Black Swan

Le nouveau film de Darren Aronofsky, réalisateur de « Requiem for a dream » et « The Wrestler », est d’ores et déjà un des favoris de la prochaine cérémonie des Oscars.
Nina Sayers (Natalie Portman) est danseuse au sein du New York City Ballet. Après quatre ans passés au sein de la troupe, Nina décroche le rôle-titre du « Lac des Cygnes » monté par le chorégraphe Thomas Leroy (Vincent Cassel). Dans cette relecture du ballet de Tchaïkovski, la jeune femme va devoir jouer le Cygne blanc dans toute son innocence et sa grâce et le Cygne noir, symbole de la ruse et de la sensualité. L’arrivée de Lily (Mila Kunis), belle et redoutable concurrente, va rapidement semer le trouble chez la jeune ballerine …

Cygne Noir vs Cygne Blanc. Ce paradigme au centre de l’intrigue est le reflet d’autres dualités qui jalonnent le film. On pense ainsi à la mère aimante mais terriblement oppressante de Nina jouée par Barbara Hershey, un personnage dévoué corps et âme au bonheur de sa fille et en même temps rongé par le souvenir d’une carrière trop vite abandonnée. On pense également à la relation faite d’admiration et de haine qu’entretiennent Nina et sa collègue de ballet Lily (surprenante Mila Kunis). Plus surprenant encore, le contraste entre l’univers du ballet et l’ivresse dans laquelle est emportée Nina le spectacle approchant : un monde où chaque pas, chaque pointe, chaque geste répond d’un travail d’orfèvre, d’une précision implacable tandis qu’en coulisse, Nina est emportée par une folie qu’elle peine à maitriser, une ivresse radicale qui va crescendo jusqu’à un final en apothéose.


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Ce film est d’ores et déjà incontournable et ce à de multiples points de vue. D’abord et avant tout pour la prestation exceptionnelle de Natalie Portman. La galerie de personnages qu’elle compose ici force l’admiration et lui assure quasiment l’Oscar de la meilleure actrice. A ses côtés : un casting impeccable : Mila Kunis, Vincent Cassel, Barbara Hershey et Winona Ryder dans un petit rôle toutefois très marquant qui n’est pas sans évoquer la propre carrière de l’actrice, ex-icône des 1990’s. Par ailleurs, le film n’hésite pas à malmener le spectateur, tant en incorporant une métamorphose réelle de la jeune Nina en cygne noir tout au long du film qu’en y incluant des scènes plutôt dérangeantes voire trash. Une violence qui n’est pourtant pas gratuite et qui vient ponctuer une montée en puissance finale époustouflante. Côté technique enfin, « Black Swan » est d’une grande beauté et d’une grande maitrise, le soin tout particulier accordé à la lumière dans cet univers nocturne confère au film une photographie tout à fait sublime. Les scènes dansées (by Natalie Portman herself !) sont remarquablement filmées et Darren Aronofsky ne craint pas d’utiliser la caméra à l’épaule pour saisir au plus près de Nina les traits de sa métamorphose.
Probablement un des premiers succès de cette année 2011, « Black Swan » est un film enivrant, troublant et sensuel, comme touché par la grâce.

Félix Chrétien, 2A Sciences Po Rennes




1 commentaire

  1. EGP dit :

    Je suis globalement d’accord avec la critique du film.
    Pour autant, quelque chose m’a gêné dans Black swan, comme un bémol m’empêchant de l’adorer totalement. Si le film est très prenant, il frôle à mon sens le mauvais goût à plusieurs moments.
    D’une part, faire un film sur la danse classique, le ballet avec le Lac des cygnes n’est pas franchement original, même assez banal. Là où le film aurait pu proposer quelque chose d’original et de nouveau sur ce ballet, c’est encore une déception, la vision proposée par le cinéaste est archi-classique, pour ne pas dire kitsch, grands tutus et maquillages à paillettes, digne de l’URSS des années 1980.
    D’autres moments m’ont aussi déçu dans le film, la scène de masturbation de Nina (que vient-elle faire là?), le fait que sa rivale, symbolisant le cygne noir se retrouve affublée d’un tatouages d’ailes dans le dos etc… Bon je chipote peut être mais ce sont ces différentes petites fautes qui a mon sens ont quelque peu gâché la performance admirable de Natalie Portman.


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