEUT-ÊTRE. ET PUIS, EN DÉFINITIVE, POURQUOI VOTER BLANC?</h3>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Comme vous le savez, le vote blanc n’est pas comptabilisé au niveau national. Ainsi, lorsque je vote blanc, je suis considéré comme abstentionniste. Le site “vie-publique.fr” rappelle cette absence de prise en compte : “Lors du dépouillement, les votes blancs et nuls sont comptabilisés et sont annexés au procès-verbal dressé par les responsables du bureau de vote. Mais ils n’apparaissent pas dans le résultat officiel où ne sont mentionnés que le nombre des électeurs inscrits, le nombre de votants, les suffrages exprimés (ensemble des bulletins moins les votes blancs et nuls)”. Pourtant, la démarche n’est absolument pas la même.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">S’abstenir de voter n’est pas une solution. En effet, à travers le vote se fait l’expression du peuple ; c’est notre droit et, à mes yeux, notre devoir de donner notre avis.</p>
<h3 style="text-align: justify;" dir="ltr">“JE VOTE BLANC, CERTES, MAIS JE VOTE, JE DONNE MON AVIS”</h3>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Vous devez vous demander en quoi le vote blanc est différent? J’y arrive.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">La France se contente de le considérer comme “valable”, sans pour autant le comptabiliser.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">En allant voter, je fais acte de ma présence et de mon soutien au fonctionnement démocratique. Je vote blanc, certes, mais je vote, je donne mon avis. Je suis sidéré que dans notre pays, pourtant fer de lance symbolique de la démocratie sur la scène internationale, le vote blanc soit autant dédaigné (remarquez, les femmes n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1944…).</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">En parallèle, moi, jeune électeur qui donnerai mon avis politique pour la première fois aux présidentielles d’avril 2012, je me sens délaissé par cette caste politique éloignée des problèmes quotidiens du peuple.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Voter FN ? Idéaux fascistes et folie démagogique : non.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Voter UMP – ou Villepin (pas le même maillot, mais la même passion)? En reprendre pour cinq ans de politique sécuritaire aux accents xénophobes et à la sauce néo-classique : non.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Voter au centre, MoDem ? Vous qui avez assisté comme moi à la conférence détestable de Bayrou à l’IEP, comprendrez pourquoi je dis : non.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Voter PS ? Hypocrites sans idées, centristes refoulés : non.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Voter Mémélenchon? Agressivité, arrière-goût démagogue qui entache les vraies idées : non.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Voter NPA ? Parti manipulateur que j’ai pu voir en action pendant les manifestations : non.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Voter les Verts? Idées floues, parti en perdition : non.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Voter blanc, ce n’est pas voter rien. Au contraire, le vote blanc est éminemment plus complexe qu’un vote “classique” : c’est le vote du refus. Le refus de se voir contraint à voter “pour le moins pire”.</p>
<p style="text-align: justify;" dir="ltr">Comme le soulignait Kin Hubbard, humoriste américain : « On aimerait voter pour le meilleur mais… il ne fait jamais partie des candidats ! ». Rendez-vous en avril !</p>
<h5 style="text-align: right;" dir="ltr">Narock &#8211; Sciences Po Aix. Artice publié dans <em>Controverses</em>.</h5>
<br><b>Mots clés:</b><br><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/05/je-voterai-blanc-en-2012/" title="vote blanc comptabilisé">vote blanc comptabilisé</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/05/je-voterai-blanc-en-2012/" title="avis politique pour nuls">avis politique pour nuls</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/05/je-voterai-blanc-en-2012/" title="pourquoi je vote blanc">pourquoi je vote blanc</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/05/je-voterai-blanc-en-2012/" title="fonctionnement vote blanc">fonctionnement vote blanc</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/05/je-voterai-blanc-en-2012/" title="puis je voter blanc">puis je voter blanc</a><div id="seo_alrp_related"><h2>Voir aussi :</h2><ul><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2012/03/02/francois-hollande-tout-un-symbole/" rel="bookmark">François Hollande: tout un symbole&#8230;</a></h3><p>Alors que la campagne bat son plein entre les deux favoris des sondages, l'un bousculé à Lyon pendant que l'autre est chahuté à Bayonne, un ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/24/aux-urnes-patriotes/" rel="bookmark">Aux urnes, patriotes !</a></h3><p>  Il ne reste plus que deux candidats en lice et l'heure du choix va bientôt sonner. Pour ceux qui n'ont voté ni pour Nicolas ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2011/10/10/edito-la-france-du-non-nest-pas-morte/" rel="bookmark">[Edito] La France du Non n&#8217;est pas morte</a></h3><p>Au lendemain des primaires citoyennes (trop facilement appelées primaires socialistes en oubliant le discret mais vaillant Jean-Michel Baylet du Parti Radical de Gauche dont nous ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2011/04/09/entretien-parti-radical-de-gauche/" rel="bookmark">[Entretien] Parti Radical de gauche</a></h3><p>Dans le dernier article publié par notre rédaction, intitulé Débattons du Débat, l'auteur interpellait notamment le parti Radical de gauche (PRG) au sujet du mutisme ...</p></div></li></ul></div>]]></content:encoded>
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		<title>Les 20 ans de Disneyland Paris, ou le Mickey d’Orsay !</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Apr 2012 15:01:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En plus d&#8217;un formidable jeu de mot, un étudiant de Sciences Po Toulouse, rédacteur d&#8217;un blog dédié aux questions de diplomatie d&#8217;influence, nous propose une analyse originale du soft power de Walt. .. Disneyland Paris fête ses 20 ans. 20 ans c’est le plus bel âge de la vie, le moment de tous les possibles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/mickey_minnie_disneyland.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2162" title="Les 20 ans de Disneyland Paris, ou le Mickey d’Orsay !" src="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/04/mickey_minnie_disneyland.jpg" alt="mickey minnie disneyland Les 20 ans de Disneyland Paris, ou le Mickey d’Orsay !" width="560" height="420" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>En plus d&#8217;un formidable jeu de mot, un étudiant de Sciences Po Toulouse, rédacteur d&#8217;un <a href="http://ladiplomatiedinfluence.wordpress.com/" target="_blank">blog</a> dédié aux questions de diplomatie d&#8217;influence, nous propose une analyse originale du soft power de Walt.</em></p>
<p><span style="color: #ffffff;">..</span></p>
<p>Disneyland Paris fête ses 20 ans. 20 ans c’est le plus bel âge de la vie, le moment de tous les possibles où on sort de l’adolescence et on se projette vers sa vie future et construite. C’est un peu le cas de Disneyland Paris qui a mis du temps avant d’être bénéficiaire mais qui fait maintenant partie intégrante du tourisme parisien et français.</p>
<p style="text-align: justify;"> Ainsi la <em>Délégation Interministérielle au Projet Disney</em> (sic) souligne<sup><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/#footnote_0_2145" id="identifier_0_2145" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="http://corporate.disneylandparis.fr/CORP/FR/Neutral/Images/fr-2012-03-14-bilan-20-ans-retombees-economiques-sociales.pdf">1</a></sup> :</p>
<p style="text-align: justify;">« La contribution croissante de ce pôle à l&#8217;attractivité touristique de la France, à la production de valeur ajoutée pour son économie, à la création d&#8217;emplois, et au rééquilibrage de l&#8217;Île-de-France vers l&#8217;Est. »</p>
<p style="text-align: justify;">Ci-dessous une infographie tirée de cette étude avec des chiffres éloquents.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter" src="http://ladiplomatiedinfluence.files.wordpress.com/2012/03/chiffres-disney.png?w=584&amp;h=252" alt=" Les 20 ans de Disneyland Paris, ou le Mickey d’Orsay !" width="584" height="252" title="Les 20 ans de Disneyland Paris, ou le Mickey d’Orsay !" /></p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui nous intéresse ici n’est pas tant l’impact économique, mais l’optique de diplomatie d’influence et de « soft power ». Aussi nous allons voir comment l’entreprise Disney, d’abord par ses films, ensuite par ses parcs à thèmes participe au soft power américain.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Disney, c’est l’histoire de Ta vie</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le cinéma est un vecteur traditionnel de transmission de la culture d’un pays. Disney ne déroge pas à la règle. Il faut d’abord rappeler ici que Walt Disney a toujours été très patriote. Ainsi durant la Seconde Guerre Mondiale Neslon Rockefeller qui dirige le département d’Etat lui demande d’aller représenter les USA en Amérique Latine afin de « lutter contre le nazisme ».<sup><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/#footnote_1_2145" id="identifier_1_2145" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, Dave Smith, 1998">2</a></sup> Notre ami Walt devenu très patriote soutiendra ainsi le Maccarthisme du nom de ce sénateur qui joua sur la peur du communisme début des 50’s aux Etats-Unis et déclencha une vraie chasse aux sorcières. A ce titre, ne peut-on pas voir dans le Capitaine Crochet de Peter Pan, sorti en 1953, une image de ce communiste tant craint : un pirate avec une cape rouge et dont le crochet rappelle par métonymie la faucille…En tout cas le timing est troublant. En outre, on retrouve dans ce film l’idée première du rêve américain, le « quant on veut on peut », que Nike traduira par « Just do it », qui permet à Peter Pan et à ses amis de s’envoler :</p>
<p style="text-align: justify;"><p><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p style="text-align: justify;">Chez Disney, on passe de pauvre enfant à princesse, de bête à prince, et de zéro en héros :</p>
<p style="text-align: justify;"><p><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p style="text-align: justify;">L’American dream, celui d’une terre des infinies possibilités et du self made man qui croit en ses rêves et en sa chance se perpétue à travers les films de Disney. Le rêve des américains se confond petit à petit avec le rêve américain dans un certain syncrétisme cinématographique.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, on retrouve d’autres éléments de la société américaine. Ainsi les femmes ont été pendant longtemps cantonné à ce rôle de <em>desperate housewives</em> attendant leur prince charmant pour qu’il la sauve/réveille/marie…La religion est également très présente dans les films de Disney.</p>
<p style="text-align: justify;">En somme, il existe une réelle dialectique où Disney est porteur de la culture américaine qu’il façonne en même temps.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Les parcs Disney, quand le rêve devient (hyper)réalité</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La notion d’hyper réalisation recouvre « l’ensemble des processus de création des espaces à partir de représentations qui coupent le lien direct qu’entretiennent l’espace réel et sa représentation »<sup><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/#footnote_2_2145" id="identifier_2_2145" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Crozat Dominique, &laquo; Violence en espaces hyper r&eacute;els &raquo;, Annales de g&eacute;ographie, 2009/5 n&deg; 669, p. 478-497.">3</a></sup>  La nature du monde hyper-réel se caractérise par une amélioration de la réalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Umberto Eco ou encore Baudrillard prendront l’exemple de Disneyland pour expliquer et imager ce concept d’hyper réalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Umberto Eco explique ainsi que l’ordre imaginaire de Disneyland est opposé au reste du monde, réputé <em>réel</em>, mais, en fait, l’Amérique toute entière et le monde, sont la simulation hyper réelle. « Ce n’est plus une question de fausse représentation de la réalité, mais de dissimulation du fait que le réel n’est plus réel&#8230; ». On pourrait résumer l’hypperréalité par cette expression d’Eco qui dit que c’est &laquo;&nbsp;Le faux authentique&nbsp;&raquo;<sup><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/#footnote_3_2145" id="identifier_3_2145" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Umberto ECO,&nbsp;La guerre du faux, Paris Grasset/Le Livre de Poche, &laquo;&nbsp;biblio essais&nbsp;&raquo;, 1985">4</a></sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">Afin de ne pas trop accabler les américains et Disney, on peut prendre un autre exemple de parc à thème avec le Parc Astérix. Le personnage d’Astérix et tout ce qui est vécu dans le parc éponyme a remplacé Vercingétorix dans l’esprit des Français comme l’explique extrêmement bien Laureline Karaboudjan<sup><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/#footnote_4_2145" id="identifier_4_2145" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="http://blog.slate.fr/des-bulles-carrees/2012/03/27/nous-ne-chavons-pas-ou-chest-alegia/">5</a></sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, on peut également mentionner le fait qu’il sera maintenant possible de se marier dans le Disney de Tokyo<sup><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/#footnote_5_2145" id="identifier_5_2145" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="http://www.lepetitjournal.com/tokyo/en-bref-tokyo/100466-insolite&amp;#8211;disneyland-tokyo-va-autoriser-les-mariages-au-chateau-de-cendrillon.html">6</a></sup>, devenir ainsi une vraie princesse…</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, l’exemple de <em>Roger Rabbit</em> où humains et <em>toon</em>s vivent dans le même monde permet en définitif d’imager cette notion :</p>
<p style="text-align: justify;"><p><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> <em>« L’espoir d’être une source de joie »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Walt Disney ouvre son premier « Disneyland » en 1955 dans la banlieue de Los Angeles. Dans la plaquette de présentation, il était écrit : « A tous ceux qui pénètrent dans cet endroit enchanté &#8211; bienvenue. Disneyland est votre pays. Ici, les anciens revivent les souvenirs plaisants du passé et ici, les jeunes peuvent goûter aux défis et aux promesses du futur. Disneyland est dédié aux idéaux, aux rêves et aux événements indiscutables qui ont créé l&#8217;Amérique&#8230; avec l&#8217;espoir d&#8217;être une source de joie et d&#8217;inspiration pour le monde entier ».</p>
<p style="text-align: justify;">On note bien ici cette volonté d’exporter cette « source de joie ». C’est également une manière d’ancrer un peu plus ce rêve américain dans la réalité physique des gens. Ainsi Louis Marin explique<sup><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/#footnote_6_2145" id="identifier_6_2145" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Louis Marin,&nbsp;Utopiques&nbsp;: jeux d&rsquo;espaces,&nbsp;Les Editions de Minuit, Paris, 1973.">7</a></sup> que :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Le visiteur de Disney est dans la position du récitant cérémoniel du récit mythique des origines antagoniques de la société. Il en mime les contradictions dans le présent de sa visite et sa gesticulation rituelle, qui le conduit de la caverne des pirates au sous-marin atomique, du palais de la Belle au bois dormant à la fusée spatiale, et par laquelle il renverse, dans le jeu, les déterminismes de la vie quotidienne pour les réaffirmer, légitimés et justifiés, par son geste instaurateur</em><em> </em><em>; sa promenade est le récit mille fois renouvelé de l’harmonisation leurrante des contraires, la solution fictive de leur tension conflictuelle. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em>Il conclut en expliquant qu’<em>en «  “performant” l’utopie de Disney, le visiteur “réalise” l’idéologie de la classe dominante comme le récit mythique instaurateur de la société dans laquelle il vit.</em><em> </em><em>»</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em>Si on met de côté la dimension de « classe contre classe », on note bien ici que l’hyper réalisation devient une performance de chacun où la réalité est courbée. On rentre donc bien dans une perspective de soft power où il s’agit de contrôler ou du moins d’influencer la réalité de l’autre.</p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Mulan, le Disney ? Non le film.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">En 1998, Disney sort <em>Mulan</em> qui reprend la légende chinoise de Huan Mulan. La version « américaine » de cette légende n’a pas vraiment plu aux chinois qui n’ont pas apprécié les libertés prises par la firme de Mickey. Aussi en 2009, une production chinoise sort un film pour réhabiliter la véritable histoire. Il était important, dans une optique de soft power, que la Chine se réapproprie sa propre légende. Le <em>People’s daily </em>de declarer à propos du film:</p>
<p style="text-align: justify;"> « Zhao Wei (actrice principale) has done perfectly from the ancient poem to motion picture.&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà la bande d’annonce du film, bien loin du dessin animé, à vous de juger :</p>
<p style="text-align: justify;"><p><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p style="text-align: justify;">Cet épisode de Mulan pourrait être anodin s’il n’est pas mis en regard de deux éléments : les dernières déclarations de Hu Jintao dans le numéro de janvier de la revue théorique du Parti communiste chinois (PCC) <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/7248/qiu-shi.html" target="_blank"><em>Qiu Shi</em></a> (&laquo;&nbsp;rechercher la vérité&nbsp;&raquo;) et la construction d’un deuxième Disneyland à Shanghai, après celui ouvert à Hong Kong en 2005.</p>
<p style="text-align: justify;">Le choix de la ville de Shanghai est intéressant. Shanghai a accueilli l’Exposition Universelle en 2010, symbole d’un soft power chinois exacerbé qui montre à la face du monde ses réalisations et sa puissance. Pour l’anecdote, les bâtiments étrangers avaient une hauteur limite à ne pas dépasser afin de permettre au pavillon chinois de surplomber tous les pays…</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 410px"><img src="http://ladiplomatiedinfluence.files.wordpress.com/2012/03/pavillon-chinois-shanghac3af.jpg" alt="pavillon chinois shanghac3af Les 20 ans de Disneyland Paris, ou le Mickey d’Orsay !" width="400" height="245" title="Les 20 ans de Disneyland Paris, ou le Mickey d’Orsay !" /><p class="wp-caption-text">Pavillon Chinois à l&#39;Exposition Universelle de ShanghaÏ</p></div>
<p style="text-align: justify;">Cette exposition se déroulait sur le Pudong, la rive droite de Shanghai, la plus moderne celle que d’aucuns appellent « le Manhattan de Shanghai ». Ainsi, dans une perspective de raconter la réalité et de dominer cette réalité à travers un soft power, l’emplacement du futur Disneyland sur le Pudong est un message fort de la diplomatie d’influence américaine. Hu Jintao ne s’y est pas trompé et celui qui va bientôt laisser sa place à la tête de l’Etat au profit de Xi Jinping, explique ainsi que :</p>
<p style="text-align: justify;"> &nbsp;&raquo;Les forces internationales hostiles redoublent d&#8217;efforts pour nous occidentaliser et nous diviser&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Il rajoute ensuite qu’il faut : &nbsp;&raquo;Répondre à la demande croissante de la population sur le plan spirituel et culturel&nbsp;&raquo;. Et de conclure que &nbsp;&raquo;La puissance culturelle de notre pays et son influence ne correspondent pas encore à sa place internationale.&nbsp;&raquo;<sup><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/#footnote_7_2145" id="identifier_7_2145" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2012/01/05/pekin-denonce-les-forces-hostiles-de-l-occident-qui-menacent-sa-culture_1626180_3216.html">8</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;"> A quand l’ouverture d’un Disneyland à Pékin ?</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Du soft power jusque dans la culture d’entreprise</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans la mesure où la diplomatie d’influence consiste à influencer la réalité de l’autre pour la rendre semblable à la sienne, il n’est pas étonnant que le premier parc Disney qui ouvre en dehors des USA ait été en France, le pays le plus visité au monde.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, il est intéressant de noter qu’outre sa culture du rêve américain, la gestion des ressources humaines (GRH) de Disney est très américaine.  C’est également une dimension du soft power. Ainsi, dans un modèle de gouvernance assez poussé où la GRH est moins « top-down » mais plus aplanie, les possibilités d’évolution sont multiples. Ainsi on peut prendre l’exemple de Katy Harris cette Anglaise, qui fit ses premiers pas en 1993 comme danseuse du spectacle La Belle et la Bête, et qui est maintenant depuis un an aux manettes de Disney Dreams, un grand show<sup><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/#footnote_8_2145" id="identifier_8_2145" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="http://www.lefigaro.fr/societes/2012/03/22/20005-20120322ARTFIG00854-disneyland-paris-souffle-ses-20-bougies.php">9</a></sup>. En outre Disneyland a participé à l’introduction de concepts très américains comme le fait d’être « corporate », soit en français, d’intégrer un éthos de son entreprise pour mieux la défendre. Lors des recrutements des futurs employés des parcs, le mot d&#8217;ordre est « La Magie c&#8217;est Vous! ».<sup><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/#footnote_9_2145" id="identifier_9_2145" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="S&eacute;bastien Roffat, Disney et la France&nbsp;: les vingt ans d&rsquo;Euro Disneyland, p.187.">10</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Le monde est petit</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour ceux qui ont eu la chance d’aller à Disneyland (parce qu’on critique mais c’est quand même bien marrant), vous avez dû faire l’attraction « le monde est petit ». C’est peut-être l’attraction qui résume le mieux cet article. Dans un seul et même endroit, une musique joyeuse enferme le monde dans une confrérie sympathique joyeuse et statique. Les Français font du french Cancan, les irlandais sont des lutins, les anglais sont dans un bus rouge etc. Tout va bien dans le meilleur des mondes, un monde en papier mâché et prémâché par le soft power américain.</p>
<p style="text-align: justify;"><p><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p style="text-align: justify;">Pour conclure et pour terminer sur une anecdote intéressante, le premier Space Mountain construit dans le premier Disney en 1974 a été possible grâce à l’achat…d’une rampe de lancement d’un porte-avion américain. Ce mode de catapultage a été gardé pour les autres Space Mountain. L’image est trop belle pour ne pas être utilisée : alors que le soft power –cette capacité d’influence douce- s’oppose au hard power –le pouvoir par la force, notamment l’armée -, en étant projeté dans space mountain c’est en quelque sorte la synthèse du hard et du soft power américain que vous expérimentez !</p>
<p style="text-align: justify;">Après avoir déconstruit l’influence de Disney, on dit quand même bon anniversaire à Disneyland, et surtout on n’oublie pas qu’<em>il en faut peu pour être heureux </em>:</p>
<p style="text-align: justify;"><p><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">..</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://ladiplomatiedinfluence.wordpress.com/" target="_blank">Renaud Voisin</a> &#8211; Sciences Po Toulouse.</p>
<br><b>Mots clés:</b><br><a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/" title="les veingt temp de disney">les veingt temp de disney</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/" title="etudiante pour domination soft">etudiante pour domination soft</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/" title="princesse disney humaines">princesse disney humaines</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/" title="plan du karaboudjan">plan du karaboudjan</a>, <a href="http://www.iepmag.com/2012/04/03/les-20-ans-de-disneyland/" title="quand disney est il devenue disneyland paris">quand disney est il devenue disneyland paris</a><div id="seo_alrp_related"><h2>Voir aussi :</h2><ul><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2011/12/26/sexe-et-jeux-videos-phenomene-souterrain-ou-bide-culturel/" rel="bookmark">Sexe et jeux-vidéos: phénomène souterrain ou bide culturel ?</a></h3><p>IEP Mag ne prend pas de vacances de Noël et vous propose une analyse du Kâma-Sûtra virtuel (issue du Numéro 69 de Propos), des relations ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2011/12/21/lobservatoire-des-series-4-tokenism/" rel="bookmark">L&#8217;observatoire des séries [4] : Tokenism</a></h3><p>Pour les fêtes de fin d'année, notre spécialiste des séries de Sciences Po Strasbourg vous offre une chronique sur les minorités du petit écran et ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2011/11/15/cinemas-et-revolutions/" rel="bookmark">Cinémas et Révolutions</a></h3><p>Le cinéma peut-il être un signe avant-coureur d’une révolution politique ? On peut dire en tous cas que le cinéma révèle l’état de maturité d’une ...</p></div></li><li><div class="seo_alrp_rl_content"><h3><a href="http://www.iepmag.com/2010/10/23/quand-jetais-petite-jetais-patriote/" rel="bookmark">Quand j&#8217;étais petite, j&#8217;étais patriote.</a></h3><p>Quand j'étais petite, j'étais patriote. J'avais, je crois, dès l'âge de 5 ou 6 ans, une notion très précise de ce qu'était la France : ...</p></div></li></ul></div><br><hr size="1" /><br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2145" class="footnote">http://corporate.disneylandparis.fr/CORP/FR/Neutral/Images/fr-2012-03-14-bilan-20-ans-retombees-economiques-sociales.pdf</li><li id="footnote_1_2145" class="footnote"><em>Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, </em>Dave Smith, 1998</li><li id="footnote_2_2145" class="footnote">Crozat Dominique, « Violence en espaces hyper réels », <em>Annales de géographie</em>, 2009/5 n° 669, p. 478-497.</li><li id="footnote_3_2145" class="footnote">Umberto ECO, <em>La guerre du faux</em>, Paris Grasset/Le Livre de Poche, « biblio essais », 1985</li><li id="footnote_4_2145" class="footnote"><a href="http://blog.slate.fr/des-bulles-carrees/2012/03/27/nous-ne-chavons-pas-ou-chest-alegia/">http://blog.slate.fr/des-bulles-carrees/2012/03/27/nous-ne-chavons-pas-ou-chest-alegia/</a></li><li id="footnote_5_2145" class="footnote"><a href="http://www.lepetitjournal.com/tokyo/en-bref-tokyo/100466-insolite--disneyland-tokyo-va-autoriser-les-mariages-au-chateau-de-cendrillon.html">http://www.lepetitjournal.com/tokyo/en-bref-tokyo/100466-insolite&#8211;disneyland-tokyo-va-autoriser-les-mariages-au-chateau-de-cendrillon.html</a></li><li id="footnote_6_2145" class="footnote">Louis Marin, <em>Utopiques : jeux d’espaces,</em> Les Editions de Minuit, Paris, 1973.</li><li id="footnote_7_2145" class="footnote">http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2012/01/05/pekin-denonce-les-forces-hostiles-de-l-occident-qui-menacent-sa-culture_1626180_3216.html</li><li id="footnote_8_2145" class="footnote">http://www.lefigaro.fr/societes/2012/03/22/20005-20120322ARTFIG00854-disneyland-paris-souffle-ses-20-bougies.php</li><li id="footnote_9_2145" class="footnote">Sébastien Roffat, <em>Disney et la France : les vingt ans d’Euro Disneyland, </em>p.187.</li></ol><br><hr size="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Varda that beulah ou l&#8217;argot gay</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Mar 2012 13:33:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Petite brève linguistique de notre experte en questions d&#8217;identité et d&#8217;orientation sexuelle. Lorsque ses portes ne sont pas fermées pour une journée de protestation contre les lois anti-piratage américaines, Wikipédia est incontestablement le meilleur outil de procrastination qu&#8217;il soit : au contraire de Youtube, nul besoin d&#8217;un fallacieux prétexte pour y poser les pieds, une recherche [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="center"><a href="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/03/harveyMilk_clo1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2133" title="Varda that beulah ou largot gay" src="http://www.iepmag.com/wp-content/uploads/2012/03/harveyMilk_clo1.jpg" alt="harveyMilk clo1 Varda that beulah ou largot gay" width="550" height="400" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Petite brève linguistique de notre experte en questions d&#8217;identité et d&#8217;orientation sexuelle.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque ses portes ne sont pas fermées pour une journée de protestation contre les lois anti-piratage américaines, Wikipédia est incontestablement le meilleur outil de procrastination qu&#8217;il soit : au contraire de Youtube, nul besoin d&#8217;un fallacieux prétexte pour y poser les pieds, une recherche tout à faire sérieuse sur le mortel sujet qui devrait occuper votre journée, et le monde des hyperliens s&#8217;ouvre à vous. Que de passionnantes découvertes sur les <strong>150</strong> différentes races de perruches que le monde abrite, ou sur les secrets de la feuille de rose. Il y a quelques temps, ces balades m&#8217;ont menée aux pages les plus mystérieuses, et les plus effrayantes du portail LGBT. Oui, je te parle des pages qui traitent de l&#8217;argot gay (gay slang pour les intimes).</p>
<p style="text-align: justify;">On savait déjà que le monde gay (entendez par là &nbsp;&raquo;non-hétérosexuel&nbsp;&raquo;) avait ses petits mots pour parler de ses citoyens : les butch (lesbiennes masculines), les lipsticks (lesbienne féminine), les chapstisks (lesbienne moins féminine mais quand même un peu), les bears (gay très viril), les queens (je vous laisse deviner), etc. On savait que le sens de certains d&#8217;entre eux nous échappe (&#8216;Frisco dyke, si tu nous entends !). On savait qu&#8217;il existe même des expressions qu&#8217;un hétéro ne doit pas employer souvent pour parler à sa grand-mère (spécial dédicace au coming-out). Par contre, on ne soupçonnait pas la richesse de ce vocabulaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans surprise, une bonne partie des mots de l&#8217;argot gay sont des adjectifs ou des noms utilisés pour désigner les gays eux-mêmes, la plupart du temps en fonction de leurs préférences sexuelles ou de leur apparence (les deux sont supposées être liées&#8230; que celui qui pense me faire croire qu&#8217;il n&#8217;a jamais cherché à évaluer les probabilités que Pablo soit gay en fonction de ses vêtements et de ses manières se jette la première pierre). Mes préférées : le <strong>pocket gay</strong> (gay de petite taille), le <strong>panda </strong>(bear asiatique), la <strong>rice queen</strong> (gay non asiatique à fond sur les asiatiques) et son petit ami la <strong>potato queen</strong> (et vice versa), le <strong>clone </strong>(on parle du stéréotype gay à moustache, manteau de cuir et jean serré des années 80), et le <strong>leatherman</strong> (de leather, cuir en anglais). De même, on croise beaucoup de termes qui désignent des pratiques sexuelles réputées particulières au monde gay. Les gays ne sont pas les seuls à les pratiquer, loin de là. Mais les tabous sexuels ont toujours été moins <strong><em>forts</em></strong> dans le monde gay (coucou ! J&#8217;ai relativisé la notion de perversion sexuelle depuis que ma vie amoureuse est supposée en être une!). Les gays en parlent, et pour en parler, ils ont besoin de mots : on aime le <strong>cottaging</strong> (avoir des rapports sexuels dans les toilettes publics),  le <strong>felching</strong> (exécuter un anulingus – apparemment OpenOffice non), et le <strong>dock</strong> (je vous laisse découvrir, une sombre histoire de prépuce et de plaisir sexuel). On kiffe moins la <strong>do-me-</strong>queen (qui profite de vos dons sexuels sans se soucier de votre plaisir) et le <strong>barebacking</strong> (sexe non protégé). L&#8217;argot gay a aussi inventé tout un tas de petits mots pour faire référence aux organes génitaux : <strong>dicklet</strong> désigne le pénis d&#8217;un transsexuel (de femme à homme – et une transsexuelle &nbsp;&raquo;est devenue&nbsp;&raquo; une femme), mais je vous laisse découvrir vous-même le sens du mot mangina.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr, on trouve tout un tas d&#8217;expressions et de termes relatifs aux &nbsp;&raquo;petits inconvénients&nbsp;&raquo; que la perception de l&#8217;homosexualité dans la société peut avoir (par perception, j&#8217;emploie un doux euphémisme). Le fameux <strong>closet/placard</strong> et son <strong>coming-out</strong>. Mais aussi les <strong>glass-closets</strong> (pour les gays tellement doués que tout le monde les a captés), ou la possibilité de <strong>drop a hair pin</strong>, i.e la célèbre boulette qui te out plus vite que ton ombre. Personnellement, je trouve que l&#8217;existence même du mot <strong>beard</strong> est parlante : votre beard, c&#8217;est votre alibi officiel. La lesbienne que vous présentez à votre famille/vos collègues comme votre petite amie, et qui vous présente aux siens comme son fiancé.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la catégorie &nbsp;&raquo;refoulés&nbsp;&raquo;, on peut citer le <strong>gay-until-graduation</strong> (si vous êtes fou, vous pouvez même dire GUG), la <strong>hasbian</strong> (&nbsp;&raquo;en 1966, j&#8217;ai été lesbienne&nbsp;&raquo;), et son pote le <strong>yestergay. </strong>Ces petits coquins de gay sont friands de jeux de mots. Ainsi, la <strong>lezploitation </strong>désigne l&#8217;utilisation par les publicitaires de l&#8217;image des lesbiennes pour attirer les hommes hétérosexuels…</p>
<p style="text-align: justify;">Les mots sous lesquels je viens de vous noyer ne sont que des exemples parmi d&#8217;autres&#8230; Je n&#8217;ai pas parlé d&#8217;argot par hasard : au Royaume-Uni, dans les années 50 et 60, le polari (dont le titre de cet article est un bel exemple) était couramment parlé dans la communauté homosexuelle. La communauté homosexuelle d&#8217;Afrique du sud en avait d&#8217;ailleurs tiré (en le mêlant à d&#8217;autres argots) son propre argot, le <strong>gail language</strong>. A vrai dire, j&#8217;avais dans l&#8217;idée de commencer un énième virulent article sur la pertinence de tous ces termes destinés à différencier les individus en fonction de leurs pratiques sexuelles : même si la plupart de ces mots sont en partie des privates jokes qui se reproduisent dans le temps, s&#8217;ils existent, c&#8217;est bien qu&#8217;ils répondent à un besoin. Celui de créer des dizaines de petites cases pour être certain que personne n&#8217;y échappe ? Peut-être. Cependant, on peut aussi remarquer que ce genre de vocabulaire, et tous les autres types de codes, se développent particulièrement là où l&#8217;identité sexuelle est porteuse d&#8217;un enjeu : lorsqu&#8217;elle est politisée comme aux Etats-Unis ; ou lorsque cacher son homosexualité est une nécessité (quelle autre solution alors que celle de créer des codes ?). Ainsi, l&#8217;homosexualité n&#8217;a été au Royaume-Uni dépénalisée qu&#8217;en 1967 (Sexual Offenses Act&#8230; le titre est relativement parlant). La plupart des mots propres à la communauté gay utilisés en France ne sont que des transpositions de l&#8217;anglais : depuis la promulgation du Code Civil, si elle était considérée comme une maladie mentale jusqu&#8217;en 1981, l&#8217;homosexualité ne constituait pas un délit en elle-même. L&#8217;homosexualité est en France moins que dans d&#8217;autres pays porteuse d&#8217;enjeux politiques: le mariage homosexuel et l&#8217;homoparentalité suscitent des débats, mais ceux-ci  sont loin d&#8217;occuper une place primordiale dans le débat politique. Aussi, s&#8217;ils répondent à un besoin, c&#8217;est peut-être avant tout celui d&#8217;affirmer l&#8217;existence d&#8217;une certaine identité. On peut ne pas approuver les façons dont elle  s&#8217;exprime, ou les formes qu&#8217;elle prend. Mais on peut difficilement condamner le besoin.</p>
<p style="text-align: justify;">Johanna Anders &#8211; Sciences Po Strasbourg &#8211; <a title="Blog Johanna" href="http://zinzolin.webnode.fr/" target="_blank">Zinzolines</a>.</p>
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